Alpes-Maritimes : la mort d’Hubert Jourdan une figure du milieu humanitaire

Bien connu des associations humanitaires, beaucoup moins du grand-public, Hubert Jourdan a passé sa vie à aider les autres. Les migrants pour l'essentiel rêvant de passer d'Italie à la France. Il s'est éteint ce lundi.

C’était un infatigable défenseur de la cause humanitaire. Hubert Jourdan s’est éteint le 15 novembre dernier. Connu notamment dans les Alpes-Maritimes pour avoir fait passer des dizaines des demandeurs d’asile de Vintimille vers la France.

"Je me souviens" dit Teresa Mafeis la fondatrice de l’association pour la démocratie à Nice, ADN, "il a été le premier à venir aider les migrants, c’était en juin 2015."

Elle ajoute : "dans sa maison de Tourrettes-sur-Loup, il a hébergé beaucoup de migrants et notamment des jeunes. Il avait une propriété avec un grand jardin. Le soir, il rentrait avec de la nourriture."

Grande famille

A Hubert "ils lui racontait leur parcours, une mise en confiance de ceux qui étaient hébergés s’était établie, ils évoquaient leur parcours, le départ du pays, le passage en bateau. Avec les migrants il formait une grande famille."

"Je pense qu’il a pris beaucoup de risques, un grand nombre de gens comme lui ont été arrêtés mais pas lui."

En réalité il avait été interpellé en 2016 alors qu’il circulait en voiture et avait à son bord une personne sans papier. Teresa Mafeis se souvient : "il avait été très marqué par ce qu’il avait vu en Italie, les migrants qui étaient dans les rues."

Hubert Jourdan était ce qu’on peut appeler un baroudeur. Sensibilisé à la cause humanitaire depuis de nombreuses années du fait de ses voyages à l’étranger. Teresa Mafeis explique : "il était allé en Afghanistan où il avait rencontré beaucoup de gens dans la détresse. Il voulait aider ici les gens qui souffraient là-bas."

Parmi ses proches Cédric Herrou qui œuvre aussi pour l’aide aux migrants a publié un long message sur Facebook dans lequel il dit : "Hubert m’a donné le courage pour me battre à ses côtés au nom du respect de la dignité."

Autre personnalité a bien avoir connu Hubert Jourdan, Nicole Schek qui fait partie de l’association ADN dit de lui qu’"il avait un grand cœur, il avait pris sa retraite il y a deux ou trois ans."

Elle redit combien l’humanitaire aura passé sa vie à venir en aide à son prochain. "Ces derniers temps", confie-t-elle, il avait regard très sombre, presque désespéré sur le monde. Il évoquait la Lybie qui l’avait beaucoup marqué, la torture."

Elle souligne qu' "Hubert était aussi très dur vis-à-vis des politiques de fermetures des frontières." Tout cela trouvé un écho troublant avec la situation migratoire en Europe. "Le combat continue", conclut Nicole Shek.

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