L'ancien président du Festival de Cannes, Pierre Viot, est mort à 95 ans

Pierre Viot, président du Festival de Cannes de 1984 à 2000, est décédé jeudi 6 août à 95 ans. Cet énarque avait également pris la tête du Centre national de la cinématographie pendant plus de dix ans.
Pierre Viot a présidé le Festival de Cannes pendant plus de 15 ans.
Pierre Viot a présidé le Festival de Cannes pendant plus de 15 ans. © GERARD JULIEN / AFP
Pierre Viot est mort à l'âge de 95 ans jeudi 6 août. Cet homme, figure du monde culturel, avait présidé le Festival de Cannes pendant plus de 15 ans, de 1985 à 2000.

Elu en 1985 à la présidence du Festival pour remplacer Robert Favre Le Bret, Pierre Viot insistait pour dire que Cannes, c'est d'abord "les films et les artistes". "J'ai vécu une grande passion, et cette passion ne me quitte pas", disait-il à l'AFP en 2000, lors de son dernier Festival de Cannes en tant que président.

En 2000, il passe le flambeau de la présidence à Gilles Jacob, qui était délégué général tout au long de son mandat. "De 1984 à 2000, j'ai travaillé avec Pierre Viot tous les jours. Il était notre président et mon cher complice. Protecteur d'une équipe soudée, il a apporté au Festival noblesse, élégance morale et sens de l'Etat", a réagi jeudi Gilles Jacob, président du festival de 2001 à 2014, auprès de l'AFP. "Sa hauteur de vue, sa lucidité souriante, sa classe ont laissé une trace indélébile", a-t-il ajouté.

L'actuel président du Festival, Pierre Lescure, a indiqué que Pierre Viot était le "garant juridique, économique, moral du Festival et en même temps la liberté d'esprit à Gilles Jacob pour faire passer le festival presque déjà dans le XXIe siècle". Il salue un homme d'une "modernité insensée".
 
"C'est avec affection que je rends hommage à Pierre Viot, l'un de ceux qui avec un engagement public jamais démenti ont fait l'Histoire du festival de Cannes", a salué le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux.

Le maire de Cannes, David Lisnard, a également réagi au décès de Pierre Viot :

Je salue l’action déterminée d’un homme qui avec Gilles Jacob a permis au Festival de Cannes d’acquérir ses lettres de noblesse, et d’en faire le premier festival de cinéma au monde.  Il a su mettre toute son énergie au service des jeunes talents et des films de tous pays. Ainsi, durant son mandat, les Philippines, la Chine, Cuba ou encore l’Inde firent leur entrée dans les sélections, permettant à certains cinéastes, jusqu’alors inconnus, d’être révélés au monde entier. De jeunes réalisateurs, tels que Stephen Frears, André Téchiné, Lars Von Trier, Spike Lee ou encore Jim Jarmusch, connurent leur premier fait de gloire dans les années 80. Homme de droiture, il composa, dès 1984, avec Gilles Jacob, un tandem créatif et rigoureux au sein du Festival de Cannes, jusqu’à ce que ce dernier lui succède, en 2001. Ainsi put être perpétuée la renommée de cet évènement mondial, ouvrant toujours plus ses horizons.

David Lisnard



Mais "Pierre Viot, ça dépasse le festival de Cannes. C'est 75 ans au service de la culture", a ajouté Pierre Lescure, soulignant son travail "phénoménal" au CNC où "il a présidé à la nouvelle dynamique du financement du cinéma". L'ancien conseiller à la Cour des comptes avait dirigé pendant plus de dix ans le Centre national de la cinématographie (CNC) de 1973 à 1984. Dans les années 1980, Pierre Viot, avait également présidé le conseil d'administration de l'établissement public chargé de construire l'Opéra Bastille.

 
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