Coronavirus : activité économique au ralenti chez Amadeus, un des plus gros employeurs de la Côte d'Azur

Salariés en télétravail, projets suspendus... Le groupe espagnol Amadeus s'organise face à l'épidémie de Covid-19. Les syndicats s'inquiètent pour l'emploi des sous-traitants en particulier à Sophia-Antipolis.
Le site d'Amadeus à Sophia-Antipolis, dans les Alpes-Maritimes.
Le site d'Amadeus à Sophia-Antipolis, dans les Alpes-Maritimes. © Google Street View
Amadeus IT Group développe notamment depuis son site de Sophia-Antipolis dans les Alpes-Maritimes, le premier système informatisé mondial de distribution et de réservation de voyages.
Agences de voyages, bureaux de vente des compagnies aériennes peuvent ainsi réaliser des réservations auprès d'hôtels, d'agences de location de voitures et de fournisseurs de services (notamment sociétés de transport maritime, tour-opérateurs, compagnies de croisières).

La crise actuelle et l'arrêt quasi total du trafic aérien et de l'activité du tourisme, touchent donc ce groupe de plein fouet.
 

"Il n'y a pas grand monde..."


Sur le site de Sophia-Antipolis, l'agent de sécurité répond au téléphone. "Il n'y a pas grand monde...". Presque tous les salariés du groupe espagnol de gestion pour la distribution et la vente de services de voyages sont en télétravail. 

Nous avons joint Alba Redondo, de la communication financière d'Amadeus à Madrid. Elle confirme la généralisation du télétravail pour la majorité 4300 salariés d'Amadeus dans les Alpes-Maritimes.

Le site d'Amadeus est au coeur de la Technopole de Sophia-Antipolis :
 


Une menace pour l'emploi ? 


Jérôme Reytinat-Hardouin est représentant syndical CFDT sur le site de Sophia-Antipolis. Il ne s'inquiète pas pour l'emploi des salariés du groupe :


"Environ 1 milliard 500 000 euros ont été débloqués pour sauvegarder l'activité et payer les salaires".


Pour lui, le vrai problème concerne les sous-traitants. De nombreux projets sont abandonnés à cause de l'épidémie de coronavirus et cela concernerait plus d'un millier de personnes pour les sous-traitants des Alpes-Maritimes.
 

Il y a environ "60% d'arrêt d'activité chez les sous-traitants" selon Jerome Reytinat-Hardouin, représentant syndical CFDT Amadeus Sophia-Antipolis.


Selon Jérôme Reytinat-Hardouin, il y a environ "60% d'arrêt d'activité chez les sous-traitants". Le syndicaliste a contacté une vingtaine de personnes dans différents secteurs pour parvenir à cette conclusion. D'après ses informations, ce chiffre peut monter à 80% dans certaines entreprises des services du numérique comme Scalian. Nous avons contacté cette société pour confirmer ces informations, elle n'a pas répondu pour l'instant à notre demande.


Les sous-traitants inquiets


Nous avons joint un salarié qui travaille chez un sous-traitant d'Amadeus dans le secteur du numérique et qui a souhaité rester anonyme. 

Il s'inquiète pour son avenir et celui de ses collègues. Il confirme la réduction significative des équipes de consultants : "Nous avons très peu de visibilité et notre situation a changé très rapidement."

Le groupe Astek est l'un des principaux sous-traitants d'Amadeus. Christophe Luis, délégué syndical FO chez Astek est très inquiet : "Au total sur la région sud-est, c'est près de 50% des salariés qui travaillent pour Amadeus".

Selon lui, Amadeus mettra des mois après la fin du confinement avant de relancer normalement l'activité et Astek risque de perdre plus de 20% de ses salariés dans la zone. 

Une communication sur le Facebook officiel du groupe Astek conseille un livre pour se divertir lors du confinement : Quel monde pour demain ? Par un enfant des années 1990.
 
Il ajoute qu'en un mois et demi, un moins près d'une quinzaine de personnes ont vu leur période d'essai se terminer ou ont été licenciés économiquement dans la région sud-est. Le délégué syndical FO ajoute que ce chiffre représente normalement le total de l'année.

Selon un document que nous avons pu consulter, la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) des Hauts-de-Seine (92) a demandé à l'entreprise de réintégrer les salariés en période d'essai pendant la durée du confinement.
 

Les salariés protégés


Il n'y a pas de chômage partiel pour l'instant pour les salariés d'Amadeus. Tout le monde peut télétravailler, même en "mode dégradé", c'est-à-dire avec des enfants par exemple. Nous avons pu joindre une titulaire qui confirme : "c'est vraiment bien ce qu'ils ont fait. Je peux travailler en gardant mes enfants, même si je suis moins productive".
 
Les contrats des salariés du groupe qui terminaient fin mars ont même été prolongés pour les aider financièrement lors du confinement. 

Un comité social et économique (CSE) extraordinaire doit avoir lieu ce mercredi. Les représentants du personnels espèrent en savoir plus concernant notamment la situation économique et l'emploi chez les sous-traitants et Amadeus.

En un mois, l'action du groupe a perdu près de 30% de sa valeur en bourse. 17 789 personnes sont employées par le groupe aux quatre-coins du monde.
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