Dans le Var et les Alpes-Maritimes, on vous explique comment devenir la famille d’accueil d’un chien guide

Publié le Mis à jour le
Écrit par Gregory Bustori
Le chien guide Lasko en exercice
Le chien guide Lasko en exercice © Association des Chiens Guides d'Aveugles de Provence Côte d'Azur Corse

A l’occasion de la Journée internationale de la Canne Blanche ce vendredi 15 octobre, l’association des Chiens Guides d'Aveugles de Provence Côte d'Azur Corse, installée à Nice, détaille les démarches à effectuer pour accueillir un animal durant sa formation avant qu’il ne rejoigne un bénéficiaire.

Les personnes malvoyantes ou atteintes de cécité ne peuvent compter que sur de très rares soutiens dans leurs déplacements quotidiens. L’association des Chiens Guides d'Aveugles de Provence Côte d'Azur Corse encadre la formation de ces canidés et leur trouve une famille d’accueil bénévole.

Les cannes blanches, dont 300 versions électroniques sont désormais déployées en France, ne peuvent remplacer les qualités du meilleur ami de l’homme. Les chiens guide sont formés dans des écoles, par des éducateurs spécialisés, et pour une durée maximale d’une vingtaine de mois. Dans la région Sud-PACA, deux structures reconnues par l’association éduquent ces animaux. A Eze, dans les Alpes-Maritimes, et à Lançon-Provence, dans les Bouches-du-Rhône.

Comment postuler, quelles sont les contraintes ?

Il faut être inscrit auprès de l’association, mais au-delà de ce détail administratif, des démarches rapides sur internet permettent de candidater simplement. « Il y’a un dossier et un questionnaire à remplir, et ensuite, c’est notre centre d’éducation qui prend contact avec la personne pour affiner sa demande et bien préciser les besoins. Ensuite, la famille est placée sur liste d’attente pour obtenir un chien. » explique Margaux Passeri, de l’association des Chiens Guides d'Aveugles de Provence Côte d'Azur Corse. 

A l’école d’Eze, il y a une bonne trentaine de familles d’accueil. Le Covid a généré de nouvelles vocations, ce qui est très bien. On a une liste d’attente de quasiment 1 an, car nous avons eu beaucoup de demandes.

Margaux Passeri

« Il faut avoir du temps, être disponible pour le chien, accepter de faire les allers-retours au centre d’éducation, les rendez-vous avec les éducateurs. Il y a beaucoup de déplacements prévus pour le suivi du chien, 2 ou 3 par mois. Il n’y a aucun autre critère, il n’est pas impératif d’avoir un jardin par exemple. Il faut être mobile et disponible. » insiste-t-elle. Et de compléter qu’il y a « plein de petites règles à respecter à la maison, car nous voulons en faire de très bons chiens de compagnie. Le chien ne doit pas manger les pantoufles, il doit faire ses besoins au caniveau... ». Avec l’aide de l’association, les familles sont parties prenantes dans cet apprentissage.

Quand elles accueillent un chiot, qui arrive à l’âge de deux mois, elles le gardent jusqu’à ce que le chien rentre en éducation, soit à environ 12 ou 14 mois. A cette période, le chien intègre une formation pour devenir chien guide, du lundi au vendredi, et les familles ne l’accueillent que les week-ends, jusqu’à ce qu’il atteigne un âge situé entre 18 et 20 mois. Il existe des familles qui ne font que des accueils de week-end. Le but étant de « s’adapter, évidemment, au changement de vie des familles. Certaines gardent les chiens jusqu’au début de leur formation, d’autres suivent l’intégralité de ce cursus. Nous avons des familles relais qui viennent en aide si les familles d’accueil sont occupées, cela fait partie de nos bonnes pratiques. » détaille Margaux Passeri. Tous les frais (soins vétérinaires, nourriture, équipements…) sont financés par l’association. « Les seules dépenses que nous ne prenons pas en charge sont les éventuels dégâts dans la maison, on ne rachète pas les canapés (rires) ».

Quels chiens sont formés pour devenir guide ?

90% des chiens guide en France sont des labradors ou des labradors croisés golden retriever. Chiens Guides d'Aveugles de Provence Côte d'Azur Corse est membre de la fédération française des associations de chiens guides qui compte 10 écoles réparties dans toute la France et un réseau d’élevage spécifique qui a été mis en place pour fournir les chiots. Il y a également d'autres races comme le berger allemand ou le caniche royal qui deviennet des chiens guides, mais ils sont moins de 10% dans l'Hexagone.

Comment sont choisis les bénéficiaires des chiens guides ?

Une équipe pluridisciplinaire de l’association s’assure en amont que le chien guide est la bonne solution pour la personne aveugle ou malvoyante. « Si nous avons un chien dynamique, nous l’associerons à une personne qui est aussi dynamique que lui. Nous avons un dossier de suivi et deux journées de sensibilisation au sein des écoles, les personnes viennent, rencontrent l’équipe, et rencontrent les chiens. On fait une première sortie, un brossage, on s’assure que le chien guide corresponde à son maitre. Quand l’on remet un chien, nous appelons cela la « remise », et nous effectuons après un suivi de 15 jours, une semaine à l’école et une semaine au domicile du bénéficiaire avec l’éducateur. C’est un gros processus. Chaque année, on revient voir le chien et son bénéficiaire pour s’assurer de leur bien-être » précise Margaux Passeri

A quel moment les chiens sont-ils donnés aux bénéficiaires ?

Le process pour qu’un chien devienne chien guide est un poil long. C’est la même chose pour le choix des bénéficiaires de ces animaux. « Nous voulons être sûrs que le chien guide est la bonne solution à leur handicap visuel. Pour avoir un, il faut que la personne soit déjà autonome dans la rue, elle doit déjà connaitre ses trajets et pouvoir se repérer avec sa canne blanche. Le chien va sécuriser son parcours mais c’est la personne qui va donner chaque ordre, au coin d'un immeuble, devant un passage, etc. C’est quand même le maitre qui reste maitre. »

On fait en sorte de matcher au mieux l’équipe maitre/chien.

Margaux Passeri

Comment est vécu tout ce processus par les familles d'accueil ?

Stéphanie Castera, son mari et ses filles, ont accueilli en leur foyer un nouveau Prince charmant. Dans leur maison de la Turbie, ils n’avaient eu qu’un chat pendant 16 ans, leur seul animal de compagnie. « Prince a été diplômé la semaine dernière. Nous l’avons encore car l’association n’a pas trouvé une personne déficiente qui pourrait lui convenir. Il a effectué deux tests cette semaine, donc je pense que d’ici un mois, il va nous quitter. » regrette cette mère de famille avec un léger pincement dans la voix.

« Avec mon mari et mes filles, au début, nous souhaitions adopter. Des amis étaient la famille d’accueil d’un chien guide, mais uniquement le week-end. On s’est dit, c’est pour une bonne cause, pourquoi pas… On va s’inscrire et faire un dossier. Nous avons été sélectionnés, c’était à la période du premier confinement (du 17 mars au 11 mai 2020, ndlr). On nous a dit qu’il y avait beaucoup d’attente, et que l’on aurait un chien à Noël. Et puis en juillet, l’école nous a appelés car elle avait un problème de garde pour un chien, juste un week-end. C’était Prince. Quand l’éducatrice nous l’a amené, elle nous a dit qu’il était particulier car il mangeait un peu tout et n’importe quoi, même des cailloux, qu’il fallait être très vigilant. »

Au moment de rendre Prince, après ce week-end de trois jours, Stéphanie demande à l’association ce qu’il va advenir de leur nouvel ami à quatre pattes. Pour finalement proposer de le garder. Sans aucun regret.  

« Il y a eu un feeling, entre ce chien et notre famille. Nous sommes partis en vacances avec lui en août, alors que nous n’avions jamais eu de chien auparavant. Cette expérience a été complètement nouvelle, mais notre éducatrice, Audrey, nous a bien appris ce qu’il fallait faire avec lui au début. On l’a mis en confiance, petit à petit. Même pendant les vacances, nous avons pu la joindre pour lui demander des conseils. Au-delà d’être un chien, il faut respecter certains protocoles car il doit devenir un chien guide. Petit à petit, il a passé les étapes pour être diplômé. »

C’est une boule d’amour, je suis sûre qu’il va rendre une personne déficiente hyper heureuse. Nous forcément, on sera malheureux qu’il nous quitte, mais c’est pour la bonne cause !

Stéphanie Castera

Stéphanie et son mari, ainsi que ses filles de 12 et 17 ans, sont d’ores et déjà désireux de réitérer l’expérience et d'offir un domicile à un nouvel animal. Une volonté qui s’est ancrée au fil des mois, et grâce à la qualité du suivi de l’association encadrante dont elle ne manque pas de faire l’éloge. La famille Castera s’est trouvée un fidèle compagnon ces derniers mois, elle espère simplement avoir de ses nouvelles, à l’occasion, une fois qu’il aura trouvé une nouvelle maison.

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