Inflation, pauvreté : une crise alimentaire sans précédent touche le Secours populaire des Alpes-Maritimes

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Le Secours populaire des Alpes-Maritimes alerte sur les conséquences de la hausse des prix. Celle-ci provoque une hausse des bénéficiaires mais aussi une chute des dons qui leur sont destinés. ©A. Masseglia/ A. Benbournane/ K. Schmid

La fédération maralpine du Secours populaire tire la sonnette d'alarme. Elle présente une inflation supérieure dans le département par rapport d’autres territoires français, avec pour conséquence, une hausse des bénéficiaires et une chute des dons.

"Le Secours populaire des Alpes-Maritimes alerte sur les conséquences de l’inflation qui impacte considérablement l’association autant que le comportement de ses adhérents." C’est par cette introduction que début le communiqué envoyé par le Secours populaire aux médias.

Signé par Jean Stellittano, le président de l’association dans le département, le texte pointe une situation particulière en Côte d’Azur, davantage marquée par l’inflation que d’autres territoires français.

D’après une étude menée par NielsenIQ, l'inflation a augmenté dans les Alpes-Maritimes et le Var, mais aussi les Hautes-Alpes et les Bouches-du-Rhône, pour atteindre 8,4%.

Des chiffres supérieurs à la moyenne nationale de plus de deux points, alors que les prix à la consommation augmentent de 6,2 % constate l’INSEE, entre février 2022 et 2023.

Une situation qui a plusieurs conséquences pour le Secours populaire qui se trouve "lourdement fragilisé".

45% de bénéficiaires en plus

"La hausse massive des prix des produits alimentaires (+14,9% en mars en un an) a des répercussions immédiates sur l’association départementale" reconnait Jean Stellittano. Le président de la fédération maralpine explique que la baisse des dotations alimentaires est de 25% tandis que l’augmentation du nombre de nos bénéficiaires atteint 45%, entre mars 2022 et mars 2023. Les donateurs se font plus rares, et les besoins sont multipliés par deux.

Ce samedi 13 mai, il y avait encore foule dans les locaux niçois de l’association qui procédait à des distributions alimentaires. Fervent défenseur du "bien manger", le Secours populaire retrouve ici des légumes, des fruits, du pain et divers aliments. "Vu que le prix des courses est cher, et qu’il y a de l’inflation, c’est vrai que venir au Secours populaire [...] m’aide au niveau du budget" explique un jeune homme à Ali Benbournane et Ariane Masseglia, journalistes de France 3 Côte d'Azur.

Des produits de première nécessité, notamment pour les enfants, sont aussi distribués, détaille une jeune maman : "Ça m’aide beaucoup, car j’ai deux filles. Des fois, ils me donnent des couches, le lait, c’est bien." Des économies indispensables pour certaines familles qui n'arrivent plus à assumer leurs dépenses courantes.

Une demande récente qui a fortement augmenté, de l’ordre de 40%, notamment en raison de la présence importante dans le département de réfugiés ukrainiens. "Grâce à votre pays, vous nous aidez beaucoup, et le Secours populaire nous aide beaucoup aussi. Nous sommes très contentes" avouent une mère et sa fille qui ont quitté l'Ukraine après l'invasion russe.

Trimestre anti-inflation

L'initiative du ministre Bruno Le Maire, le ministre des Finances, qui avait mis en place un trimestre anti-inflation pour environ 4 millions de Français parmi les plus précaires, ne convainc pas. 

"On est face à quelque chose d’inédit. L’inflation, on l’a connue il y a une quarantaine d’années. Aujourd’hui, les publics que nous aidons sont très impactés, notamment beaucoup de famille qui travaillent. Des travailleurs pauvres" explique Jean Stellittano.

On n’a aucune idée de quand cela va s’arrêter. On voit la mer qui monte, la mer de pauvreté, et on ne sait pas quand cela va s’arrêter et si la digue des bénévoles va tenir.

Jean Stellittano, président du Secours populaire 06

Une vague de difficultés qui a balayé l'ensemble du réseau associatif : "Que ce soit les Restos du cœur, que ce soit la Croix Rouge, que ce soit la Banque alimentaire, nous faisons tous le constat de plus de 40% de personnes en l’espace d’un an. Il faut absolument que les pouvoirs publics le prennent en compte."

Les associations seront-elles entendues ? C'est ce qu'appelle de ses vœux le président de l'association née en 1945, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

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