La difficile identification des corps retrouvés dans les vallées sinistrées des Alpes Maritimes

Après le passage de la tempête Alex dans les vallées de la Roya et de la Vésubie, une des opérations les plus délicates et difficiles est l’identification des victimes. L’opération a été confiée à l’unité de gendarmerie d’identification des victimes de catastrophe (UGIVC).
 

Deux gendarmes de l'unité d'identification des victimes de catastrophe se rendent à Tende (Alpes-Maritimes) le 10 octobre 2020
Deux gendarmes de l'unité d'identification des victimes de catastrophe se rendent à Tende (Alpes-Maritimes) le 10 octobre 2020 © Emma Arnau / France Télévisions
A ce jour, sept corps ont été retrouvés. Cinq d'entre eux ont été identifiées comme des victimes de la tempête. En ce qui concerne les deux autres, la cause reste indéterminée. Les recherches se poursuivent plus d'une semaine après les intempéries. Douze personnes font l'objet d'une disparition « inquiétante ».

Lors d'une conférence de presse ce 14 octobre, le procureur de la République à Nice, a précisé qu'il allait être de plus en plus difficile d'assurer l'origine des corps :

Selon les médecins, quand un corps a passé plus de 4/5 jours dans l'eau, il est très difficile voire impossible,même à l'autopsie, de savoir s'il s'agit d'une personne dont le décès en récent ou non.

Xavier Bonhomme, procureur de la République à Nice,

Afin d'authentifier les corps retrouvés, des gendarmes de l’unité de gendarmerie d’identification des victimes de catastrophe (UGIVC) ont été dépêchés. Ils sont arrivés à Nice dans la nuit de lundi à mardi, trois jours après les pluies diluviennes qui se sont abattues sur les vallées de la Roya et de la Vésubie. Cette équipe est composée de douze praticiens, des médecins légistes, des experts en empreinte digitales et des anthropologues.
 

Leur investigations se basent sur le recueil de renseignements auprès des familles des victimes et ceux résultant de l’examen des corps. De manière chronologique, l'équipe "post mortem » chargée du recueil des corps et fragments humains s’est rendu sur site très rapidement afin de relever les restes humains et les objets personnels. 

Ensuite, l'équipe "ante mortem" a rencontré les familles et les proches afin de recueillir des informations relatives aux personnes disparues : "de forte corpulence, il porte un bouc et une chevalière à la main gauche", "pas d'alliance, pas de bracelet, ni de collier".

Les données médicales et dentaires des victimes sont recueillies auprès de leurs praticiens médicaux et dentaires ; elles sont extrêmement importantes dans le processus d'identification.

Toutes ces données sont recueillies lors d'un entretien avec les familles à qui on demande les éléments administratifs et médicaux à la prise de rendez-vous afin que les gendarmes puissent les recueillir lors de leur rencontre.

Notre travail est maintenant de leur rapporter le corps de leur proche

Cheffe d'escadron Fontava

Reportage diffusé sur France 3 Côte d'Azur, le 10 octobre 2020
Dans un second temps, les prélèvements effectués sur le corps des victimes sont acheminés dans un laboratoire mobile installé à la caserne Ausseur à Nice. Une fois l'ADN déterminé, il sera comparé à celui des membres de la famille (prélèvements) afin de conclure à l'identification ou non.


La commission d'identification présidée par le procureur de la République est en charge de la confirmation des identifications. Ceci permet de rédiger les permis d’inhumer et la remise des corps aux familles. Ce dispositif est une "évolution de ce qui avait été mis en place pour l'attentat à Nice".

A ce jour, l’UGIVC, créée en 1992 après la catastrophe aérienne du Mont Sainte-Odile, est intervenue à plus de 80 reprises en France, outre-mer ou à l’étranger.
 
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