De la Provence au monde entier : ITER ou l’énergie du futur

Le site d'ITER à Saint-Paul-lès-Durance. / © Drone Riche July Platform.
Le site d'ITER à Saint-Paul-lès-Durance. / © Drone Riche July Platform.

Europe, Etats-Unis, Russie, Chine, Inde, Japon et Corée du Sud sont les 7 partenaires principaux du projet ITER.
Ces pays se sont regroupés pour une collaboration scientifique sans équivalent dans l’histoire.
 

Par Eliane Tourtet


La construction du plus grand tokamak jamais réalisé est un projet mondial gigantesque visant à créer l’énergie du futur.
Frédéric Soulié rencontre Thierry Cerisier, l’un des ingénieurs de ce grand projet.

A VOIR dans VAQUI dimanche 8 décembre à 10 h 45.

VAQUI-REPORTAGE : Eliane Tourtet.


Créer l’énergie du futur et la mettre à la disposition de tous, tel est projet d’ITER implanté à Saint-Paul-lès-Durance. ITER signifie en anglais International Thermonuclear Experimental Reactor, en français le réacteur thermonucléaire expérimental international.
ITER c’est aussi le chemin en latin.

ITER un grand projet international

C’est même le plus grand projet scientifique international.
Il rassemble 35 pays pour reproduire, sur terre, l’énergie qu’on trouve dans le soleil et les étoiles. Thierry Cerisier est l’un des ingénieurs du projet. Pour lui, c’est un projet majeur.

Si nous arrivons un jour à maîtriser l’énergie de fusion, tout le monde pourra avoir de l’énergie disponible.

Le but est de mettre de l’énergie à la disposition de tous.
Les combustibles de la fusion sont disponibles dans l’eau de mer et dans la terre. On est loin des problématiques des énergies fossiles comme le pétrole ou l’uranium.
Le tokamak, le coeur d'ITER. / © ITER Organization.
Le tokamak, le coeur d'ITER. / © ITER Organization.


La réaction de fusion

ITER obtiendra des réactions de fusion à partir de deux isotopes de l'hydrogène, le deutérium (dans l’eau de mer) et le tritium (dans la terre)
La réaction de fusion aura lieu dans cette chambre à vide. Les particules vont se transformer, à grande vitesse. Elles se rencontrent et s’agrègent pour former un atome plus lourd.
C’est la réaction de fusion.
L'immense chantier d'ITER à Saint-Paul-lès-Durance. / © Frédéric Soulié / France Télévisions
L'immense chantier d'ITER à Saint-Paul-lès-Durance. / © Frédéric Soulié / France Télévisions

De gigantesques bâtiments

La France fourni la terre provençale à Saint-Paul-lès-Durance. La contribution de l’Europe prend en charge tous les bâtiments, qu’ils soient en béton ou en métal. Actuellement un très grand espace de plus de 60 mètres de haut accueille d’énormes machines.
Ce sont en fait des outils fabriqués en Corée du Sud assemblés sur le site d’ITER par une entreprise de La Seyne-sur-Mer.

Un chantier au millimètre

Chaque élément, d’un poids pouvant aller jusqu’à 1500 tonnes, est  soulevé et transporté grâce à un pont roulant pour être descendus dans le puits qui va contenir le réacteur de la machine.
Les différentes parties du tokamak, le cœur de la machine, vont venir de différents pays et seront assemblées  dans cette grande salle.
A titre d’exemple, les aimants pèsent le même poids qu’un Boeing 747. La précision de l’assemblage est de l’ordre du millimètre.
C’est là que se trouvera le tokamak.
Thierry Cerisier, ingénieur ITER, et Frédéric Soulié lors de l'enregistrement de l'émission Vaqui pour France 3. / © Frédéric Soulié / France Télévisions
Thierry Cerisier, ingénieur ITER, et Frédéric Soulié lors de l'enregistrement de l'émission Vaqui pour France 3. / © Frédéric Soulié / France Télévisions

Ingénieur spécialiste de l’étanchéité

Thierry Cerisier est spécialiste de l’étanchéité. Tous les équipements branchés sur ITER ne doivent laisser passer ni air, ni eau. Il vérifie la parfaite étanchéité de tous ces. Le vide doit être absolu.
Les scientifiques ont besoin de faire des mesures physiques pour comprendre la physique des plasmas et des réactions de fusion. ITER n’est pas un réacteur de production mais une machine expérimentale.

ITER en provençal 

Ingénieur, polytechnicien, il n’en est pas moins parfaitement provençalophone. Il anime au sein d’ITER un cours de provençal hebdomadaire. Plusieurs de ses collègues, français, roumains, canadiens, anglais, y découvrent la langue et la culture provençales.
Thierry Cerisier a d’ailleurs traduit en provençal un manga créé par l’agence partenaire japonaise pour sa communication interne.

2025 puis 2035  

Le premier plasma, autrement dit la première expérience est prévue pour décembre 2025.
En 2032, la machine sera totalement achevée.
Commencerons alors les expériences nucléaires.

Les reportages de la semaine : 

Eliane Tourtet nous ouvre les portes de la microcentrale hydroélectrique du Cristillan dans le Queyras.
A l’initiative  des communes de Guillestre et Ceillac, on y produit 10 GWh/an soit l'équivalent de la consommation d'électricité de 3700 foyers.

A Piolenc, près d’Orange dans la Vallée du Rhône, découverte de la plus grande centrale solaire flottante d’Europe. Un projet 100% français, qui s’inscrit dans le développement durable de la région au travers d’actions pédagogiques. Reportage de Liza (A.Pannetier)

VAQUI « ITER, l’énergie du futur »,
présenté par Frédéric Soulié et réalisé par Nicolas Mastras.

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