Affaire Legay : un collectif s'oppose à la nomination du commissaire Souchi à la police municipale de Nice

Le Collectif des Alpes-Maritimes constitué après l'affaire Legay réaffirme son exigence. Il souhaite que Christian Estrosi renonce à la nomination de Rabah Souchi à la tête de la police municipale. Mais le maire de Nice continue à soutenir "un homme de cœur".

C'est l'histoire d'une embauche qui ne passe pas. "Souchi, on l'a déjà dit, non merci !" voici le slogan affiché sur un communiqué du "Collectif des Alpes-Maritimes affaire Legay."

Pour comprendre le problème, il faut remonter le temps. Le 8 mars dernier, Rabah Souchi a été condamné à 6 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Lyon dans l'affaire Legay. Geneviève Legay est une militante altermondialiste d’Attac grièvement blessée par la charge policière qu’il avait ordonnée lors d’une manifestation des gilets jaunes le 23 mars 2019.

Souchi, numéro 2 de la police municipale de Nice

Fait rare dans l'histoire judiciaire, le policier national était poursuivi pour "complicité, par ordre ou instruction, de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique".

Le collectif insiste : "Cette condamnation d'un commissaire est une première dans l'histoire des violences policières en France." L’IGPN, la police des polices, a conclu à la disproportion de la charge ordonnée et il a été condamné en première instance. Le procès avait été dépaysé à Lyon, le collectif voulait en faire le procès des violences policières. Le policier a fait appel de sa condamnation. En attendant, depuis le mois de février, il est devenu numéro 2 de la police municipale de Nice, le directeur adjoint. 

Des compliments qui ne plaisent pas

Une nomination effective le 12 février dernier, avant que la décision ne soit rendue par le tribunal correctionnel de Lyon. Dans le quotidien local "Nice Matin", le maire de Nice (Horizons) est interrogé sur cette embauche jugée "indécente" par le collectif. Mais Christian Estrosi défend cette arrivée controversée à la police municipale : "Rabah Souchi est un humaniste" et "un homme de cœur". Des compliments qui ne plaisent pas non plus aux militants du collectif. 

"Il n’a pas été sanctionné par sa hiérarchie"

Le maire de Nice poursuit : "Tout le monde sait ce qu’a été le parcours de Rabah Souchi à la police nationale. En douze ans chez nous, c’est lui qui a le plus de résultats. Il n’a pas été sanctionné par sa hiérarchie et il va y avoir son procès en appel." Seule concession, si la justice prononce une interdiction d’exercer lors du procès en appel "alors la question ne se posera plus."

Mais le Collectif insiste et réaffirme son exigence. Il veut que le maire "renonce à cette nomination, indépendamment des résultats de la procédure en appel faite par le commissaire Souchi après sa condamnation."

Cinq ans après la chute de Geneviève Legay, 73 ans à l'époque des faits, provoquée par une charge policière, le bras de fer continue entre les militants, la police et la mairie de Nice.