Italie : le pass sanitaire devient obligatoire au travail pour les Italiens et les travailleurs frontaliers

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Écrit par Pauline Thurier avec AFP
De nombreux Italiens contestent le pass sanitaire lors de manifestations, comme ici au port de Gênes ce vendredi 15 octobre.
De nombreux Italiens contestent le pass sanitaire lors de manifestations, comme ici au port de Gênes ce vendredi 15 octobre. © MARCO BERTORELLO / AFP

A partir de ce vendredi 15 octobre, le pass sanitaire devient obligatoire au travail en Italie. Cette mesure, qui concerne également les travailleurs frontaliers, ne plaît pas à tout le monde.

L'Italie passe un nouveau cap dans les mesures contre le Covid-19. A partir de ce vendredi 15 octobre, le pass sanitaire, appelé "Green Pass" dans ce pays, devient obligatoire sur le lieu de travail. Les travailleurs frontaliers ne font pas exception à la règle.

Le pass sanitaire était déjà obligatoire au restaurant, au bar (sauf en terrasse), au musée, dans les cinémas... comme cela se fait en France. Mais l'Italie n'avait pas encore rejoint ses voisins sur la tenue de cette mesure au travail. C'est chose faite!

Toute personne n'ayant pas été vaccinée ou n'ayant pas récemment guéri du Covid-19 doit montrer à son employeur la preuve d'un test négatif qu'elle a elle-même payé, sous peine d'être déclarée absente et privée de salaire. Un employé qui parviendrait à se rendre sur son lieu de travail sans son pass encourt jusqu'à 1.500 euros d'amende.

Pour le moment, plus de 85% des Italiens de plus de 12 ans ont reçu au moins une dose. On compte environ 3 millions de personnes non-vaccinées, qui risquent donc de se voir refuser l'accès à leur lieu de travail. 

Auparavant, les travailleurs frontaliers étaient exemptés de présenter un test négatif pour rentrer sur le territoire italien. C'est toujours le cas, mais dorénavant leur employeur peut leur demander de présenter un pass sanitaire pour venir travailler.

Des manifestations contre le "green pass"

Cette mesure ne plaît pas beaucoup à certains Italiens. Des milliers de personnes se sont rassemblées à Rome samedi 9 octobre pour manifester contre ce pass sanitaire au travail. Le rassemblement a dégénéré en affrontements violents dans le centre historique. D'autres mobilisations sont prévues dans toute l'Italie ces vendredi 15 et samedi 16 octobre.

"Il pourrait y avoir du chaos vendredi", déclare Roberto Gulli, du syndicat Uil (Union italienne du travail), au journal La Repubblica. Les ports, comme à Gênes par exemple, et par conséquent les transports routiers pourraient être fortement perturbés par cette mesure.

Ivano Russo, directeur général de Confetra, la Confédération générale italienne des transports et de la logistique, une association patronale, a indiqué à l'AFP que sur un total de 900 000 chauffeurs routiers, courriers et employés d'entrepôts, "entre 25 et 30%" ne possèdent pas de pass sanitaire. Des tests gratuits sont proposés par le gouvernement ou par certains opérateurs de terminaux dans certains endroits comme Gênes ou Trieste où les dockers ont menacé de faire des blocages.

D'après l'AFP, 300 dockers ont dressé un piquet de grève à une entrée de port de Gênes ce matin. Ils ont empêché les camions de livrer. 

Une situation sanitaire en amélioration

Pour le gouvernement italien, ce pass sanitaire au travail est un nouveau moyen d'éviter un confinement. Le Covid-19 a causé la mort de plus de 130 000 personnes en Italie. Il a aussi eu un gros impact sur l'économie, avec une baisse du PIC de 8,9% en 2020.

La vaccination massive a permis de maintenir les taux d'infection à un bas
niveau et l'Italie devrait connaître une croissance de 5,8% cette année, selon les dernières prévisions du Fonds Monétaire International (FMI).

Depuis le début du mois de septembre, le nombre de nouveaux cas est en baisse constante en Italie. L'agence Reuters recense moins de 2500 contaminations quotidiennes en moyenne sur les 7 derniers jours, contre plus de 4400 en France. 

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