Hommage. 36 ans après sa disparition, “Coluche est resté dans la mémoire collective”

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L’humoriste français est décédé tragiquement en juin 1986. Toujours populaire et devenu culte plus de trente ans après sa disparition, ses admirateurs lui ont rendu hommage à Opio (Alpes-Maritimes). Parmi eux, le dessinateur Kristian.

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La première fois qu’il a vu Coluche, c’était à la télévision. Il devait avoir 11 ou 12 ans. Aujourd’hui il en a 61. Et malgré le poids des années, Kristian, dessinateur de presse pour plusieurs titres, n’a rien oublié de ce jour. “Je me rappelle de tout. C’était un de ses sketchs où il dit “C’est l’histoire d’un mec”. Je n’avais jamais vu ça auparavant, c’était inédit comme humour”, raconte le dessinateur. 

Voilà 36 ans que Coluche, de son vrai nom Michel Gérard Colucci, est décédé. Ce dimanche à Opio, commune des Alpes-Maritimes où il a trouvé la mort, des motards, des admirateurs, des artistes, des familles vont se retrouver pour se recueillir sur la stèle qui rend hommage au comédien. “On vient ici chaque année. Et chaque année, il y a des personnes de tous âges, je vois même des enfants”, assure Kristian. 

“Le second degré a disparu”

Décédé tragiquement dans un accident de la route le 19 juin 1986, son décès reste, à ce jour, un bouleversement majeur pour ses fans. “Il est mort en pleine gloire. Quand il est mort, c’était l’artiste le plus connu de France”, fait remarquer Kristian. 

 Desproges et lui se permettaient de dire des choses au second degré qui ne passeraient pas aujourd’hui

Kristian, dessinateur et admirateur de Coluche

Tout à la fois comique, figure politique de gauche, acteur ; la disparition soudaine de Coluche au milieu des années 80 a laissé un vide dans l’espace médiatique et humoristique. “Il osait tout, il était parfois vulgaire mais il avait cette spontanéité, cette répartie unique. Personne ne peut combler ce vide. Desproges et lui se permettaient de dire des choses au second degré qui ne passeraient pas aujourd’hui”, observe Kristian. “Le second degré a disparu. Je le regrette vraiment. Heureusement il y a encore des humoristes et des caricaturistes de talent, mais tout me semble plus consensuel .”

Coluche, icône culte 

À l’origine des Restos du cœur et des Enfoirés, le phénomène Coluche s’est ancré dans la culture populaire des quatre dernières décennies. “Quand on jette un coup d'œil à ce qui se passe aujourd’hui, on ne peut pas s’empêcher de se demander ce que Coluche aurait pensé, ce qu’il aurait dit”, lance Kristian. Face à “la guerre en Ukraine, la pandémie de Covid-19, au réchauffement climatique, la montée du FN aux élections” liste l’artiste, “je me demande vraiment ce qu’il aurait trouvé à dire”.

Coluche est resté dans la mémoire collective

Kristian, dessinateur et admirateur de Coluche

Fréquemment sur le podium des personnalités préférées des Français fréquemment, son nom, ses films, son parcours et son histoire sont connus par les nouvelles générations. “Coluche est resté dans la mémoire collective”, résume le dessinateur. 

Persuadé que le souvenir de son humoriste préféré va encore perdurer, Kristian a fait graver sur la sculpture “Totem Coluche” la phrase : “c’est l’histoire d’un mecqui continue”.