Elections régionales et départementales reportées d'une semaine, le point de vue des maires de Nice, Cannes, Antibes

L'exécutif vient de trancher. Le scrutin des élections régionales et départementales devrait être reporté au 20 et 27 juin prochains. L'avis des maires de Nice, Cannes et d'Antibes.

Juin 2020 : dépouillement des votes en mairie de Vallauris-Golfe Juan (Alpes-Maritimes).
Juin 2020 : dépouillement des votes en mairie de Vallauris-Golfe Juan (Alpes-Maritimes). © Robin Rico FTV

La question divisait, l'exécutif vient de trancher ce mardi 13 avril. Les élections départementales et régionales seront finalement décalées d'une semaine : le 20 juin pour le premier tour et le 27 juin pour le second tour. 

Jean Castex défendra aujourd'hui devant les députés le maintien en juin des élections départementales et régionales, mais avec un décalage d'une semaine pour se donner de meilleures chances d'organiser les deux scrutins dans de bonnes conditions face à l'épidémie du Covid-19.

Le Premier ministre s’exprimera à l’occasion de débats suivis de votes consultatifs à l’Assemblée mardi après-midi et au Sénat mercredi. 

Projets chamboulés

Votera, ou ne votera pas en juin prochain ? Une question à laquelle les maires ont dû répondre... en 3 jours chrono ! Des maires prévenus le vendredi soir... pour une réponse ce lundi 12 avril avant midi. Ce n'est pas tant la question qui a choqué les élus, habitués comme l'ensemble des citoyens, à voir leurs plannings et leurs projets chamboulés en permanence, que le temps de réflexion pour y répondre et la méthode. 

Cette question de date était légitime. Souvenez-vous, l'année dernière, le scrutin des municipales avait été maintenu malgré le confinement. Des élections en pleine épidémie qui avaient donné lieu à des polémiques... et à des foyers de contamination. 

Décaler si nécessaire

Consultés, David Lisnard, maire de Cannes et Jean Leonetti, maire d’Antibes, ont harmonisé leurs décision ce week-end. Ils se disent "favorables au maintien des élections départementales et régionales au mois de juin prochain, avec possibilité de décaler ces dernières de quelques semaines si nécessaire (...) Notre position sera bien évidemment à reconsidérer si la situation sanitaire s’aggravait."

'Méthode cavalière'

Sur la forme, les deux élus azuréens, qui demandent généralement à être consultés avant que l'état ou les ministères ne décident depuis leurs bureaux parisiens, précisent les modalités de cette consultation express. Et en profitent pour tacler l'exécutif :

Nous nous soumettons à la consultation lancée en urgence vendredi soir à 20 h, pour un retour impératif avant lundi midi par le préfet (...) Indépendamment de la méthode cavalière par laquelle nous sommes questionnés, consistant en l’envoi en nombre de SMS depuis une borne d’appel, puis un mail général, qui laisse apprécier la façon dont l’Etat considère les élus locaux, nous entrevoyons une manœuvre politicienne du pouvoir en place pour porter atteinte au bon déroulement de ces scrutins locaux qui ne lui seront pas favorables.

David Lisnard, maire de Cannes (LR) et Jean Leonetti, maire d'Antibes (LR)

'Guide pratique'

Ils demandent l'élaboration d'un 'guide pratique' qui devra préciser : le nombre de personnes par m², le volume d’air nécessaire, le rappel de l’aération obligatoire et des gestes barrières (port du masque, gel hydroalcoolique à l’entrée, gestion des files d’attente) désormais bien connus. Pour éviter toute propagation du virus, le vote pourrait aussi se dérouler en extérieur. 

C'est aussi la position de l'association des Maires de France (AMF) qui critique la méthode et demande à l'état de prendre en charge les contraintes sanitaires des élections, car selon l'association, c'est de sa "responsabilité".  

Les maires de Cannes et d'Antibes s’appuient sur l’analyse du Conseil scientifique. Dès la mi-juin, donc au moment du scrutin, 30 millions de Français devraient être vaccinés. La majorité des personnes les plus à risque devraient l'être dès la mi-mai. L'accélération de la vaccination et le respect des gestes barrières pourraient donc permettre la tenue de ces élections départementales et régionales. 

Prévoyants, David Lisnard et Jean Leonetti envisagent même une autre solution : maintenir les élections départementales en juin, et "repousser les élections régionales de quelques semaines pour le bon déroulement des scrutins." 

Priorité à 'la campagne vaccinale'

Mais le maire (LR) de Nice, Christian Estrosi, ne l'entend pas ainsi. D'abord, il est d'accord avec la méthode, qu'elle soit rapide ou pas. Il affirme : "J'approuve cette méthode qui consiste à faire confiance aux maires. Cette initiative est d'une totale légitimité". Interviewé par nos confrères du Journal du Dimanche, l'élu préfère donner la priorité à une autre campagne : "la seule campagne qui doit prévaloir, c'est la campagne vaccinale, pas la campagne électorale".

Contrairement aux maires de Cannes et d'Antibes, il s'oppose donc à la tenue des élections départementales et régionales en juin prochain. 

80% des maires des Alpes-Maritimes favorables au maintien

Une consultation finalement plébiscitée par les maires de France. Aujourd'hui, 69 % d'entre eux ont répondu à cette consultation quasi instantanée du gouvernement : 56 % se disent favorables au maintien du scrutin , 40% s'y opposent et 4% d'entre eux n'ont pas répondu.   

"Accélération de la vaccination"

Dans un communiqué, le président du conseil départemental Charles Ange Ginésy donne le bilan de cette consultation pour les maires des Alpes-Maritimes : 98% des maires se sont exprimés, malgré des délais courts, et 80% d'entre eux se sont prononcés pour le maintien des élections en juin. Selon l'élu, "il est possible de concilier la gestion sanitaire et la tenue des élections. L'accélération de la vaccination aidant, nous devons être en mesure de voter en toute sécurité en juin prochain. Nous devons, en tout cas, tout faire pour qu'il en soit ainsi."

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