Tempête Alex 1 an après : le bar de Breil-sur-Roya essaie de devenir le coeur de vie de la commune

Un an après la passage de la tempête Alex, grâce à des donateurs privés, le bar de la commune de Breil-sur-Roya dans les Alpes-Maritimes a pu rouvrir ses portes cet été dans un local temporaire. Mais jusqu'à quand ?

"Depuis la réouverture, les habitants sont revenus nous voir. On leur manquait et nous aussi, ils nous manquaient !" Derrière son comptoir, Serge Bonnefous jongle entre les cafés à préparer et les pans bagnats à servir.

Il est midi. Une quinzaine de personnes est attablée sous le soleil de Breil. Une dame lit le journal, des ouvriers avalent pans bagnats ou panini, des habitants boivent un café en profitant du beau temps.

C’est le seul point de rencontre. On y vient régulièrement, quand on a du temps.

Albert, client breillois

Sur la table de ces trois hommes : deux jus de fruits et un verre de rosé. "C’est le seul bar qui existe à Breil", poursuit Alain. "Depuis la tempête Alex, il y avait rien d’ouvert, rien pour se rencontrer. Un bar, ça manquait !", complète Bruno.

Structure provisoire

Inondé début octobre 2020, l’établissement n’a pas pu rouvrir après la tempête. Le 28 juillet, il renaît à quelques mètres de là sur la place Brancion, dans un petit cabanon de bois.

Une structure provisoire à 42.000 euros financée grâce au soutien du district 1730 (Alpes-Maritimes, Var, Corse et Monaco) du club services Rotary.

C’est un lieu de vie, un lieu social. On fait office de tourisme, on renseigne les gens qui souhaitent dormir dans la vallée.

Serge Bonnefous, patron du bar des Alpins

Quand il revient dans l’ancien local sinistré, le chef d’entreprise de 59 ans ne cache pas son amertume. "La structure a bougé, tout le sous-sol en gypse est en train de s’effriter. Je ne pense pas qu’on retournera dans ce bâtiment. C’est dommage pour la population !"

Problème d'assurance

Depuis, il attend une prise en charge de son assureur. "L’assurance ne nous considère pas en catastrophe naturelle, elle ne retient qu’une perte d’exploitation pour les mois d’octobre 2020 et juin 2021. Le reste, c’est à cause de la pandémie, ça ne dépend pas d’eux !"

Cette situation me désespère. La nuit, parfois, je ne dors pas car je ne sais pas où je vais aller. Je vais prendre un expert d’assuré et, s’il le faut, un avocat. Mais c’est de l’argent et du temps.

Serge Bonnefous, patron du bar des Alpins.

Cet été, Serge a pu retrouver une clientèle dans son nouveau bar. Pas vraiment des touristes (eux sont plutôt allés visiter Tende avec le train des Merveilles), plutôt des habitants et des anciens habitués.

Des clients attachés à cet établissement, le coeur de vie de la commune.

Un petit mot sur la porte

Un mois après le passage de la tempête, nous avions trouvé ce petit mot accroché à la porte fermée du bar des Alpins : "Mais vous êtes où ? On voulait faire un dernier apéro avec vous avant confinement. On est restés jusqu'à 21h sur la terrasse avec notre bouteille de rosé."

Quand on lui remontre ce petit mot, l'émotion s'empare de Serge. "Ce sont des gens de Nice qui viennent nous voir. Ca fait chaud au coeur !"

Quelle sera la suite pour le bar des Alpins ? Pour l'instant, son futur est très incertain car ce cabanon en bois n'a pas vocation à rester un bar sur le long terme. "Il va devenir la maison d’accueil du nouveau camping de Breil-sur-Roya", dévoile Serge Bonnefous.

Que deviendra alors l'établissement qu'il dirige depuis vingt ans ? "Il est voué à disparaître !"

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