De Douai à la Sardaigne, ce Niçois marche près de 3000 km sur les traces de ses grands-parents

Après un mois en vélo entre la Grèce et Nice, Léo Meloni s'est lancé le challenge de marcher pendant 3 mois du Nord de la France vers l'Italie.

Il est déjà à mi-parcours. Léo Meloni, un Niçois âgé de 30 ans, est parti au début du mois de septembre à pied depuis la ville de Douai, dans le Nord. Son périple, qui devrait se terminer début décembre, l'emmènera jusqu'à San Vito, dans le sud de la Sardaigne.

Il y a 60 ans, ses grands-parents faisaient le chemin inverse. Ils ont déménagé de l'île italienne pour trouver du travail. Direction le nord de la France où l'on cherche des hommes pour travailler dans les mines. Les grands-parents de Léo posent alors leurs bagages à Douai.

Lorsque Léo s'est décidé à faire un long voyage à pied, il a puisé dans ses racines pour trouver de l'inspiration. Muni de son sac à dos, ses bâtons et de sa bonne volonté, le voilà parti pour une traversée de la France et d'une bonne partie de l'Italie.

A raison de 35km par jour environ, l'homme trouve le temps dans ses longues journées de marche pour repenser à sa famille et aux différences entre ses générations. "Je sais que je suis à mi-chemin de mon voyage et je sens que j'en suis aussi à la moitié de mon cheminement spirituel", nous dit-il au téléphone alors qu'il marche en Lozère actuellement.

La mémoire, c'est important pour moi. J'avais besoin de prendre conscience de mes origines.

Léo Méloni

Il s'étonne de ne pas croiser davantage de randonneurs mais apprécie "ce temps de solitude". Ces jours-ci, il est moins seul. Deux amis l'ont rejoint depuis Grenoble pour marcher quelques jours avec lui. "Je rencontre parfois des gens dans des bistrots ou des cafés dans des petits villages, explique-t-il. Ça me permet de me rendre compte aussi que les jeunes semblent avoir abandonné la ruralité." 

Je croise plus de chevreuils et de renards que de randonneurs.

Léo Meloni

Un voyage pour déconnecter

Pour Léo, ce voyage est l'occasion de se déconnecter complètement de ses attaches. Premièrement, il choisit de ne pas être présent sur les réseaux sociaux, ni pour publier ni pour les consulter. De surcroît, il a décidé de vendre son appartement à Nice pour ensuite débuter un travail de matelot - "pourquoi pas à bord d'un voilier".

Il a suivi une formation de marin à Antibes qu'il espère mettre à profit en partant de la Sardaigne. En outre, il a déjà quelques traversées à son actif. Il a déjà vogué de la Martinique à Lorient et de Bordeaux à la Turquie, chaque fois en un mois.

Ces expériences marines vont d'ailleurs lui servir pour une bonne partie de son périple. Après avoir marché dans la Vallée du Rhône, au Mont Ventoux, sur le col de Tende puis en Italie, le randonneur troquera ses bâtons pour des pagaies.

A partir de Gênes, il longera la côte en radeau gonflable jusqu'à Piombino, près de l'ile d'Elbe. Par la suite, il contournera la Corse par l'Est, toujours à bord de son radeau, jusqu'à arriver au nord de la Sardaigne qu'il traversera à pied pour terminer son voyage. Là-bas, il retrouvera un oncle et des cousins pour se reposer un peu après cette très longue marche.

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