Des moustiques tigres déjà présents en février sur la Côte d'Azur, un risque pour la santé publique

En PACA, le nombre de cas de dengue a enregistré un record en 2022, principalement dans les Alpes-Maritimes et le Var. Avec le réchauffement climatique et l'augmentation de la durée de présence des moustiques tigres, le risque sanitaire est bien présent.

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Vous rêviez d'échapper aux moustiques grâce à l'hiver ? Ce ne sera malheureusement pas le cas. "J'en ai vu à Menton, chez moi, j'étais un peu étonné d'en voir à cette période de l'année", s'étonne Éric, un habitant de l'est des Alpes-Maritimes.

Mais cela ne surprend pas les spécialistes de cet insecte. En effet, avec le réchauffement climatique, les conditions sont favorables pour que sa période d'activité s'allonge.

Une des particularités du moustique tigre, c'est que ses œufs résistent à la sécheresse, ils peuvent être mis en dormance pour le printemps d'après.

Sergio Giglio, entomologiste urbain

"D'année en année, il arrive à s'adapter. Les températures qu'on a en ce moment y sont pour beaucoup", explique Sergio Giglio, un entomologiste urbain basé à Cannes (Alpes-Maritimes).

"La nuisance et la densité semblent augmenter"

Encore récemment, le spécialiste a dû intervenir en Côte d'Azur pour la présence de larves de ce moustique dans un vide sanitaire. 

Pour suivre l'évolution de la vie de ce nuisible, l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) a repris une plateforme en 2018 où les Français peuvent déclarer la présence du moustique tigre proche de leurs habitations.

"Ce que nous disent les opérateurs de terrain et les particuliers, c'est bien que la nuisance et la densité semblent augmenter", lance Johanna Fite, chargée de mission vecteur et lutte antivectoriel à l'ANSES.

Elle confirme aussi que les tendances climatiques actuelles "amènent à penser qu'on va en avoir de plus en plus et plus longtemps dans l'année. D'ici peu de temps, on va en avoir partout".

PACA, région la plus touchée par la dengue

Plus qu'un simple problème de nuisances, cette augmentation tend à créer un problème de santé publique. En 2022, le constat était effrayant : 65 cas de dengue recensés en France, suite au retour d'une personne de voyage ayant ramené avec lui le virus et l'ayant transmis par le biais du moustique tigre. "C'est plus que toutes les années, que tous les cas cumulés depuis 2010", insiste Johanna Fite.

La région PACA est première sur la présence des cas avec 3 foyers de 51 cas, dont 34 en Alpes-Maritimes. Lorsqu'un cas de dengue est signalé, l'ARS (Agence régionale de santé) mobilise des opérateurs de démoustication pour traiter jusqu'à 150 mètres autour de la personne piquée et infectée.

"On risque des épidémies"

Problème : "on a atteint notre limite de traitement avec tous les cas que nous avons eu. Si on a plus de cas à l'avenir et si on n'augmente pas nos capacités de lutte, on risque des épidémies. Il y a un enjeu de santé publique", alerte la spécialiste.

"On a pu assurer avec des renforts de nos collègues de Montpellier, mais c'est vrai que si le nombre de foyers augmente, il faudra mener des réflexions au niveau de l'ARS", confie Yvon Perrin, entomologiste à l'Entente interdépartementale de démoustication du littoral méditerranéen (EID Méditerranée).

Pour l'heure, impossible de savoir si, dès l'automne, la situation épidémiologique sera similaire puisque des facteurs météorologiques et des facteurs liés aux mouvements de population à l'international sont à prendre en compte. Pourtant, "ce qui est sûr, c'est qu'on va vers un réchauffement général et que nous allons vers l'arrivée plus fréquente des foyers de cette ampleur".

De nouvelles méthodes pour les combattre

Bien qu'éliminer ce nuisible semble inenvisageable, les entomologistes de l'EID Méditerranée travaillent sur des méthodes en laboratoire pour réduire les risques de nuisances et épidémiologique.

C'est pourquoi tous les spécialistes parlent d'une même voix : la responsabilité des habitants est majeure. Supprimer des zones d'eau stagnante et couvrir celles qui ne pourraient pas l'être est essentiel.