Nice : la communauté scientifique internationale se réunit pour "détourner" les astéroïdes

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Du 30 mai au 3 juin, Nice accueille le colloque de la mission spatiale Hera de l’agence spatiale européenne (ESA). Des scientifiques dédiés à notre protection contre le risque d’impact d’astéroïdes.

Six mois et quatorze jours. C’est le temps qu’il reste à la Terre avant une collision avec une comète (de 10 km de diamètre), dans le film satirique Don’t Look Up : déni cosmique, sorti en décembre 2021, sur la plateforme Netflix.

À partir de l’instant où les scientifiques comprennent l’imminence du désastre, une course contre la montre désespérée s'engage pour convaincre la Maison-Blanche d’organiser la riposte. Les cris d’alarme de la science vont, hélas, se heurter au mépris des médias et des politiques… Jusqu’à l’inévitable catastrophe. 

Est-ce que cette fiction pourrait un jour devenir réalité ? Un corps céleste, pourrait-il s'abattre sur la terre ? 

La communauté scientifique tente en tout cas de se préparer, à intervenir si la situation se présentait : 

L'objectif, c'est de pouvoir détourner un astéroïde le jour où il arrivera sur la terre. Découvrir de quoi ils sont fait, comment ils sont fabriqués.

Observatoire Nice Côte d'Azur

Une collaboration internationale de défense planétaire 

Hera, la première mission de défense planétaire de l'Agence spatiale européenne (ESA) est en cours de développement suite à la signature d'un contrat de 129,4 millions d'euros attribué mi-septembre 2020. 

Cette mission est une collaboration internationale de défense planétaire entre des scientifiques européens, et américains. Du 30 mai au 3 juin 2022, se réunit à Nice la communauté scientifique dédiée à notre protection contre le risque d’impact d’astéroïdes, sous l’égide de l’Observatoire de la Côte d’Azur

Les données recherchées couvrent : 

un nombre de domaines incroyable qui vont de la géologie à la physique des impacts, en passant par l’étude des milieux granulaires

Patrick Michel, investigateur principal de la mission Hera, à l'Observatoire Nice Côte d'Azur

Il y a aussi l’interprétation des données spectrales qui donnent accès à la composition de l’astéroïde et l’interprétation des données radar pour la structure interne. 

La mission spatiale Hera est capitale pour la défense planétaire, car elle participe au premier test de déviation d’un astéroïde avec la mission DART de la NASA et vise l’étude et la compréhension d’un astéroïde géocroiseur (une catégorie pouvant représenter un danger pour notre planète.)

Impact prévu en septembre 2022 

La sonde DART a ainsi été lancée par la NASA le 24 novembre dernier. Après une phase d’observation, elle ira s’écraser volontairement à la surface du petit astéroïde Dimorphos (une lune de 160 m de diamètre en orbite autour de Didymos, un astéroïde de 780 m de diamètre), fin septembre 2022. 

En vidéo, le décollage de la sonde : 

Ce test "sera historique", avait déclaré lors d'une conférence de presse Tom Statler, scientifique de la NASA participant à cette mission.

Pour la première fois, l'humanité va changer le mouvement d'un corps céleste naturel dans l'espace.

Tom Statler, Nasa

Il ne s'agit que d'une répétition générale, l'astéroïde visé ne représentant en rien une menace pour la Terre. Hera aura la délicate tâche d'effectuer une étude détaillée post-impact afin de transformer cette expérience à grande échelle en une technique de déflexion d’astéroïde maîtrisée et reproductible.