Le Pavillon Sud a accueilli, mercredi, une conférence de presse présentant les futurs projets environnementaux appuyés par le Festival de Cannes pour compenser son empreinte carbone. L'occasion de répondre à la polémique liée au financement d'un projet en Afrique qui a défrayé la chronique.

Une mise au point. La conférence de presse, organisée mercredi 24 mai, afin de communiquer les nouveaux projets environnementaux soutenus par le Festival de Cannes, a permis à son Secrétaire Général de répondre à une polémique.

Celle qui a suivi la publication d'une enquête publiée en ligne par Disclose le 17 mai qui accusait le Festival de Cannes de "greenwashing".

La collaboration avec South Pole plus d'actualité

François Desrousseaux, le secrétaire général du Festival de Cannes, a confirmé l'arrêt de la collaboration avec South PoleL'entreprise helvète en charge du projet décrié, lié au lac Kariba, financé à environ 380 000 euros hors taxe par l'événement cannois.

"Nous en sommes désolés. Pour ceux qui ne sont pas au courant, c'est un projet qui a été soutenu l'an dernier, au Zimbabwe me semble-t-il, développé par South Pole qui est un énorme acteur de la compensation. Aujourd'hui, nous ne sommes pas très heureux d'avoir appris ce que l'on a appris à l'automne dernier" a-t-il déclaré.

François Desrousseaux plaide la bonne foi de son institution et assure qu'elle qui n'était pas de ces agissements quand elle a signé le contrat avec South Pole en juillet 2022 : "Ce que je peux juste vous dire c'est qu'au moment de ce projet, qui est choisi par les membres du comité, il avait reçu le label de l'ONU. Il était approuvé par un certificateur ultra connu dans le secteur, bref, il cochait toutes les cases, toutes les bonnes cases qui justifiaient qu'il soit soutenu dans ce contexte là."

"Vous dire que l'on est ravis, non, évidemment. On a posé des questions à South Pole qui nous a répondu. Ces réponses nous semblent entendables mais on n'a pas les outils pour vérifier. C'est très compliqué. On ne va pas faire auditer des projets et aller au Zimbabwe pour aller vérifier si vraiment les tonnes de carbones sont évitées, mais on suit cela de près."

François Desrousseaux, secrétaire général du Festival de Cannes

lors d'une conférence de presse

"Ce n'est qu'après ce soutien que sont sortis dans la presse ces différents articles qui mettent en cause la méthode, beaucoup de choses", enchérit-il.

Les projets REDD+ en pause pour le moment

Au-delà de cette simple interaction avec South Pole, ce sont les projets classifiés REDD+ qui sont pour le moment passés à la trappe par l'encadrement des projets environnementaux du Festival de Cannes. 

"Nous avons décidé de sortir des projets South Pole pour cette année, en attendant d'y voir plus clair. Et même des projets REDD+ qui, d'après les experts, sont plus difficiles à évaluer. On a décidé aussi cette année, tant que les choses ne sont pas clarifiées, de ne plus en soutenir."

François Desrousseaux, secrétaire général du Festival de Cannes

lors d'une conférence de presse

Cette appellation de projets fait écho à des contraintes chartées visant la réduction des émissions de gaz à effet de serre liées à la déforestation, mais aussi à la dégradation des forêts.

François Desrousseaux, au nom du Festival de Cannes, affirme enfin qu'il n'envisage pas pour le moment une suite judiciaire à cette affaire liée à South Pole.

Plusieurs projets lauréats récompensés

Cette conférence de presse était avant tout l'occasion pour le Festival de Cannes de donner les projets lauréats de cette année, retenus par un comité de quatre experts. 

  • Jean-François Camilleri (fondateur et président d’Écho Studio)
  • Anna Creti (professeure d’économie à l’Université Paris Dauphine et directrice scientifique de la Chaire Économie du Climat)
  • Jean-Pierre Gattuso (océanographe et directeur de recherche au CNRS)
  • Anne Girault (présidente de l’association Bilan carbone, experte en énergie et climat)

Cette présentation devant une quarantaine de personnes, journalistes, professionnels du cinéma ou membres d'associations, a permis de connaître ceux qui bénéficieront de l'enveloppe de 800 000 euros dévolus cette année. 

Le chiffre d'environ 40 000 tonnes de CO2 a été avancé pour les émissions de ce Festival de Cannes 2023. Un chiffre que l'on doit en immense partie à la pollution générée par les transports des festivaliers qui viennent du monde entier.

Si le découpage financier n'a pas été communiqué, on sait déjà à qui cette manne financière va être fléchée. 

Deux programmes en Afrique

En Méditerranée, il va être question notamment de documenter très précisément les impacts sur les forêts de gorgones, une espèce endémique sous-marine de Mare Nostrum.

Au programme également, la sauvegarde des animaux sauvages dans le Vercors à travers la création spécifique d’un programme de reproduction des animaux sauvages majoritairement des oiseaux.

La région occitane va être aussi aidée,  avec le développement d'une filière agricole responsable portée sur la plantation d'amandiers, de pommiers, ou de cerisiers, permettant notamment la captation de CO2.

Deux projets africains sont aussi soutenus cette année. Au Mali, des foyers de combustion utilisés pour cuisiner vont être replacés pour éviter l'usage du bois comme combustible. Au Mozambique, ce sont des méthodes d'assainissement de l'eau qui sont aussi visée. L'eau y est chauffée dans ce but, et le financement de pompes sera désormais soutenu par le Festival de Cannes. Une dimension internationale justifiée par l'enjeu global qu'est le réchauffement climatique.  

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