Que valent vraiment les masques "grand public" offerts par les communes ? Des Azuréens témoignent

Ils ont été massivement distribués dans les communes des Alpes-Maritimes. Depuis quelques jours, quasiment tous les Azuréens ont reçu gratuitement ces masques alternatifs, dits "grand public", aux normes Afnor. Entre enthousiasme, soulagement et parfois déception, leurs témoignages.

A Cannes, les masques ont été réalisés localement.
A Cannes, les masques ont été réalisés localement. © VALERY HACHE / AFP
Depuis la mi-avril à Cannes, puis à Nice et dans toute sa métropole, Biot, Antibes ou Mandelieu-la-Napoule, presque tous les Azuréens ont reçu gratuitement une dotation de masques alternatifs (à Menton, la distribution doit débuter ce vendredi 8 mai).
Généralement deux protections par personne, en tissu, homologuées et lavables et uniquement pour les adultes.
Christian Estrosi le 28 avril lors de la distribution des premiers masques aux Niçois.
Christian Estrosi le 28 avril lors de la distribution des premiers masques aux Niçois. © VALERY HACHE / AFP
La ville de Nice en a commandé 1,2 million "auprès d’entreprises françaises". Cannes a fait le choix de les faire fabriquer localement plus de 110.000 pour ses habitants.
Dans tous les cas, ces masques répondent à des normes sanitaires et sont réutilisables. Et ceux qui en ont déjà bénéficié ne tarissent généralement pas d'éloges sur les réseaux sociaux. Dans un contexte de pénurie de masques chirurgicaux, l'arrivée de ces masques alternatifs a souvent été un grand soulagement.

"Retours d'expérience"


Esthétique, mise à disposition, qualité, confort : nous avons recueilli les "retours d'expérience" des Azuréens qui les ont déjà utilisés, lors de leurs sorties "dérogatoires"...

L'aspect d'abord. C'est subjectif et ce n'est pas l'objectif premier de ces masques que d'être beaux. Mais c'est aussi la première remarque que font ceux qui les reçoivent. Et les plus appréciés sont visiblement ceux d'Antibes :

"Le masque fourni par Antibes il claque ! Confortable, léger, sobre", Rolan est conquis.


A Nice, les masques de couleur rose vif rebutent certains. Il y a aussi des bleus et des blancs, plus "passes-partout", mais on ne choisi pas !

A Cannes, c'est plutôt le tissu à carreaux qui rappelle à certains les torchons de leur cuisine...
 

Une distribution bien organisée

Côté distribution, les masques ont parfois été envoyés directement à domicile des personnes âgées. Pour les autres, les communes ont mis en place des points de distribution de proximité, et même de systèmes type "drive" à Cannes.

"C'était très bien organisé avec deux policiers municipaux pour filtrer à l'entrée, et des gens à l'intérieur pour vérifier les documents et donner les masques," a observé Patrick, à Nice. J'ai récupéré les miens en 3 minutes chrono".

Nice le 29 avril :
Les masques souvent mal portés, au grand désespoir des soignants"Je n'ai pas aimé que ces masques en tissu ne soit pas conditionnés dans des sachets, proprement, souligne Cendrine. Je n'ai aucune idée du nombre de fois et de la façon avec laquelle ils ont été manipulés avant d'atterrir dans les enveloppes ouvertes remises aux Niçois. Côté hygiène, c'est moyen par les temps qui courent !"
 

Difficiles à ajuster

Philippe, de Nice-Nord aussi a d'abord été très satisfait par les siens : "première impression, il est très léger et fin et tout blanc. La première fois, il me glissait du nez et ce n'était pas très agréable. J'ai découvert qu'il y avait une "barre" à comprimer autour du nez."
A l'usage, quelques défauts apparaissent quand même : "gros point négatif avec les élastiques qui sont tellement fins qu'ils "coupent" l'arrière des oreilles".

"J'ai un gros doute sur les élastiques en caoutchouc sur une utilisation prolongée de 2 ou 4 heures, car moi au bout de quelques dizaines de minutes ça me faisait un peu mal" témoigne Raphaël.
 

Des masques "montés à l'envers"

Ce Niçois trouve les masques "bien épais, les coutures sont solides, mais ils sont mal ajustés. Du coup sur les côtés c'est trop ouverts et ça ne protège pas grand chose." "Mal ajustés", et parfois cousus de travers ou même... à l'envers.
Sur ce modèle distribué à Nice, les élastiques ne sont pas positionnés pour être passés derrière les oreilles (comme c'est le cas du modèle des masques niçois) mais sont placées pour être passées derrière la tête et la nuque... Sauf qu'ils sont trop courts pour cela.

"La tête passe difficilement, à la limite de déchirer l’élastique, et après cela, on est super serrés... J’ai vraiment l’impression que c’est erreur de fabrication" insiste Yassine.

A Antibes, Joséphine a le problème inverse avec le modèle fourni par la commune : "les élastiques sont laches, trop longs, le masque ne se plaque pas au visage. Je crois que je ne vais pas le mettre en fait je vais me débrouiller autrement."
 

1 000 masques défectueux échangés à Cannes

A Cannes aussi, des problèmes avec les élastiques et parfois les coutures ont été signalés. La mairie reconnaît que certains masques distribués n'étaient pas satisfaisants, et parfois défectueux.
À ce jour, un millier de masques (sur les 112.000) qui ont été distribués) ont été échangés précise la mairie.

Des masques dont le port est rendu obligatoire par arrêté municipal dans les lieux fermés ou très fréquenté depuis lundi à Cannes et Mandelieu-la-Napoule.
A Nice, Christian Estrosi a annoncé une mesure similiaire à compter de ce lundi 11 mai.

Pour aller plus loin :

> Le "test de la flamme", le nombre de lavages et le séchage... Nos réponses à vos questions sur les masques faits maison.
> Ce qu'il faut faire (et ne pas faire) avec votre masque en infographie.
> Comment porter un masque ? Ils sont souvent mal portés, au grand désespoir des soignants.
 
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