Cannes : un homme soupçonné d’avoir vendu des masques anti-Covid non conformes à la Belgique, écroué

L'administrateur délégué de Avrox, une société luxembourgeoise, a été interpellé mardi 4 mai à Cannes et placé en garde à vue. Il est soupçonné d'avoir escroqué le ministère de la défense belge en vendant des faux masques anti-covid.

La société luxembourgeoise Avrox est soupçonnée d'avoir vendu 15 millions de masques défectueux à la Belgique. Des enquêtes sont en cours. Son dirigeant a été arrêté à son domicile à Cannes ce mardi (illustration).
La société luxembourgeoise Avrox est soupçonnée d'avoir vendu 15 millions de masques défectueux à la Belgique. Des enquêtes sont en cours. Son dirigeant a été arrêté à son domicile à Cannes ce mardi (illustration). © Thierry Thorel MAXPPP

Recherché par la justice belge, un Français a été arrête à Cannes ce mardi 4 mai. Laurent Héricord, administrateur délégué de la société luxembourgeoise Avrox, est soupçonné dans une enquête pour fraude, dans le cadre d'un vaste contrat public d'achat de masques de protection contre le coronavirus. Une perquisition a également eu lieu à son domicile en début de semaine. 

Il a été présenté à un juge qui l'a placé en détention provisoire en vue de sa remise aux autorités belges et une première audience sur l'examen du mandat d'arrêt est prévue ce 12 mai à Aix-en-Provence, a précisé l'AFP.

Selon le parquet de Bruxelles, trois arrestations au total ont eu lieu dans la même affaire: deux en France et une au Luxembourg où est établie la société Avrox. Aucune précision n'a été donnée pour le moment sur les identités.

Des masques non conformes voire dangereux     

Le ministère belge de la Défense a lancé un appel d’offres public au printemps 2020. Deux entreprises avaient répondu, dont Avrox, qui a fourni 15 millions de masques buccaux à la Belgique.

Mais en juin 2020, une enquête a été ouverte à l’encontre de la société luxembourgeoise pour « faux et usage de faux, escroquerie, blanchiment et entrave à la liberté des enchères », selon le journal le Soir.

Avant en plus, de découvrir que les masques étaient peut-être dangereux pour la santé en février 2021. Des nanoparticules d'argent et de dioxyde de titane auraient été découvertes dans leur composition. 

Inalées, elles pourraient avoir un effet négatif sur les voies respiratoires, selon ces spécialistes interrogés dans ce reportage de RTBF : 

Suite à cette alerte, le ministre Franck Vandenbroucke a commandé une étude supplémentaire. Mais les résultats risquent de tomber dans plusieurs mois. Dès lors, en attendant et par précaution, l'exécutif demande aux pharmacies de suspendre la distribution de ces masques si elles en ont encore et aux citoyens de ne plus utiliser ceux qu'ils détiendraient, en raison du risque d'inhalation de ces substances toxiques.   

En mars 2021, la Belgique comptait encore 3,5 millions de masques Avrox dans ses stocks. 

Un mandat d'arrêt européen 

Un mandat d'arrêt européen a donc été lancé pour des faits de "faux et usage de faux, escroquerie, blanchiment et entrave à la liberté des enchères et soumissions".

Les masques ont été livrés avec une notice comportant "de nombreuses erreurs". Par ailleurs, un concurrent malheureux lors de l'appel d'offres a saisi la justice administrative.

Des perquisitions auraient été également menées au Portugal et au Luxembourg dans le cadre de cette enquête.

Un contrat estimé à plus de 30 millions

L'attribution à Avrox au printemps 2020 d'un contrat estimé à 32 millions d'euros pour livrer les 15 millions de masques en tissu à l'Etat belge fait des vagues en Belgique depuis un an. 

Sur twitter, les réactions sont nombreuses : 

Les dirigeants d'Avrox, dont M. Héricord, se sont eux, toujours vivement défendus d'avoir commis la moindre infraction. Face aux doutes sur leur dangerosité présumée, la firme a affirmé que ses masques : "respect(ai)ent scrupuleusement toutes les réglementations nationales et européennes".

Une entreprise spécialisée dans un autre domaine ?

Le parquet bruxellois reprocherait également au chef d’entreprise d’avoir fourni de faux documents dans le but de décrocher le marché public, "l'autre mystère autour de la société Avrox, ce sont ses antécédents. Jusqu’à il y a peu, ses statuts ne mentionnaient comme activité principale que la location de voitures. Pas de traces de masques de protection", rapporte le média belge RTBF. 

Sur son site la société se définit comme : "un fournisseur mondial de biens et de services diversifiés, pour les gouvernements et les secteurs privés."

Pour le moment, les masques sont stockés en attendant de nouvelles précisions du Conseil supérieur de la santé belge

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
justice société faits divers belgique international police sécurité covid-19 santé