Un astrophysicien mondialement connu de Nice étudie l'origine de deux astéroïdes en forme de toupie

Bennu et Ryugu vous connaissez ? C'est le nom de deux astéroïdes en forme de toupie quelque part entre Mars et Jupiter.  Deux missions, une japonaise, l'autre américaine sont en cours, avec l'analyse d'échantillons à la clé. 

Ne reste plus qu'à faire des prélèvements...à 350 millions de kilomètres !
Ne reste plus qu'à faire des prélèvements...à 350 millions de kilomètres ! © Nasa
L'article a été publié sur la prestigieuse revue en ligne Nature Communications, le 27 mai dernier. Et il est signé par Patrick Michel, directeur de recherche CNRS, laboratoire Lagrange (CNRS-UCA-OCA), Ronald-Louis Ballouz, Post-doctorant OSIRIS-REx à l’Université d’Arizona (USA) et leurs collaborateurs, dont Brian May, astrophysicien et célèbre guitariste du groupe de rock Queen ( la guitare de We will rock you, c'est lui !)
Et il apporte peut-être une réponse à une question. Pourquoi deux astéroïdes Bennu et Ryugu dans la galaxie entre Mars et Jupiter ont-ils la forme de toupie ?
C'est l'histoire du système solaire qui est en jeu et la compréhension de l'apparition de la vie sur terre. Voyez plutôt !

2 missions spatiales, pour deux astéroïdes

Depuis 2014, l'Agence d'exploration aérospatiale japonaise mène une mission  à 350 millions de kilomètres de la terre.
La sonde Hayabusa 2 explore un astéroïde, Ryugu. Son diamètre ? Un kilomètre environ. Les photos mettent en évidence une surface composée de petits rochers. Un atterrisseur a permis d'effectuer des prélèvements, une "poussière de d'astéroïde" qui devrait arriver sur terre avec le déploiement d'une capsule d'ici le mois de décembre, en Australie, qui sera récupérée par les Japonais. Leur analyse permettra d'en savoir plus sur la composition et l'âge de Ryugu.  

Regardez cette vidéo produite pour Echosciences Provence-Alpes-Côte d’Azur sur cette mission :
Deux ans plus tard, en 2016, les Américains de la Nasa s'intéresse à un autre astéroïde situé 147 millions de kilomètres de la Terre : il s'appelle Bennu, il est plus petit, 500 mètres de diamètre. Et il a la même forme que Ryugu. Plus loin du système solaire, il a subi peu de transformations depuis sa création, il y a plus de 4,5 milliards d'années.
Ces deux astéroïdes ont un point commun : ils ont la même forme, une forme  sphéroïdale oblate avec un équateur prononcé, autrement dit une toupie.
D'après les simulations menées par Patrick Michel, directeur de recherche CNRS au Laboratoire Lagrange (CNRS/Observatoire de la Côte d'Azur/Université Côte d’Azur), ses collaborateurs des Université de Berne (Suisse) et du Maryland (USA), c'est parce que

ces corps solides pourraient être les bébés d'un gros astéroïde qui s'est défragmenté. Les particules se seraient "réagglomérées".


Voilà pour la simulation.
Ne reste plus qu'à valider ou pas cette hypothèse. C'est prévu avec l'analyse de la matière organique de faible densité prélevée sur place ! Voilà qui en dira plus sur la composition, l'âge et le possible lien génétique de ces deux astéroïdes. Une remontée dans le temps qui permettra d'établir leur histoire.

C'est quoi un astéroïde ? Réponse de Patrick Michel 

Bennu et Ryugu, et la mission Hera

Il se trouve que Patrick Michel, né à Saint-Tropez il y a 50 ans,  est un astrophysicien mondialement connu.

Je me consacre notamment aux astéroïdes potentiellement dangereux, qui croisent l'orbite de la Terre, en particulier leurs origines, leurs évolutions, leur probabilité d'impact avec celle-ci, les méthodes pour les étudier depuis le sol (modélisation, observations) et l’espace, et pour s’en protéger


explique-il sur le site de son laboratoire.
C'est lui qui s'apprête à piloter la mission spatiale Hera, pour le côté européen, dès 2024. Concrètement, l’agence spatiale européenne et la NASA s’associent pour prévenir les risques de collision d’un astéroïde avec la Terre. Une sonde sera envoyée vers Didymos, un astéroïde potentiellement dangereux. Elle nous aidera à savoir s’il est possible de le dévier. 
Concrètement, un impacteur de la Nasa sera envoyé pour dévier la trajectoire de l’astéroïde à la vitesse de 20 000 km/h ce qui permettra de modéliser l'impact.
Patrick Michel en parle avec passion : normal. Il a décroché en 2012 la médaille Carl-Sagan pour l'excellence de la communication publique en planétologie !
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