Les vigiles privés de la brigade Gaida au chevet du quartier des Moulins à Nice

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Après d'autres grandes villes du pays, Nice a désormais son Groupement d'Agents Interbailleurs contre les Désordres et les Abus. Elle vise à améliorer la sécurité dans les quartiers difficiles. ©MICHEL BERNOUIN ET EMMA ARNAU

Ils viennent de prendre leur fonction. Ces employés d’un groupement associant les bailleurs sociaux et la ville de Nice sont chargés de créer du lien avec la population et de faire de la prévention dans un quartier connu pour sa délinquance et son trafic de stupéfiants.

"Quand on sort, on a peur, il y a des tirs ! Mes enfants tiennent une épicerie, j'ai toujours peur pour eux !" Voilà le constat d'Houria Chahed, une mère de famille qui habite "les Moulins" à Nice. Situé au sud-ouest de la ville, il s'agit d'un quartier prioritaire composé de grands immeubles sur 63 hectares. Environ 7 000 personnes y vivent. 

Une brigade de vigiles privés a été dépêchée sur le site. Les 14 agents de GAIDA pour l'instant, 17 à terme, patrouillent en bas des tours et font du repérage.

Gaida, ça veut dire "garde" en Nissart. En l'occurrence, il s'agit du Groupement d'Agents Interbailleurs contre les Désordres et les Abus.

Son directeur ? Eric Zuber. 

On fait la reconnaissance de tous les immeubles, cages d'escalier, sous-sols, garages, caves, toits-terrasses. On va faire remonter à nos bailleurs tous les dysfonctionnements plus les infos de type sécuritaire qui sont plutôt à destination des forces de l'ordre.

Eric Zuber, directeur du Groupement Agents Interbailleurs contre les Désordres et Abus

Une formation spécifique

Difficile de ne pas les voir dans les rues. Les agents portent un uniforme renforcé, un gilet tactique, une casquette avec coque et à la ceinture, une matraque télescopique et une bombe lacrymogène.

Tous ont une expérience dans la sécurité  : anciens membres des forces de l'ordre, anciens vigiles ou encore gardes du corps. Il y a aussi deux maîtres chiens !

Ils doivent avoir suivi une formation de quatre mois durant laquelle ils revoient la législation et les tactiques de terrain. 

Les habitants de la ville adhèrent-ils à Gaida, cette expérimentation de "milice privée" dans un quartier gangréné par les trafics en tout genre ? L'un d'eux semble dubitatif. " La racaille, elle, n'a pas peur. Peut-être qu'avec des agents et avec des chiens, ça va changer quelque chose ? On verra dans quelques mois ce que ça va donner !"

Une première dans la région PACA

Fort du succès des modèles similaires comme le GPIS à Paris, le GSRI à Montpellier, et le GITES dans les quartiers sensibles de Toulouse, Nice expérimente donc ce système de prévention au contact des habitants et c'est la première commune de la région PACA à s'engager dans ce dispositif. Il a un coût : 1,8 million d'euros, deux tiers à la charge des bailleurs, le reste pour la ville de Nice.

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