Manifestation contre les tirs de loups à Grasse

Manifestation à Grasse pour la défense du loup et contre l'augmentation du nombre de tirs de prélèvement. / © FTV
Manifestation à Grasse pour la défense du loup et contre l'augmentation du nombre de tirs de prélèvement. / © FTV

 Un collectif citoyen pour la défense des loups appelait à manifester ce samedi à Grasse pour protester une nouvelle fois contre le plan loup qu'il estime dangereux pour l'espèce, et inefficace.

 

Par C.C. avec Ariane Masseglia

"Assez, assez de nous tuer", c'est le cri de colère scandé dans les ruelles de Grasse par les manifestants. Ils dénoncent une gestion "hypocrite et irréfléchie" de l'Etat. Selon le collectif "Voix des Loups", le plan loup "met en danger l'espèce" et ne résout rien. 

Myriam Colitti, responsable du collectif citoyen a fait 600 km pour manifester aujourd'hui :

Ici, c'est l'endroit où il y a eu le plus de loups tués cette année. Sur 95, il y en a eu 30 dans les Alpes-Maritimes. C'est beaucoup ! Nous on dénonce une politique d'abattage. On ne veut plus de tirs. On veut une politique de protection. 


A la sortie de l'hiver 2018, la population de loups présente en France était estimée à 527. Un chiffre considéré comme suffisant par certains pour permettre la survie de l'espèce. Du coup, l'Etat Français a autorisé d'en abattre 100 sur l'année 2019. Des tirs aléatoires qui, toujours selon les manifestants, n'ont pourtant pas permis de faire baisser les attaques sur les ovins.

Le collectif réclame :
  • l'abolition de la chasse loup, qu'il estime "dangereuse pour l'espèce, et inefficace"
  • l'application des méthodes d'effarouchements "pour éduquer le loup au danger auquel il fait face en s'approchant des troupeaux"
  • la création de postes d'aides bergers, de services civiques pour les jeunes, "qui mettrait en avant la sauvegarde du loup
  • une éducation éthique pour les enfants fondée sur le respect de l'animal
  • le respect du traité de Berne
  • un plan loup plus axé sur la protection des espèces et la cohabitation avec l'homme

Des manifestants citent en exemple la gestion italienne, avec notamment des filets à 1,20 m de hauteur, des bergers qui se partagent des petits troupeaux et des meutes de chiens. 

"En France, certains éleveurs sont complètement démunis"


Les associations insistent pour que les éleveurs soient plus accompagnés par l'Etat, pour utiliser, au mieux, les nombreux moyens de protection existants : chiens, parcs électrifiés, dispositifs d'effarouchement lumineux, sonores ou olfactifs, d'autant que des fonds européens ont été dégagés pour cela. 

Un loup mort, n'enseigne rien à la meute. Un loup effarouché, si !

Pour Dany Mater de l'association "Green", les éleveurs qui se protègent ont vraiment très peu d'attaques.

Les grosses attaques se produisent sur des troupeaux qui sont peu ou mal protégés. Je demande que les brigades tueuses de loup soient affectées à un travail logistique et d'aide auprès des éleveurs victimes de prédation. Il n'y a aucun conflit sur le long terme entre les éleveurs et les loups. 
 

100 tirs de prélèvement en 2019

Selon le collectif, à la date du 7 octobre 2019, 95 Loups sont décomptés du plafond fixé à 100 pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2019. 92 Loups tués "légalement" et 3 Loups braconnés. À ce chiffre s'ajoutent 18 Loups retrouvés morts de cause "accidentelle, naturelle ou indéterminée".



 

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