A Nice, les employés d’EDF et d’Engie opposés au projet "Hercule" dénoncent un "démantèlement" du groupe

Les représentants du secteur de l'énergie protestent contre le projet "Hercule" et dénoncent un « démantèlement » du groupe EDF. A Nice, les syndicats se sont entretenus avec le député LREM Cédric Roussel pour exposer leur colère. 

Plusieurs organisations syndicales, dont la CGT, ont appelé à la grève ce jeudi 28 janvier dans le secteur de l'énergie. Ils dénoncent une "attaque historique au service public". En cause : le plan Hercule de restructuration d'EDF. 

Le PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy avait été chargé en 2018 par les pouvoirs publics de proposer un schéma de réorganisation de l'entreprise détenue à près de 84% par l'État.

Le projet est en cours de discussions entre Paris et la Commission européenne, il comprend la création de trois branches distinctes :

Cette dernière serait soumise à une forme de "privatisation", en effet, son capital deviendrait ouvert à 35 % aux investissements privés. Une décision qui n'est pas au goût des syndicats. 

Nous avons montré pendant 75 ans que l'énergie publique répondait avec l'énergie la moins chère d'Europe. 

Patrick Santo, CGT énergie 06

 

Une scission au coeur des tensions 

"Dès lors que nous aurons une vision plus claire de la position définitive de la Commission européenne", nous rendrons compte de la situation aux organisations syndicales, s'est engagé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. 

"Sur ce sujet, aujourd'hui nous n'y sommes pas encore", a-t-il estimé, le 12 janvier, lors de la présentation de ses voeux à la presse. Selon lui, EDF qui connaît de grandes difficultés financières, "va dans le mur" et a besoin de se transformer. 

Mais pour les syndicats cette décision pèserait sur la facture énergétique des consommateurs. Patrick Santo, délégué syndical à la CGT énergie 06 demande au gouvernement d'investir plus d'argent en tant qu'actionnaire majoritaire et de laisser ce projet de côté. 

"On ne peut pas engager une réorganisation comme EDF sans passer par le débat parlementaire et sans associer les syndicats", avait assuré devant l'Assemblé nationale Barbara Pompili, Ministre de la Transition écologique le 19 janvier dernier.

5ème jour de mobilisation en moins de deux mois 

Ce jeudi 28 janvier, à Nice, le rendez-vous pour la mobilisation était à la permanence du député LREM Cédric Roussel.

Les pourparlers se sont déroulés dans le calme. Au terme de la discussion, le député Cédric Roussel s'est engagé à lancer un débat national. Une demande qui avait également été faite par d'autres élus. 

Autre point de discorde, la réglementation énergétique RE 2020, qui prévoit l'interdiction du gaz dans les bâtiments neufs d'ici 2024.

"La mort annoncée du gaz", dénoncent les syndicats.

A Nice, lors de sa mobilisation, la CGT énergie 06 a demandé un audit sur les tarifs du secteur de l'énergie en France et la démission du PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy.

En symbole, les syndicats ont abandonné des compteurs électriques au pied de la permanence de Cédric Roussel, le message est clair : il doit tenir sa promesse. 

La mobilisation continue. Le 10 février, un appel à la grève générale est relancé par tous les syndicats – le jour même de l’audition de Jean-Bernard Lévy au Sénat sur le sujet.

Parallèlement, des associations et des partis politiques ont annoncé la création d’un « collectif national pour un véritable service public de l’énergie ».

Cette structure, soutenue par la CGT et Sud Energie, rassemble notamment le PS, le PCF et LFI, ainsi que l’association altermondialiste Attac. 

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