S'évader avec un beau livre sur l'odyssée sous-marine de l'apnéiste Guillaume Néry et du photographe Greg Lecoeur

Une aventure humaine sous la face cachée des icebergs. Un témoignage de l'incroyable biodiversité d'un écosystème fragilisé. L' apnéiste niçois Guillaume Néry fait partie de cette expédition mise en images par le photographe Greg Lecoeur.

L' apnéiste Guillaume Néry, le photographe Greg Lecoeur et le cameraman Florian Fisher dans l'Antarctique.
L' apnéiste Guillaume Néry, le photographe Greg Lecoeur et le cameraman Florian Fisher dans l'Antarctique. © Greg Lecoeur

Ils n'ont pas hésité à plonger dans les eaux glacées de l'Antarctique... pour la bonne cause ! En février 2019, le photographe Greg Lecoeur, l'apnéiste Guillaume Nery et le caméraman allemand Florian Fisher embarquent à bord d'un petit voilier.

Direction : l'Antarctique, le continent blanc. 

Pour arriver jusqu'à cette péninsule de l'hémisphère sud, ils ont dû attendre 3 semaines car la fonte des glaces perturbe l'écosystème marin. Ce bout du monde immaculé fait partie des régions les plus touchées par le bouleversement climatique. La fonte accélérée des glaces menace directement la biodiversité.

Mais rien ne décourage les sept explorateurs ! Ils mouillent enfin sur l’île de Cuverville où se trouve une colonie de plusieurs milliers de manchots papous. Un territoire hostile à l’eau glacée (-1°C), où se dressent d’immenses icebergs. Certains peuvent s'effondrer à tout moment.

Les plongeurs sont équipés d'une combinaison de 9mm pour leurs plongées en apnée ou en bouteille. Pas besoin de descendre trop profondément, l'apnéiste suit les courbes des icebergs. "Le froid, ça a été une des grandes composantes avec laquelle il a fallu s'adapter", explique Guillaume Néry. 

"Une des mers les plus hostiles"

"L'ensemble de l'expédition était un challenge. On est parti d'Ushuaïa à la voile. Pour moi c'était une manière de boucler la boucle de manière naturelle. Je ne suis pas un navigateur à la base, donc c'était difficile de se retrouver dans une des mers les plus hostiles. Il a fallu jouer à Tetris dans le bateau et réussir à se créer une microsphère d'intimité dans cet environnement."

Guillaume Néry en apnée, le long des icebergs de l'Antarctique.
Guillaume Néry en apnée, le long des icebergs de l'Antarctique. © Greg Lecoeur

"Terre sauvage où l'homme n'a pas sa place"

Les explorateurs se sont fixés des objectifs ambitieux : "les moments de plongée étaient de grands challenges. Le combat contre le froid aux extrémités, les pieds et les mains, c'est ce qui se limitait dans le temps sous l'eau. Une fois que l'on s'est accomodés de ces petits tracas, on se rend compte du privilège que l'on a. C'est vraiment une terre sauvage où l'homme n'a pas sa place, l'humain ne s'établit pas et les animaux règnent en maître", raconte Guillaume Néry. 

"Les léopards en profitent pour croquer ces bébés nageurs !"

L'équipage a préféré ancrer plusieurs jours à côté de l'île de Cuverville. Une île qui abrite une grande colonie de manchots papous. Une stratégie payante ! 

Au bout du 9ème jour, dans ce paradis blanc, une belle rencontre : celle du léopard de mer qui fait même un bisou à la caméra ! Guillaume Néry explique : "les phoques léopards se nourrissent de krills à 90 %, mais il y a une période dans l'année où les juvéniles se mettent à l'eau et les léopards en profitent pour croquer ces bébés nageurs !"

"Une rencontre d'une grande douceur"

L'apnéiste passe deux heures avec cette femelle léopard des mers :

"C'était un moment de grâce extraordinaire. J'ai fait confiance à mon instinct dans l'eau, mon intuition. Avant d'y aller on lit des témoignages et on écoute des expériences. A un moment donné, il faut faire confiance à notre nature animale. Cela a été d'une grande douceur, malgré sa taille imposante d'une longueur de 3, 4 mètres, elle me tournait autour sans une once d'agressivité", guille ajoute-t-il. 

Guillaume Néry, apnéiste.

Le photographe niçois Greg Lecoeur se souvient aussi de cette rencontre : "le soleil, l'excitation, la joie de la rencontre ont fait qu'on en a oublié le froid. Il y avait une vraie interaction et une vraie rencontre. Le léopard des mers a mauvaise réputation, mais avec nous il est venu au concact, il s'est montré très curieux."

Une image rare du léopard des mers prise en Antarctique par le photographe niçois Greg Lecoeur.
Une image rare du léopard des mers prise en Antarctique par le photographe niçois Greg Lecoeur. © Greg Lecoeur

Leur expédition aura duré six semaines. Le résultat de cette aventure de l'extrême : un livre de photographies de Greg Lecoeur avec un récit de l'apnéiste Guillaume Néry "Antarctica" et des images vidéo du cameraman Florian Fisher.

Cet album photo est publié depuis ce mardi 15 décembre.

Faune sous-marine exceptionnelle 

Au plus près des icebergs, dans des conditions météorologiques extrêmes, ils documentent une faune sous-marine exceptionnelle : baleines, manchots, otaries, phoques et le léopard de mer. Avec des images à couper le souffle, "Antarctica" permet de découvrir un écosystème encore sauvage précieux, fragile et en péril.

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