"Depuis bientôt un an, on est tout le temps au dessus des normales", l'été indien sur la Côte d'Azur expliqué par un climatologue

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Écrit par Sarah Dumeau .

Le climatologue Antoine Nicault prévient que ces épisodes de chaleur exceptionnels pour un mois d'octobre risquent de se multiplier à l'avenir à cause du réchauffement climatique.

Vous avez sûrement vu, vous aussi, des Niçois profiter d'un bain de mer ce week-end. Une image qui paraîtrait normale si on n'était pas... le 24 octobre. Alors que l'automne devrait déjà être bien installé, les températures flirtaient avec les 25 degrés ce week-end et devraient être encore douces pour la semaine à venir.

Les températures sont au dessus des normales de saison : 14 degrés de minimale et 21 degrés de maximale pour un mois d'octobre habituel à Nice, selon les données de Météo-France contre 19 à 23 degrés prévus pour la semaine prochaine. 

"Ce qui est vraiment exceptionnel, c'est que ces températures reviennent. Depuis bientôt un an, on est tout le temps au dessus des normales", explique Antoine Nicault, coordinateur du groupe d'expert sur le climat (GREC) pour la région Sud

Des phénomènes qui risquent de se multiplier, et de s'amplifier, prévient le climatologue : "l'année 2022 qui est une année exceptionnelle sera normale dans quelques décennies. Jusqu'à présent, on avait sous-estimé l'évolution des températures mais on a quasiment pas une année de répit, chaque année on bat des records". 

Risque pour la biodiversité 

Des températures qui ont d'importantes conséquences sur la faune et la flore, notamment sous-marine : "la température de la mer Méditerranée, qui n'est toujours pas descendue en dessous des 20 degrés, a battu un record en termes de canicule sous-marine", décrypte Antoine Nicault.

En conséquence, il y a eu des épisodes de mortalité chez les gorgones, les éponges, les coralligènes... Les températures ont dépassé le seuil de tolérance pour pas mal d'espèces

Antoine Nicault, climatologue

Avec ces températures très douces, le risque est aussi que les nappes phréatiques des Alpes-Maritimes et du Var, très asséchées par la sécheresse de l'été, ne se régénèrent pas suffisamment. 

"Avec le faible enneigement de l'hiver dernier, ça fait quasiment un an qu'on est en déficit hydrique... Les sols sont dans l'état où ils devraient être à la fin d'un été normal en termes de déficit d'humidité... On est encore en tension sur la ressource en eau", alarme Antoine Nicault. 

Après un été qui a été le plus chaud jamais enregistré, l'année 2022 pourrait battre tous les records de températures. 

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