"C’est extraordinaire, ça a réduit de moitié" : à Nice, une machine unique au monde permet de stériliser les tumeurs liées au cancer colorectal

Publié le Mis à jour le
Écrit par Gregory Bustori .

Au Centre Antoine Lacassagne, une machine fait régresser de manière spectaculaire les tumeurs du cancer colorectal. Elle est capable de "bombarder" de rayons X  les tumeurs avec une extrême précision, jusqu'à les faire diminuer de moitié, en une seule séance.

C’est une arme qui pourrait bien faire basculer la guerre contre le cancer. La prise en charge de ce type de maladie ne cesse d’évoluer, et c’est bien à Nice, au Centre Antoine Lacassagne, que les technologies de pointe contribuent à faire guérir les patients. 

Dans l’Hexagone, le cancer colorectal est dépisté, selon les chiffres communiqués par Santé publique France, chez 43.336 personnes chaque année, et 17.117 décès y sont reliés annuellement.

Un programme de dépistage national est proposé pour les hommes et les femmes de plus de 50 ans. 

C'est bien du côté des traitements que ces patients vont pouvoir se tourner pour espérer une guérison rapide et efficace. 

Première séance radio

"J’ai fait la première séance de radio, et là, le professeur me dit ‘c’est extraordinaire, ça a réduit de moitié’". Pour Abbas Faraht, qui a été diagnostiqué au début de l’année d’un cancer colorectal, c’est une véritable – et agréable – surprise d’avoir pu constater les bienfaits de ce traitement sur sa maladie, qu’il croyait fatale.  

Déjà, le mot tumeur cancéreuse, vous savez que c’est dangereux, il y a des problématiques psychologiques d’un coup parce que c’est quelque chose qui peut être mortel s’il n’est pas dépisté à temps.

Abbas Faraht

Patient atteint d'un cancer colorectal

L’appareil qui se trouve dans la salle d’application de curiethérapie est unique au monde. Il permet d’envoyer une dose massive de rayons X sur des tissus cancéreux, en épargnant les tissus sains avoisinants, et sur une toute petite zone.

Une étude aux résultats surprenants

Une étude européenne baptisée OPERA (pour Organ Preservation in Early Rectal Adenocarcinoma ou Préservation des organes dans l'adénocarcinome rectal précoce en français)

"La preuve scientifique vient d'être apportée par ce fameux essai randomisé [...]. On a démontré que lorsqu'on ne faisait que des rayons normaux, on avait 60% de succès, et que l'on passait à 90% en rajoutant trois séances d'appareil Papillon." explique le professeur Jean-Pierre Gérard, du Centre Antoine Lacassagne.

Ces résultats ont été présentés lors du congrès de l’ASCO (l'association américaine d'oncologie), à Chicago aux Etats-Unis, ce 4 juin 2022. Ils démontrent qu’en complétant la radiothérapie externe avec une radiothérapie de contact, ce taux de guérison est effectif sur des tumeurs de moins de trois centimètres, avec seulement ces trois séances additives d'une durée de cinq minutes chacune.

Eviter la chirurgie

Le Papillon 50, qui porte le nom du professeur français ayant développé cet outil,  amène d'autres bienfaits : "cela permet d'éviter une intervention chirurgicale avec des conséquences fonctionnelles potentielles [...]. C'est notamment intéressant chez les patients qui sont âgés, qu'une intervention chirurgicale exposerait à des risques anesthésiques et chirurgicaux importants" détaille la docteure Cyrielle Scouarnec. 

Tous les patients qui ont été traités dans le cadre de l'étude OPERA sont depuis en rémission. 

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