La mère d'Eric Ciotti, hospitalisée et prise en charge par la Sécurité sociale depuis 18 ans : le directeur de l'hôpital répond

La mère d'Eric Ciotti est hospitalisée depuis 2004 dans un service de soins pourtant réservé à des séjours de courte durée dans l'arrière-pays des Alpes-maritimes. Le directeur des hôpitaux de la Vésubie, où elle séjourne, a précisé les conditions de cet accueil de longue durée.

C'est un article de Mediapart que dénonce le président des Républicains Eric Ciotti. Ce mardi 17 janvier, il a jugé les informations révélées comme "indignes".

Dans un article paru ce 16 janvier, le journal revient sur les conditions de prise en charge de sa mère paralysée suite à un AVC.

Le journal affirme que la mère du député des Alpes-Maritimes occupe depuis plus de 18 ans une place dans un hôpital de la vallée de la Vésubie "pourtant réservé à des soins de courte durée". Dans ce service, "la prise en charge est entièrement assurée par la Sécurité sociale" (hors forfait hospitalier), ce qui aurait permis à la famille Ciotti d'économiser "plus de 526.000 euros" selon Mediapart (article réservé aux abonnés).

Ce n'est pas moi qui gère son hospitalisation, mais des médecins qui ont décidé de sa situation. On est allé fouiller dans le dossier médical de ma mère qui est tétraplégique. Que la politique atteigne ce niveau de caniveau, qu'on vienne dire que ma mère ne peut pas avoir droit à certains soins dans l'état où elle est, c'est dégueulasse. Je crois que l'on atteint le sommet de l'ignoble.

Eric Ciotti sur BFM TV ce mardi.

Une de nos équipes s'est rendue ce mardi au centre hospitalier Jean-Chanton à Roquebillière.

Le Centre Hospitalier Intercommunal de la Vésubie (Centre Jean Chanton) fait partie du Groupement Hospitalier de Territoire (GHT) des Alpes-Maritimes dont l’établissement support est le C.H.U de Nice. Comme indiqué sur son site, ce centre dispose sur place de 8 lits de médecine, 19 lits de soins de suite et de réadaptation (SRR) dont 2 lits identifiés soins palliatifs.

L’établissement est éligible à l’aide sociale départementale, à l’allocation personnalisée d’autonomie et à l’allocation logement.

Le directeur des hôpitaux de la Vésubie Philippe Maddalena n'a pas souhaité entrer dans le détail de dossier et s'exprimer sur "l'état de santé d'une personne en Soins de Suite et de Réadaptation -SSR." 

"Suivant les pathologies de certaines personnes, elles peuvent rester plusieurs années en service SSR. C'est le cas pour d'autres patients dans l'établissement", a-t-il précisé à Nathalie Layani et Christophe Napoli de France 3 Côte d'Azur.

Quant à savoir sir d'autres patients sont aussi en séjour long dans ses services, durant plus de 15 ans ? : "Il peut y avoir des patients qui relèvent de cette prise en charge. Il y en a eu dans le passé, il peut y en avoir de nouveaux. Nous avons déjà eu des patients dans ce cas de figure qui sont restés plusieurs années."

Pourquoi ces personnes ne sont pas transférées en soin de longue durée ? 

Philippe Maddalena : "c'est, car leur pathologie nous permet de les garder en SSR. En unité de soins de longue durée, ce sont des personnes qui ont d'autres pathologies et besoin d'autres types de prise en charge. Ce n'est pas forcément la suite logique d'aller vers ces structures."

"C'est un choix médical, pris par l'équipe sur la base des vérifications de la pathologie de la personne qui nous décidons de son séjour en SSR pour une durée très longue ou pas. Nous n'avons pas d'unité de soins de longue durée (USLD) dans la vallée."

Les USLD (unités de soins de longue durée) sont des structures d’hébergement et de soins accueillant des personnes dont l’état nécessite une surveillance médicale constante. 

Faut-il une dérogation pour rester en SRR ?

Philippe Maddalena : "dans le cas présent, le séjour est médicalement justifié, sans demande de dérogation."

Le coût est différent entre les deux séjours SSR et USLD...

"Oui, c'est une prise en charge distincte, mais encore une fois, liée à la pathologie de la personne. On ne met pas une personne dans un service ou dans un autre en fonction des places ou du manque de place... Ou de critères subjectifs. C'est lié à des prises en charge justifiées médicalement. Et que je n'ai pas, ni à connaître, ni à exposer, du fait du secret médical. 

La famille Ciotti vous a-t-elle demandé un maintien en SSR ? 

"Absolument pas. Aucune pression de qui que cela soit n'est faite à l'établissement pour hospitaliser ou maintenir une personne dans tel ou tel service. Tout se fait en fonction de l'état de santé des patients. Cette prise en charge n'est absolument pas particulière, spécifique ou dérogatoire ou quoi que ce soit."

Est-ce que des personnes auraient besoin d'être aujourd'hui en SSR mais ne peuvent pas l'être faute de place ? 

"Non, absolument pas. Nous avons 19 lits en SSR, ils sont occupés, parfois non. Actuellement, nous devons avoir 2 ou 3 lits disponibles. Cela varie quotidiennement en fonction des admissions. Personne ne prend la place de personne, si le séjour est justifié et que la personne doit être maintenue en SSR, elle ne prend la place de personne. On pourrait avoir le même raisonnement pour d'autres personnes qui sont aussi restées plusieurs années, en se disant : elles sont restées trop longtemps et n'ont rien à faire ici.

Mais, non. Encore une fois, ces pathologies permettent de garde dans le service un patient pendant plusieurs années. Et je dirais que c'est tant mieux, car c'est approprié à la personne."

Selon Mediapart, un transfert aurait été proposé à la famille vers un établissement de long séjour à Nice. Elle aurait refusé.

"Je ne le sais pas. Je n'ai rien à dire sur cela."

Dans ce service de soins de suite SSR, la prise en charge est entièrement assurée par la Sécurité sociale" (hors forfait hospitalier), ce qui aurait permis à la famille Ciotti d'économiser "plus de 526 000 euros" selon Mediapart.

Devez-vous justifier le maintien en SSR auprès de la CPAM des frais engagés ?

Philippe Maddalena : "les conditions des séjours sont connues à la fois des autorités et de la Sécurité sociale. Donc, tout le monde est au courant des modalités. S'il y a eut des contrôles, je n'en ai pas connaissance. Je n'ai aucun retour de quoi que cela soit." 

À l'antenne de BFM ce mardi matin, Eric Ciotti a annoncé qu'il "dénoncerait toutes les attaques qui seront portées sur ce sujet."

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