Levothyrox : l'agence du médicament mise en examen pour tromperie, satisfaction de la présidente azuréenne d'Alerte Thyroïde

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Le Levothyrox, c'est ce médicament prescrit pour des problèmes de thyroïde. Le changement de la formule a généré de tels effets secondaires pour les patients qu'une association a été créée à Mougins, par Anne-Catherine Colin-Chauley. Pour elle, cette mise en examen s'inscrit dans la suite logique de l'instruction du dossier.

"J'avais demandé la mise en examen de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM)  dès mes dépôts de plainte" commente Anne-Catherine Colin-Chauley. La présidente fondatrice mouginoise de l'association Alerte Thyroïde ne désarme donc pas et ne cache pas sa satisfaction de voir l'instruction avancer. 

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, c'est celle qui permet, au nom de l’État, l’accès aux produits de santé en France et qui assure leur sécurité tout au long de leur cycle de vie. Or dans cette affaire du Levothyrox, en juin 2019, elle avait mené une étude sur plus de deux millions de patients et conclu que le passage à la nouvelle formule n'avait pas engendré de "problèmes de santé graves".

 

Au cœur du dossier, la nouvelle composition en 2017 d'un médicament, le Levothyrox. Il s'agit d'un traitement substitutif qui remplace la thyroxine naturelle lorsque celle-ci n'est plus sécrétée en quantité suffisante par la thyroïde.

Le principe actif est le même, la lévothyroxine, mais avec de nouveaux excipients et très vite, plus de 30.000 patients font état d'effets secondaires tels que des crampes, des maux de tête, des vertiges, ou encore la perte de cheveux. En mars 2018, une enquête pénale est alors ouverte à Marseille. Le médicament est utilisé quotidiennement par 2,5 millions de patients en France, selon le laboratoire Merck.

L'ANSM ne nie pas les difficultés rencontrées avec la nouvelle formule

Dans un communiqué, l'Agence nationale du médicament annonce bien sa mise en examen, tout en précisant  qu'elle apportera toute sa contribution à la manifestation de la vérité tout en contestant  fermement les reproches formulés à son encontre, car aucune infraction pénale n'a été commise, indique t-elle.

Cette agence est aujourd'hui visée par une action collective de 1.100 plaignants, pour "défaut de vigilance" et "défaut d'anticipation".

Le fabricant du médicament lui aussi mis en examen

Cette mise en examen intervient un mois et demi après celle la filiale française du laboratoire pharmaceutique allemand Merck, fabricant de ce médicament, pour "tromperie aggravée"Et pour Anne-Catherine Colin-Chauley, le combat continue.

L'association s'est constituée partie civile auprès de ses 1.500 adhérents. Elle demande à la justice l'annulation du brevet de la nouvelle formule et l'affaire est en cassation. Elle a par ailleurs saisi le Ministre de la santé : de nombreux patients prennent l'ancienne formule du Levothyrox - Euthyrox - qui est destinée à la Russie, mais l'exportation se termine à la fin de l'année.



Elle demande au ministre d'allonger les délais de importation de l'Euthyrox, et souhaite de pérenniser l'ancienne formule sur le territoire français. 

Une demande qui a été validée ce mardi 6 décembre, dans la soirée. La responsable du bureau du médicament de la Direction générale de la santé a confirmé la prolongation de l'importation de l'ancienne formule du Levothyrox pour 2023.

C'est une "Information cruciale pour les patients qui n'ont plus de thyroïde car ces derniers ne voulaient pas changer de traitement suite aux désordres provoqués par la nouvelle formule du Levothyrox. Ils avaient décidé pour la plupart de ne rien prendre d'autre ce qui aurait provoqué leur mort" a fait savoir à la rédaction de France 3 Côte d'Azur, Anne-Catherine Colin-Chauley. Un soulagement pour les patients.

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