Etre une "ville amie des enfants" pour donner les mêmes chances à tous et écouter les nouvelles générations

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Écrit par Loic Blache

Ce label, renouvelé tous les six ans, recense et encourage les communes qui s'engagent à mettre en œuvre des politiques en faveur des jeunes. 11 villes dans les Alpes-Maritimes et 9 dans le Var affichent ce statut de "ville amie des enfants".

Elle se revendique ville pionnière dans le département des Alpes-Maritimes. La commune de Mouans-Sartoux affiche depuis 2004 le label "Ville amie des enfants". Une évidence pour Gilles Perole, enseignant de formation et adjoint au maire en charge de l'enfance, de l'éducation et de l'alimentation.

"L'objectif est de faire connaître les droits des enfants aux enfants mais aussi aux adultes. Ce qui est important, c'est de faire partie d'une dynamique et de travailler en partenariat", explique l'élu.

Au total, 11 villes maralpines et 9 communes varoises font partie de ce réseau mis en place par l'Unicef. À 10 kilomètres au sud de Mouans-Sartoux, Le Cannet arbore cette distinction depuis 2006.

Sur un même territoire, tous les enfants ne vivent pas avec les mêmes avantages. On essaie de donner la même chance à tous pour les loisirs, l'aide aux devoirs, les offres de services...

Arielle Perronnet-Micaelli, cheffe du service de l'éducation à la Mairie du Cannet

Dans cette commune de 41.500 habitants, l'accent est notamment mis sur la solidarité, le gaspillage, l'environnement...

"On veut leur montrer qu'il est possible de faire autre chose que de la tablette en recréant du lien avec les autres et qu'on peut prendre plaisir à jardiner ou à faire de l'art pour que, eux aussi, deviennent acteurs. Ce sont des futurs citoyens", enchaîne Arielle Perronnet-Micaelli.

Mais il est aussi question de handicap. Sur les 3.100 enfants de la ville, une soixantaine est concernée. "On est en train de mettre en place un bus équipé d'outils sensoriels pour eux", détaille la cheffe du service éducation à la mairie du Cannet.

"Il y a des lumières plus ou moins fortes, des sons, un fauteuil qui épouse la forme du corps, de la mousse... L'objectif est que l'enfant soit dans un cadre rassurant. Cela lui permet de se calmer, de se poser, de jouer plus longtemps..."

5 engagements

Pour intégrer ce réseau créé en 2002, l'Unicef demande aux villes de s'engager sur cinq points, en lien avec la Convention internationale des droits de l'Enfant :

  • assurer le bien-être de chaque enfant
  • lutter contre l'exclusion et toute forme de discrimination
  • proposer un parcours éducatif de qualité
  • développer et valoriser la participation et l'engagement de chaque enfant
  • nouer un partenariat avec l'Unicef sur le respect des droits de l'enfant en France et dans le monde.

À Mouans-Sartoux, les enfants représentent près du quart de ses 10.000 habitants. Autant dire que la question du bonheur et du bien-être des nouvelles générations est importante.

Nous travaillons sur la lutte contre la pollution de l'air aux abords des établissements qui accueillent des jeunes, nous œuvrons pour que les filles aient les mêmes accès aux loisirs que les enfants, nous accompagnons les parents et les jeunes face au défi de l'adolescence...

Gilles Perole, adjoint au maire en charge de l'enfance à Mouans-Sartoux

Au total, un peu plus de 200 personnes travaillent à la mairie mouansoise sur les thématiques liées à l'enfance. Des journées ou des ateliers mis en place, plusieurs projets ont vu le jour, par exemple le recensement et le fléchage d'itinéraires cyclables et pédestres. "Les enfants ont une vision très solidaire et écologique de la ville", poursuit Gilles Perole.

Une fois par mois, ils réalisent avec des animateurs des affiches (feutre, peinture...) qui sont ensuite disposées en ville. "En ce moment, il y en a une sur la paix. Il y en a aussi eu une concernant un enfant qui a une maladie orpheline", précise Gilles Perole.

Rester à l'écoute

Leur donner la parole, les sensibiliser à l'environnement, mais aussi les écouter. Ainsi, les collégiens de Mouans-Sartoux ont été à l'origine d'une évolution dans leur alimentation.

Les enfants ont intégré le fait qu'ils avaient le droit d'exprimer leur opinion, par exemple sur la nourriture bio. La principale du collège les a écoutés et son établissement est devenu le premier collège 100% bio du département en novembre 2019. Désormais, Mouans-Sartoux est la seule ville de France 100% bio de la crèche au collège.

Gilles Perole, adjoint au maire en charge de l'enfance à Mouans-Sartoux

Toutes ces actions sont réalisées en collaboration avec l'Unicef, qui épaule et accompagne les communes présentes dans son dispositif. Avec un point d'orgue chaque année : la Journée internationale des droits de l'enfant, célébrée le 20 novembre.