La ministre de l'Éducation nationale demande la fermeture d'un collège musulman de Nice

Nicole Belloubet a annoncé, ce lundi, avoir demandé à la rectrice de l'académie de Nice de fermer le collège musulman Avicenne pour des raisons de "financement opaque".

Les belles histoires du dimanche
Découvrez des récits inspirants de solidarité et d'altruisme, et partez à la rencontre de la générosité. Émotions garanties chaque dimanche !
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "Les belles histoires du dimanche". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

Interrogée ce lundi lors de l'émission de Télématin sur France2, la ministre de l'Éducation nationale a affirmé que le collège Avicenne de Nice (Alpes-Maritimes) : "après plusieurs relances, n'était pas très clair sur ses sources de financement. C'est contraire à la loi de 2021, la loi antiséparatisme."

Un des objectifs principaux de cette loi est d'inciter les cultes et les établissements religieux à ne pas dépendre des financements étrangers.

Nicole Belloubet ajoute : "c'est la raison pour laquelle j'ai demandé à la rectrice de Nice (...) de proposer au préfet la fermeture de l'établissement".

La ministre précise que la fermeture sera demandée pour la rentrée de septembre et que les élèves seront répartis dans d'autres collèges à proximité.

Ce lundi après-midi, le préfet des Alpes-Maritimes indique qu'il lance une "procédure contradictoire préalable à la possible fermeture administrative de l'établissement". Poursuivant : "totale détermination à combattre toutes les expressions d'enfermement communautaire et de séparatisme".

Un collège ouvert en 2015

Le collège Avicenne a ouvert à Nice à la rentrée de septembre 2015, devenant le premier établissement musulman créé dans le département des Alpes-Maritimes. À l'époque, de nombreux élus, dont le maire de Nice Christian, Estrosi s'étaient opposés à son ouverture.

Dans un communiqué ce lundi, il soutient la volonté du gouvernement de "fermer cet établissement qui s’est mis en dehors du pacte républicain. La gravité des faits qui sont reprochés au collège Avicenne démontre combien le séparatisme est à l’œuvre partout. Il doit être combattu sans relâche et avec vigueur".

Un "financement opaque"

Le collège Avicenne n'est pas attaqué pour le contenu de ses enseignements mais pour un problème lié à l'origine de son financement, sans plus de précisions à ce stade.

Sur les vidéos et les photos publiées sur les réseaux sociaux du collège, sont visibles des cours variés et des élèves libres de porter ou non le voile musulman.

Comme dans les établissements catholiques, protestants ou juifs, il est possible de suivre un enseignement religieux, en option dans le collège : "basé sur une approche et une interprétation réfléchie des textes", peut-on lire sur le site internet.

Cet établissement privé situé dans le quartier de l'Ariane affirme détenir un taux de réussite de 92% au brevet des collèges.

En juin 2023, la Cour des comptes avait, dans un rapport, demandé au gouvernement un renforcement des contrôles de l'État concernant les établissements privés. Cette demande concernait aussi bien le contenu pédagogique que le financement.