Se reconstruire après une catastrophe naturelle : des collégiens de la Roya iront en Italie et en Belgique pour étudier la résilience

Un échange scolaire rendu possible grâce au programme Erasmus+. Dans le cadre d'un projet sur la résilience, 90 collégiens de la vallée de la Roya iront à Limbourg et Luco dei Marsi à la rencontre des habitants. L'occasion de voir comment ces deux villes ont réussi à se reconstruire (ou pas) après une catastrophe naturelle.

Il reste encore pas mal de détails à définir et finaliser, mais Alessandra Pasquetti a reçu, il y a quelques jours, le feu vert pour lancer son projet d'échange Erasmus+.

Cette professeure d'italien au collège L'eau vive de Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes) veut faire réfléchir ses élèves, ainsi que ceux du collège Jean-Baptiste Rusca de Saint-Dalmas-de-Tende, sur les thématiques de reconstruction post-catastrophe naturelle et de résilience.

Pour cela, durant l'année 2025-2026, 90 collégiens de cinquième et de quatrième partiront une semaine à Limbourg (Belgique), une petite commune à 30km à l'est de Liège, et à Luco dei Marsi (Italie), un village situé à 110km à l'est de Rome. L'année suivante, les mêmes écoliers se rendront dans l'autre ville.

Objectif : que ces enfants rencontrent d'autres enfants qui ont, comme eux, été sinistrés par des catastrophes naturelles.

Un séisme et des inondations

Ces deux communes ont été fortement touchées par deux catastrophes naturelles il y a quelques années.

Le 6 avril 2009, un violent séisme de magnitude 6.5 a touché L'Aquila, la capitale des Abruzzes, tuant 308 personnes et détruisant de très nombreux bâtiments. Mais depuis, la reconstruction est difficile. En 2019, dix après les faits, et malgré les milliards d'euros investis, de nombreux habitants n'avaient toujours pas pu retourner chez eux.

Originaire de L'Aquila, Alessandra Pasquetti n'a pas vécu ce tremblement de terre. "J'y ai été cet été, et on continue de reconstruire", poursuit l'enseignante et coordinatrice du projet Erasmus+. "À l'époque de Silvio Berlusconi, quelques immeubles antisismiques avait été reconstruits mais, ensuite, il n'y a plus eu d'argent. L'Aquila était une ville médiavale protégée. Depuis le Covid, cela a évolué car l'Europe a débloqué des fonds pour reconstruire le centre historique. L'Eruope aide, pas l'Italie."

Dans cette région, le traumatisme du 6 avril 2009 est encore très présent. "Ils ont même un mot, 'terremotato', pour désigner une personne qui a subi ce tremblement de terre", précise Alessandra Pasquetti. Une différence par rapport à la tempête Alex qu'ont connu les Alpes-Maritimes. "Chez nous, les enfants ont eu l'impression d'avoir été mis en sécurité."

En juillet 2021, des inondations touchent plusieurs provinces belges pendant plusieurs jours, causant la mort de 39 personnes. La commune de Limbourg est concernée et doit aujourd'hui faire face à une baisse de son nombre d'habitants.

Ces inondations, survenues 9 mois après la tempête Alex, avaient ému plusieurs sinistrés de l'arrière-pays maralpins et des bénévoles de la reconstruction. En septembre 2021, 70 Azuréens sont partis un week-end à Trooz, entre Liège et Limbourg, pour prêter main forte et aider au nettoyage des dégâts. France 3 Côte d'Azur les avait accompagnés.

Marc Gincourt avait fait parti du voyage. Pour ce Breillois qui a perdu beaucoup de matériel professionnel avec la tempête Alex, il était important d'être solidaire avec ces habitants belges. "Quand on a tout perdu, on essaie de remonter. Et quand on a de l'aide, ça donne un élan !", avait-il expliqué à l'époque au micro de France 3 Côte d'Azur.

"On a vécu la même chose"

"Peu à peu, les gens se réapproprient leur espace, c'est sur cela qu'on veut appuyer", poursuit Alessandra Pasquetti.

Ces catastrophes naturelles ont impacté l'environnement des enfants. L'objectif sera d'étudier comment le risque climatique a été pris en compte dans la reconstruction et comment l'enfant grandit dans ce contexte.

Alessandra Pasquetti, coordinatrice du projet Erasmus+

"On a vécu la même chose, ça peut nous rapprocher", répondait, en octobre dernier à France 3 Côte d'Azur, l'un des élèves concernés par ce projet. "Le fait de partager ses sentiments et ses émotions sur cette thématique, ça nous paraît très important dans le cadre de la résilience", explique Alessandra Pasquetti.

Sur place, les élèves devraient participer à des cours dans les écoles belge et italienne, ainsi qu'à des visites en lien avec la thématique de la résilience.

Ces échanges donneront ensuite lieu à des travaux scolaires, dont un devrait prendre place sur des murs répartis dans les villages de la Roya avec une fresque et des QR codes.

Reste désormais à finaliser les démarches administratives et à trouver l'hébergement. Quant au budget alloué par l'Europe pour ce projet, il sera connu en juin.