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Nice : manifestante blessée, polémique après l'interpellation des “street medics”

Des membres des "street medics" ont été interpelés samedi 23 mars à Nice, secteur Garibaldi. / © François Vignola - MAX PPP
Des membres des "street medics" ont été interpelés samedi 23 mars à Nice, secteur Garibaldi. / © François Vignola - MAX PPP

La polémique enfle après l'interpellation des "street medics" pendant la manifestation des "gilets jaunes" samedi 23 mars à Nice. Qui sont ces secouristes ? Leur interpellation a-t-elle retardé la prise en charge de la manifestante grièvement blessée ? Voici quelques éléments de réponse.
 

Par Aline Métais

Après la charge des CRS, la polémique. Que s'est-il passé après l'intervention des CRS pour disperser la foule ? L'interpellation des "street medics" a-t-elle retardé la prise en charge de Geneviève Legay, 73 ans, manifestante altemondialiste grièvement blessée à la tête ? Et qui sont exactement ces secouristes de manifestation baptisés "street medics" ? Une polémique qui enfle après un samedi 23 mars sous haute tension à Nice. 
 

Interpellation

La plupart des "street medics" sont des personnels soignants. Notre équipe, Jean-Christophe Routhier et Frédéric Tisseaux, ont recuilli leur témoignage, voici leur reportage : 
 
A Nice, une dizaine de "street medics" a passé plus de 10 heures en garde à vue samedi 23 mars.

Sabrina Belaïd, infirmière en hématologie à l'hôpital l'Archet 1 à Nice, explique les conditions de leur interpellation : 

On nous a empêché de faire ce pourquoi on était là, c'est ce monsieur qui a l'écharpe tricolore, le commissaire divisionnaire. Même les policiers sur place étaient outrés et ne savaient pas quoi faire.


Une vidéo postée sur You Tube montre l'interpellation des "street medics". Arrivé à 11h place Garibaldi, l'auteur de cette vidéo a assisté à la charge des forces de l'ordre qui dispersait la foule. En s’éloignant, il a entendu les "street medics" se faire prier de rester sur le côté car une dame était gravement blessée.
 

Dans un premier temps, les forces de l’ordre auraient demandé de l'aide aux medics pour ensuite les interpeller. Une dizaine d'entre eux a été interpelée. Ils ont passé la journée au commissariat. 

On entend l'un des secouristes dans cette vidéo :

On part en garde à vue parce qu’on porte secours à des gens ! 

Le point avec le procureur de la République de Nice. Lors d'une conférence de presse ce lundi soir, il a précisé "que les secours n'ont pas été empéché de rejoindre les blessés".


Qui sont les "street medics" ?

En français, les médecins de rues. Ce sont les secouristes qui interviennent lors des manifestations. A Nice, comme la manifestation n'était pas déclarée et interdite dans ce périmètre, la Croix Rouge ne peut pas intervenir. Emilie Paysant, est "street medic", elle nous explique ses motivations et son incompréhension face à l'interpellation qu'elle a subie : 

 
Nice : Emilie Paysant, "street medics"


Comment les distingue-t-on des pompiers ou des manifestants ?

A Nice, samedi, ils portaient un tee-shirt blanc avec une croix noire dessinée dessus. Certains étaient des "hospitaliers en colère" bénévoles qui ont rejoint cette manifestation interdite car ils redoutaient des blessés. Tous ne sont pas militants pour autant. Certains sont médecins, d’autres pas. La plupart a un brevet de secouriste. Ils forment des petites équipes très mobiles, de 4 à 6 personnes, qui interviennent dès que la manifestation devient dangereuse. Parfois même avant l’arrivée des pompiers.
 

Pas de slogan


Sur Facebook, Thierry Paysant, "street medic" pendant la manifestation de samedi, dénonce  cette interpellation. "C'est une honte", affirme-t-il :

On est tous hospitaliers, tous formés pour faire ça, on n'est pas là pour s'amuser !


Il explique qu'aucun d'entre eux ne portait de slogan. Les "street medics" se positionnent à proximité de la foule pour éviter d'être confondus avec les manifestants. Il précise que les pompiers n'ont pu intervenir que 10 minutes après la chute de Geneviève Legay. 10 minutes vitales pour faire un bilan médical de la victime. 


 

 

"Violences volontaires en réunion" et "subornation de témoin"



Que s'est-il passé exactement samedi ? Une enquête a été ouverte par le procureur de la République de Nice. Les filles de la victime ont également déposé plainte pour "violences volontaires en réunion par personne dépositaire de l'autorité publique" et "subornation de témoin". Une plainte déposée ce lundi 25 mars par leur avocat parisien, Me Arié Alimi. Une plainte déposée également contre le préfet des Alpes-Maritimes Georges-François Leclerc pour "complicité de violences volontaires aggravées". 
 

Premiers soins


Tout l'enjeu est de savoir si cette interpellation a empêché de prodiguer les premiers soins à la manifestante altermondialiste. L'affaire est désormais dans les mains de la justice. En attendant, Emmanuel Macron lui a souhaité un prompt rétablissement tout en précisant qu'il faut avoir un comportement "sage". Un message diversement apprécié.

 

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