Réchauffement climatique : des poissons toxiques prolifèrent dans la mer Méditerranée

La mer Méditerranée est en surchauffe. Sous l’eau, les températures élevées en constante augmentation favorisent la migration de poissons exotiques. Ces nouvelles espèces sont souvent toxiques et menacent la survie des organismes vivants.

Avec une température moyenne de 25°C, la mer Méditerranée est bien plus chaude qu’à l’accoutumée à cette période de l’année. En général, au mois de juin, il fait trois degrés de moins dans l’eau. Cette augmentation généralisée de la température de l’eau est une mauvaise nouvelle pour la survie de la vie sous-marine.

Des poissons toxiques et dangereux pour l’Homme

Benoît Derijard est inquiet. Ce chercheur en écologie marine au CNRS et à l’Université Côte d’Azur vient d’achever une mission scientifique en Crète (Grèce). Au cours de ses explorations, l’universitaire a notamment identifié des mammifères marins exotiques qui ne devraient pas se trouver dans la mer Méditerranée. 

Certains poissons comme le poisson-ballon sont bien connus pour leur toxicité” explique le scientifique.  Ces poissons peuvent représenter un réel danger pour l’Homme. “Si on se fait piquer par la rascasse volante  ça peut être très douloureux et éventuellement mortel”, alerte Benoît Derijard. 

Au moins 1 000 espèces exotiques recensées

Ces poissons, arrivés tout droit de l’océan Indien, ont été attirés par les températures plus chaudes de la mer Méditerranée et de la mer Rouge en raison du dérèglement climatique. “Les espèces exotiques qui remontent par le canal de Suez sont dangereuses pour les écosystèmes”, avertit Benoît Derijard. 

Les poissons se font manger par des carnivores invasifs. Les forêts d’algues se font dévorer par d’autres espèces qui sont herbivores

Benoît Derijard, chercheur au CNRS et scientifique à l'Université de Nice Sophia Antipolis

Dans son laboratoire de Nice, le scientifique tente de lutter contre l’appauvrissement des fonds marins. Il veut notamment préserver les forêts d’algues grâce au prélèvement puis à la réintroduction de jeunes pousses d’algues. “Cela va leur permettre de se développer  à maturité dans ces aquariums pour pouvoir ensuite les réimplanter dans leur milieu naturel”. 

En raison du réchauffement climatique, près de 1000 espèces exotiques ont déjà migré dans la mer Méditerranée ces dernières années. Avec l’augmentation constante des températures, le phénomène pourrait se généraliser.