Un kit olfactif de détection précoce du Covid-19 testé à Nice

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Écrit par AFP édité par Laurent Verdi
un passant en train de tester son odorat place Masséna à Nice.
un passant en train de tester son odorat place Masséna à Nice. © Djamel Mouaki / France Télévisions

Respirer une odeur de citron ou de cannelle, pour vérifier son odorat, ce test est mis au point en ce moment par des chercheurs de l'institut de chimie de Nice. Il pourrait être un outil supplémentaire dans la détection de la Covid-19.

Des chercheurs de l'Université Côte d'Azur (UCA) se sont livrés jeudi à une expérience de science participative auprès des passants de Nice pour calibrer un futur test précoce, rapide et peu onéreux du Covid-19 par le symptôme de la perte d'odorat.
"Cannelle ? Agrume ? Intensité de zéro à six ?" Place Massena, une centaine de badauds ont humé des bandelettes de papiers odorisées et répondu à un court questionnaire mis au point par l'équipe associant le CHU de Nice et l'école de commerce Edhec.

"Le but est de venir en appui d'autres symptômes, la température ou le mal de tête. A la grosse différence près que la perte d'olfaction, partielle ou anosmie totale, est précoce et présente chez 60 à 80% des sujets atteints par le virus"

Pr Serge Antonczaak, chimiste à l'UCA

Le kit, dont la fabrication associe l'entreprise grassoise Carestia, qui développe des technologies d'imprégnation de bandelettes de papier, devrait être d'abord déployé dans les Alpes-Maritimes.
"Le but est de venir en appui d'autres symptômes, la température ou le mal de tête. A la grosse différence près que la perte d'olfaction, partielle ou anosmie totale, est précoce et présente chez 60 à 80% des sujets atteints par le virus", a précisé à l'AFP le Pr Serge Antonczaak, chimiste à l'UCA.
En Corée du Sud, des soldats ont été testés à leur entrée dans les camps militaires en sentant du vinaigre de pomme. "Le vinaigre de pomme était facile à utiliser en l'absence d'autres moyens mais il stimule aussi le sens de la douleur, et c'est donc moins discriminant" que les formules mises au point à Nice, estime Jérémie Topin, maître de conférence spécialisé dans la chimie de l'olfaction à l'UCA.

Aider pour d'autres maladies

Le projet, au-delà de la lutte contre l'épidémie de coronavirus, pourrait avoir d'autres débouchés puisque la perte d'olfaction intervient dans de nombreuses autres pathologies. Les malades d'Alzheimer par exemple n'y font pas toujours attention et ne consultent souvent que pour une casserole oubliée sur le gaz ou des clés de voiture perdues.
Or, souligne le Dr Renaud David, associé aux recherches de l'institut de chimie de l'UCA, "la perte de perception des odeurs est un symptôme des maladies neurodégénératives".
Ce symptôme est même "très précoce et l'aire de l'olfaction dans le cerveau est très proche de celle de la mémoire", ajoute ce psychiatre qui conduit également des recherches sur l'utilisation de certaines fragrances pour apaiser ces personnes âgées.

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