Découvrez les barmes de Menton, ces souterrains qui ont permis la splendeur des jardins de la ville

Découvrez les entrailles de la ville de Menton. Est-ce que vous connaissez les barmes par exemple ? Ces souterrains permettaient le stockage de l'eau du Mercantour pour alimenter les jardins... Plongez dans leur histoire.
L'une des dernières barmes en fonctionnement est utilisée dans le Jardin Serre de la Madone, à Menton.
L'une des dernières barmes en fonctionnement est utilisée dans le Jardin Serre de la Madone, à Menton. © L. B./France3 Côte d'Azur
À la surface, Menton brille de mille jardins : les plantes semblent s’épanouir sur cette commune du littoral.

L’explication se trouve en partie dans le sous-sol de la commune. Pour récolter et stocker l’eau de ruissellement venue du Mercantour voisin, les Anciens ont creusé des barmes, des tunnels de plusieurs mètres de longueur à travers le grès.

On est sur un massif calcaire autour de Menton. L’eau, par infiltration, va descendre, s’infiltre dans le gré, on perce le gré, qui est une roche friable, et on récupère ainsi l’eau souterraine.

David Rousseau, Animateur architecture et patrimoine - Ville de Menton

Dans son jardin de 4 hectares où se côtoient à perte de vue arbres et plantes, Pierre Oliviero a compté la présence de six barmes.
 
Le Mentonnais Pierre Oliviero devant l'une de ses barmes
Le Mentonnais Pierre Oliviero devant l'une de ses barmes © Loïc Blache FTV

Et il y en a une qui est assez exceptionnelle : une galerie d’une centaine de mètres de longueur et d’environ 1,70 mètre de hauteur. C'est son frère Olivier, qui l'a découverte un peu par hasard dans les années 1980.
 

Puits artésien

L’ouvrage, abandonné, était enterré. "Pendant plusieurs mois, j’ai sorti toute la terre avec ma brouette", expliquait-il, il y a quelques années, à nos confrères de Des racines et des ailes.
 
Le frère de Pierre Oliviero a trouvé par hasard ce surprenant souterrain, qui traverse le grès de Menton sur une centaine de mètres. Sans doute la plus belle des barmes encore existantes.
Le frère de Pierre Oliviero a trouvé par hasard ce surprenant souterrain, qui traverse le grès de Menton sur une centaine de mètres. Sans doute la plus belle des barmes encore existantes. © Loïc Blache FTV

Dans cette galerie souterraine à taille humaine, la lumière extérieure ne pénètre pas. Sur les côtés, des gouttes d’eau ruissellent le long des parois.

À un moment, la galerie se sépare en deux : un chemin va en direction de l’Annonciade, l’autre s’arrête à un puits artésien.

L’eau montait, elle passait ici, ce qui permettait d’avoir de l’eau pour arroser et pour boire.

Pierre Oliviero

Au bout de ce souterrain : un puits artésien, d'où sort une source d'eau.
Au bout de ce souterrain : un puits artésien, d'où sort une source d'eau. © Loïc Blache FTV
 

C’est à la fois un patrimoine et c’est également, dans le cadre du réchauffement climatique et de l’appauvrissement en eau, un moyen d’arroser et de récupérer de l’eau gratuitement.

David Rousseau, Animateur architecture et patrimoine - Ville de Menton

À Menton, il aurait existé une centaine de barmes. Si elles sont aujourd’hui principalement à l’abandon et inutilisées, il y en a une qui fonctionne toujours, au Jardin Serre de la Madone. 

Système d'irrigation ingénieux

8 mètres de long pour 2 mètres de haut, elle a été construite dans les années 1930 par le Major Lawrence Johnston, un gentleman anglais. Elle fait partie d’un ingénieux système d’irrigation pour créer ce jardin de 4 hectares

C’est un ensemble de citernes et de bassins qui sont reliés entre eux : l’eau partait du haut, était répartie dans les différentes barmes et citernes, jusqu’à arriver en bas pour être renvoyée par une grosse pompe jusqu’au gros bassin au-dessus, et ainsi de suite.

Christophe Le Baron, Responsable du Jardin Serre de la Madone

Mais ce qu’elle produit ne représente qu’une goutte d’eau parmi l’ensemble de l’eau consommée pour arroser le jardin.

> Pour redécouvrir les jardins de la cité du citron, revoyez ce reportage de 2016 :
Une barme, c'est à dire une citerne enterrée de 150 m3, permet aussi d'alimenter les nombreux canaux d'arrosage de la partie centrale de la propriété de la Citronneraie à l'entrée de Menton.

 
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