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Attentat de Nice : pour l'ancien directeur de cabinet du préfet l'attaque au camion-bélier était “inenvisageable”

Un agent posté devant des écrans du "Centre de supervision urbaine" de Nice (Archives) / © SEBASTIEN NOGIER / AFP
Un agent posté devant des écrans du "Centre de supervision urbaine" de Nice (Archives) / © SEBASTIEN NOGIER / AFP

Dans l'enquête sur les mesures de sécurité déployées lors de l'attentat de Nice, un rapport pointe des défaillances dans la formation des policiers municipaux chargés de la vidéosurveillance. Quant à l'hypothèse d'une attaque au camion-bélier elle n'a jamais été envisagée.

Par POC avec AFP


Le dépôt d'une plainte avec constitution de partie civile par les parents d'un garçonnet mort dans l'attentat de Nice avait entraîné l'ouverture d'une information judiciaire pour "mise en danger de la vie d'autrui".

Depuis deux ans, des magistrats s'intéressent particulièrement à la vidéosurveillance et ses éventuelles failles. Nice est l'une des villes de France les plus équipées en caméra. La cité azuréenne compte en permanence 15 à 20 agents postés devant des écrans du "Centre de supervision urbaine" (CSU). Un politique sécuritaire voulu par le maire LR Christian Estrosi, lui-même récemment entendu sous le statut de témoin assisté.
 

"Formation sur le tas"

Dans les jours précédant l'attentat, Mohamed Lahouaiej Bouhlel avait multiplié les passages et les infractions sur la promenade des Anglais au volant du poids lourd qu'il utilisera pour perpétrer son attaque, sans être repéré. 

"On ne l'a pas vu. Il y a tellement de camions qui passent sur la Promenade des Anglais, notamment pour livrer les plages, donc ce n'est pas évident", a répondu aux enquêteurs une opératrice, qui dit avoir été "formée par (des) collègues plus anciens".


Le système de vidéosurveillance de la ville est "sophistiqué" mais "confié à des fonctionnaires sans réelle formation", selon le rapport d'enquête, évoquant "une formation sur le tas" et "une méconnaissance des arrêtés réglementant la circulation". 

Une trentaine d'agents de la vidéosurveillance de Nice ont été entendus et leurs documents de travail examinés. "Pour les journées des 11,12, 13 et 14 juillet aucune consigne relative à la surveillance de la Promenade des Anglais n'y était mentionnée", selon un rapport d'enquête. 

"Qui peut croire que s'agissant d'un attentat terroriste, un des plus meurtriers, il aurait pu être évité par une formation à la circulation, exigée par aucun cadre réglementaire?", s'est défendue la mairie auprès de l'AFP.
"Concernant les opérateurs du CSU, il n'existe aucun cadre réglementaire imposé par le ministère de l'Intérieur qui définit les formations de polices municipales. Pour autant, à Nice, nos (agents) reçoivent une formation interne dispensée par des agents également formateurs pour d'autres municipalités". 
 

Absence de barrières et de filtrage du public

Au fil des 4.000 pages de dossier, les juges d'instruction ont aussi cherché à savoir qui a décidé de renoncer à un dispositif de barrières et filtrage du public, et pourquoi aucun plot, même en plastique rempli d'eau ou de sable, n'a été posé pour protéger la foule.

S'agissait-il d'un manque de temps, de moyens, d'effectifs? "Nous n'avons jamais imaginé un camion de 19 tonnes", a récemment répondu aux juges qui l'interrogeaient François-Xavier Lauch, directeur de cabinet du préfet de l'époque, aujourd'hui chef de cabinet d'Emmanuel Macron, lui aussi entendu sous le statut de témoin assisté. 

M. Lauch, qui a reconnu avoir joué un "rôle-clé" dans la validation du choix du dispositif de sécurité, a aussi assuré que la menace d'un camion-bélier n'avait jamais été envisagée "au cours des préparations de l'Euro" 2016 de football organisé en France et qui s'était achevé le 10 juillet.  

"Le fait qu'un individu ait pu se mettre au volant d'un 19 tonnes et arriver à une telle vitesse était pour moi inenvisageable et inenvisagé", a déclaré François-Xavier Lauch

 En plein état d'urgence, la menace était pourtant suffisamment élevée pour que la mairie interdise les kermesses dans les écoles.

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