"On a été encore incommodé" : à Nice, des nuisances olfactives ressenties ces derniers jours, des résultats d'analyses antérieures attendus lundi

Ces derniers jours, des signalements ont été encore effectués à Nice. Des habitants ont senti des nuisances olfactives. Les résultats de prélèvements antérieurs, réalisés par AtmoSud, sont attendus ce lundi 4 mars, au plus tard.

Ce jeudi 29 février, Hélène Granouillac se fait le relai de nouvelles nuisances olfactives, dans le sillage de l'épisode des odeurs nauséabondes ressenties ces dernières semaines par une partie des habitants de Nice. La présidente et fondatrice de l'association Terre Bleue, et conseillère métropolitaine écologiste raconte au micro de France 3 Côte d'Azur qu'elle a dû fermer ces fenêtres dans la matinée du 29 février à cause de nouveaux désagréments.

"C'est moins fort et moins présent que les fois précédentes, ça dure moins longtemps, mais on a été encore incommodé" explique Hélène Granouillac. Elle affirme que le dernier week-end de février, des signalements ont encore été effectués.

Des analyses sur la qualité de l'air, antérieures à ces dernières journées de février sont en cours, elles seront disponibles ce lundi 4 mars au plus tard sur le site d'AtmoSud. "Les résultats des analyses du laboratoire nous ont été transmis, mais il faut qu'ils soient analysés en interne", explique Sylvain Mercier. 

D'où proviennent ces odeurs ? Les polluants qui ont été recherchés sont des Composés Organiques Volatils (COV), du sulfure d'hydrogène (H2S) et des polluants particulaires, expliquent le site d'AtmoSud. 

Des odeurs incommodantes début février

Il y a quelques semaines, le 5 février au matin, de nombreux Niçois se sont réveillés en ressentant une odeur très gênante, notamment dans le quartier de Cimiez. Des centaines de signalements de riverains ont été relevées en une semaine. Le pic était lors de la journée du 12 février, avec 77 alertes. 

Plus de la moitié des signalements étaient liés à des symptômes comme des maux de tête, des irritations au niveau des yeux ou du nez et des difficultés à respirer. Les habitants ont comparé cette odeur à celle du gaz, de l'œuf pourri, du soufre, mais aussi à celle du brûlé, ou encore celle de l'essence ou d'hydrocarbures. 

Identification d'une zone d'émission 

Ces alertes ont été prises très au sérieux par la Métropole et la mairie de Nice. "Face à cette situation préoccupante et en l'absence d'explication quant à son origine, je vous prie de bien vouloir m'indiquer rapidement les mesures que vous comptez mettre en œuvre pour protéger nos populations et mettre fin à ces nuisances", avait demandé Christian Estrosi dans une lettre au préfet, lundi 5 février. 

L'organisme AtmoSud s'est lui autosaisi. Il a mis un dispositif de surveillance en place, mi-février, pour identifier les origines de ces nuisances. En fonction des différents signalements, AtmoSud a élaboré un plan de surveillance des points de mesures ciblés sur certains quartiers comme Libération, Cimiez, Rimiez, et à proximité de l'Hôpital Pasteur.

"On a fait de la rétromodélisation. On est parti des points de signalements et on est remonté dans le temps heure par heure pour observer le déplacement de la masse d'air. Ce qui nous a permis d'identifier une zone, celle qui serait associée à ces nuisances", confie Sylvain Mercier.

Selon les analyses d'AtmoSud, la zone d'émission la plus probable se trouverait dans le secteur de la Trinité, à proximité de l'Autoroute A8, au nord-est de Nice. Les premiers résultats des prélèvements sur 24 heures, réalisés le 13 et 14 février, ne montrent pas de différences de concentrations de fond avec le point témoin à l’Escarène, un quartier non touché par les nuisances. 

Le 13 février, l'association Terre Bleue a recueilli de nombreux témoignages. Hélène Granouillac restait sur ses gardes tout en mettant en doute une société de construction bien connue : "Des riverains de l'usine m'ont signalé que le four était éteint aujourd'hui et bizarrement les odeurs ont presque disparu".

Lorsqu'elle est interviewée ce jeudi 29 février par France 3 Côte d'Azur, la présidente et fondatrice de l'association Terre Bleue se dit très étonnée "que personne ne soit en mesure de donner des explications" quant au lieu précis de ces émissions.

On nous a simplement expliqué qu'il y avait un périmètre qui avait été déterminé, ce n'est pas neutre comme information, mais est-ce que dans ce périmètre, on a pu chercher un site ou un dysfonctionnement sur une canalisation ou je ne sais quoi ? On est dans un flou total.

Hélène Granouillac, conseillère métropolitaine écologiste

L'élue a déposé plainte pour atteinte à la santé publique et à l'environnement.