Corso de politiques façon cinéma au Carnaval de Nice

Donald Trump grimé en clown tueur, Emmanuel Macron travesti en "Captain America" ou Nicolas Hulot en "Hulk" : la satire politique est omniprésente cette année au Carnaval de Nice qui joue à fond la carte de l'impertinence.

Nicolas Hulot, façon Hulk, défile au premier corso nocture du carnaval de Nice, samedi 16 février. Plusieurs figures politiques sont ainsi caricaturés en personnages du cinéma, car le 7ème art est le thème de l'édition 2019.
Nicolas Hulot, façon Hulk, défile au premier corso nocture du carnaval de Nice, samedi 16 février. Plusieurs figures politiques sont ainsi caricaturés en personnages du cinéma, car le 7ème art est le thème de l'édition 2019. © Louise Pezzoli
Prévue pour durer jusqu'au 2 mars, cette 135e édition est dédiée au "Roi du cinéma", en hommage au centenaire des studios de La Victorine, le petit Hollywood niçois qui a accueilli le tournage de grands classiques et de nombreux réalisateurs étrangers, de Hitchcock à Joseph Losey.
La foule pourra s'amuser à reconnaître Pierrot et sa Colombine et bien d'autres figures du 7e art: Brigitte Bardot, Hitchcock, Belmondo, Charlot, etc. Le dieu Ganesh brandissant une caméra, un mégaphone et un clap de cinéma évoque lui la puissance des studios indiens de Bollywood. 
Emmanuel Macron en Captain America
Emmanuel Macron en Captain America

Mais la politique n'est jamais très loin. Qui voit-on émerger de la 2CV bleue conduite par le plus célèbre gendarme de France, alias Louis de Funès ? Brigitte
Macron, l'épouse du président français, déclinée également sur un autre char
dans les très courts atours de Marylin Monroe. 
Et qui donc soutient dans ses bras l'héroïne d'Autant en Emporte le Vent ? C'est Vladimir Poutine serrant l'acteur français Gérard Depardieu, connu pour être un
grand admirateur du président russe. 
L'aspect carton pâte demeure, réclamant des heures de travail mais aussi des techniques dernier cri, c'est la nouveauté du jour. Les Povigna, l'une des deux familles de
carnavaliers à l'oeuvre, ont ainsi investi dans un robot, cinq fois plus rapide que le geste de la main, pour sculpter le polystyrène des décors. 
A Nice, depuis l'attentat qui a fait 86 morts le 14 juillet 2016, le carnaval, ses corsos et ses batailles de fleurs ne se tiennent plus sur la Promenade des
Anglais mais dans un site unique à proximité, derrière de hautes palissades noires
dont les interstices permettent de grapiller quelques miettes du spectacle.
Fête populaire, le Carnaval de Nice est prisé des acteurs locaux pour ses retombées économiques estimées à 30 millions d'euros, dont une part pour l'hôtellerie-restauration.

Le spectacle avait toujours été payant en tribune (21 à 26 euros). Depuis l'attentat, il est désormais également payant dans l'enceinte permettant de voir passer les
17 chars fleuris et les porteurs de têtes (5 à 12 euros, gratuit pour les moins de six ans).

La municipalité table sur une fréquentation en hausse. L'an dernier, la manifestation avait attiré 138.000 visiteurs payants dont un quart d'étrangers, et environ 300.000
personnes en tout.

 
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Premier corso carnavalesque à Nice
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