Une chaîne humaine symbolique pour le maintien de la ligne de train Nice-Tende

Des manifestants main dans la main sur le parvis de la gare de Nice. / © Denis Pardanaud / France Télévisions
Des manifestants main dans la main sur le parvis de la gare de Nice. / © Denis Pardanaud / France Télévisions

Si les gares sont en ce moment désertes, il y avait du monde samedi aux abords de la ligne Nice-Cunéo, une ligne de train au tracé sinueux et à l'avenir incertain. Beaucoup craignent en effet sa mort lente et programmée et ils se sont mobilisés de manière originale.

Par Olivier Chartier-Delègue et Laurent Verdi

Main dans la main, pour former une chaîne de solidarité. Sur le parvis de la gare de Nice, les défenseurs de la ligne ferroviaire Nice-Tende-Cuneo ont pris la pose.

"Je prends le temps dans le train, je suis détendue, nous discutons. Il y a un lien social dans un train, c'est très important." nous dit Joëlle Féraud-Nericci, usagère Ligne Nice-Cuneo.
 
 

La "ligne de vie"


Ces manifestants l'appellent" la ligne de vie". Elle parcourt la vallée des Paillons et la vallée de la Roya. Les trains se font de plus en plus rares, de plus en plus lents sur la ligne : un aller-retour quotidien entre Tende et Nice, vitesse limitée à 40 km heure.

Un crève-cœur pour ceux qui ont connu l'époque ou plusieurs dessertes quotidiennes reliaient la Côte d'Azur au Piémont. "Avant il y avait les étudiants qui allaient jusqu'à Turin (...) Ils faisaient leurs études soit à Turin soit à Nice" affirme Patricia Alunno, présidente Comité de Défense franco-italien de la Ligne.
 

 

Une chaîne humaine


Symboliquement, la chaîne humaine a posé ses maillons dans les villes-étapes de la ligne des vallées. A Tende, Fontan, Breil, Sospel, l'Escarène, ou Drap.
 
Une chaîne humaine pour le maintien de la ligne Nice-Cuneo. / © DR
Une chaîne humaine pour le maintien de la ligne Nice-Cuneo. / © DR

En octobre 2018, une grande manifestation avait eu lieu contre la suppression de guichets dans six gares de la ligne. Un autre coup à cette ligne a été porté par la chambre régionale des comptes. En juin 2019, un de ses rapports la juge "Coûteuse et peu fréquentée".

Le rapport met avant un fait, il s'agit de la ligne TER la plus chère à exploiter dans la région Provence Alpes Côte d’Azur : la ligne Nice Tende coûte 38,84 euros par train au kilomètre. Elle ajoute qu'avec un taux de remplissage des trains de seulement 15%, les recettes qu’elle génère couvrent moins de 6% des charges.

"Le taux de remplissage des trains est de seulement 15%, les recettes qu’elle génère couvrent moins de 6% des charges" selon la chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d'Azur.


Si 35 millions d'euros de travaux ne sont pas programmés, la SNCF pourrait fermer la liaison rail Breil-sur-Roya-Drap en 2022. De quoi provoquer de nouvelles réactions en chaîne chez les usagers de cette ligne inaugurée en 1928.

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