Tempête Alex, 9 morts - Témoignage : "j’ai souri car je me suis dit, enfin, ils sont ensemble"

Pascale Lorentz a perdu sa mère et son beau-père, elle témoigne. Le bilan officiel de la tempête Alex s'alourdit avec neuf personnes décédées et identifiées. Actuellement, neuf personnes sont toujours portées disparues après les intempéries meurtrières du 2 octobre dernier.

Pascale Lorentz a accepté de témoigner après la découverte des corps de ses parents disparus depuis le 2 octobre, leur maison avait été emportée.
Pascale Lorentz a accepté de témoigner après la découverte des corps de ses parents disparus depuis le 2 octobre, leur maison avait été emportée. © Robin Rico - FTV
C'était prévisible, le bilan des intempéries s'alourdit : il s'établit à 9 morts. Deux nouveaux corps ont été identifiés ce jeudi 12 novembre : il s'agit de deux habitants de la vallée de la Roya, un couple. Les deux corps ont été retrouvés en Italie puis ont été identifiés par des médecins spécialisés. 

"On pensait qu’on les retrouverait jamais"

Ces deux personnes âgées avaient été emportées par les flots dans leur maison à Breil-sur-Roya. Au plus fort des intempéries, le couple de retraités n'avait pas pu être évacué de leur maison. Pascale Lorentz a perdu sa mère et son beau-père, dans cette tragédie. Six semaines après leur disparition, elle a accepté de témoigner : « Pour nous c’était important qu’on les retrouve, on pensait qu’on les retrouverait jamais, qu’on retrouverait qu’un seul corps et là on a retrouvé les deux.

Pour nous, c’est immense, c’est immense. Je n’ai pas pleuré, parce que j’ai beaucoup pleuré avant mais là j’étais soulagée, j’ai souri car je me suis dit, enfin, ils sont ensemble ».

Pascale Lorentz, fille de l'une des victimes des intempéries

Il reste désormais neuf personnes toujours portées disparues, selon le parquet de Nice (Alpes-Maritimes). Le bilan est long et difficile à établir notamment en raison de corps exhumés des cimetières qui ont été emportés par les flots. Cette situation complique le travail des gendarmes pour identifier les victimes réelles des récentes intempéries.

La septième victime retrouvée : Gérard Ibars, 77 ans de Saint-Martin-Vésubie

Un septième décès avait été identifé, il s'agit de Gérard Ibars, 77 ans, habitant de Saint-Martin-Vésubie. Le corps du septuagénaire a été retrouvé à Lantosque. Il avait disparu le 2 octobre dernier lors des intempéries avec son épouse Monique, toujours introuvable. Leur maison avait été entièrement emportée lors de la crue de la Vésubie, il ne restait plus que la boîte aux lettres.
A Saint-Martin-Vésubie, la maison du couple a été emportée par la rivière en crue le 2 octobre dernier.
A Saint-Martin-Vésubie, la maison du couple a été emportée par la rivière en crue le 2 octobre dernier. © Captation FTV
Le 13 octobre dernier, leur fils Philippe Ibars, avait alors fait part de son grand désarroi, se raccrochant au témoignage des voisins. Un couple "inséparable". Philippe Ibars avait alors confié à l'équipe de France Télévisions :

"avec mes soeurs, ce qui nous réconforte, c'est qu'ils ont toujours vécu ensemble et si ils sont partis, ils sont partis ensemble".

Philippe Ibars, fils des victimes


► Reportage à Saint-Martin-Vésubie : Anne Domy, Hugo Capelli : Voilà qui porte à neuf le nombre de victimes de ces crues exceptionnelles. Six  semaines après le passage d'Alex, neuf personnes, dont Monique Ibars, restent portées disparues dans les vallées de la Vésubie et de la Roya. 
Le pont Maissa de Saint-Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes) détruit pendant la tempête Alex et photographié le 14 octobre 2020
Le pont Maissa de Saint-Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes) détruit pendant la tempête Alex et photographié le 14 octobre 2020 © MAXPPP / Eric Ottino
Le bilan reste difficile à établir notamment en raison de corps exhumés des cimetières qui ont été emportés par les flots, ce qui complique le travail des gendarmes pour l'identification des victimes des intempéries. 

Travaux colossaux

Provoquées par le passage de la tempête Alex, les crues du 2 octobre ont dévasté certaines parties des vallées de la Vésubie et de la Roya, dans l'arrière-pays niçois. Des travaux colossaux de reconstruction des routes, de ponts, des réseaux d'eau et d'électricité, sont nécessaires désormais pour un coût d'au moins un milliard d'euros. Une reconstruction qui s'annonce longue.
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