Tempête Alex : Le Mas, village sinistré et oublié des Alpes-Maritimes

Le 2 octobre 2020, Le Mas a été l'une des premières communes des Alpes-Maritimes frappées par la tempête Alex. Le village de l'arrière-pays grassois a été gravement touché. Il fait pourtant toujours figure d'oublié dans la liste des communes classées en état de catastrophe naturelle.

Ludovic Sanchez, le maire du Mas (Alpes-Maritimes) : le non-classement de sa commune en état de catastrophe naturelle après le passage de la tempête Alex est pour lui un "oubli incompréhensible".
Ludovic Sanchez, le maire du Mas (Alpes-Maritimes) : le non-classement de sa commune en état de catastrophe naturelle après le passage de la tempête Alex est pour lui un "oubli incompréhensible". © Véronique Varin, FTV
Il était environ 10 heures, ce vendredi 2 octobre. La tempête Alex, dont l'arrivée avait été précédée d'une vigilance rouge de la part de Météo France dans les Alpes-Maritimes, faisait son entrée dans le département.

Le Mas, village de 150 habitants situé dans la vallée de l'Estéron, bien au-dessus de Grasse, est comme ses voisins frappé de plein fouet. Il tombe en quelques heures 270 mm d'eau sur la commune.
 
Plus de six semaines ont passé depuis ces terribles intempéries, et les dégâts sont toujours bien visibles. Ludovic Sanchez, maire de la commune depuis 2008, nous emmène sur le terrain. Rendez-vous au pied du pont qui enjambe la Gironde. Cette minuscule rivière sauvage s'est transformée ce matin-là en torrent furieuxde 15 mètres de large, et a emporté tout un pan de l'ouvrage.
 
Le pont enjambant la Gironde, au Mas, village de l'arrière-pays grassois. Très fragilisé lors de la tempête du 2 octobre, il est toujours interdit à la circulation.
Le pont enjambant la Gironde, au Mas, village de l'arrière-pays grassois. Très fragilisé lors de la tempête du 2 octobre, il est toujours interdit à la circulation. © Véronique Varin, FTV

Très fragilisé, le pont est toujours interdit à la circulation, et avec lui la route qui mène au hameau des Sausses, où vivent une quarantaine de personnes. Ces habitants se retrouvent semi-enclavés.
 

Les habitants ont 20 kilomètres de plus à faire chaque matin puisqu'ils sont obligés de passer par le village qui est en-haut de la commune. Ca a des implications pour amener les enfants à l'école, pour aller faire les courses, pour tout.

Ludovic Sanchez, maire du Mas



En longeant le lit du cours d'eau, on découvre des parcelles, des jardins, eux aussi en partie embarqués par les flots. Selon le premier magistrat de la commune, 10 % des habitants du village ont été sinistrés.
 
Des parcelles en partie emportées par les eaux de la Gironde, au Mas, le 2 octobre 2020.
Des parcelles en partie emportées par les eaux de la Gironde, au Mas, le 2 octobre 2020. © Véronique Varin, FTV


Plus loin, la Route départementale 10. Le cordon ombilical avec la ville de Grasse, située une cinquantaine de kilomètres en aval, et avec toute la zône littorale. Elle aussi est à moitié effondrée.

Si cette route tombe, nous ne pourrons plus aller sur Grasse. Et ça s'aggrave petit à petit. Tous les jours, ça continue de tomber. Et nous n'avons pas encore eu les grosses pluies d'hiver et la neige.

Pas de reconnaissance d'état de catastrophe naturelle

Le 8 octobre, soit moins d'une semaine après le passage de la tempête Alex, l'Etat décide de classer en état de catastrophe naturelle 55 communes des Alpes-Maritimes. Principalement dans les vallées de la Vésubie, et de la Roya, où l'on continue alors à découvrir les images effroyables des villages détruits, et où on recherche encore les disparus.

Le Mas ne fait pas partie de cette liste.

Ni Andon, la commune voisine qui a également subi des dégâts considérables. Les semaines passent, et les deux maires tentent de se faire entendre de l'Etat.

Enfin le 14 novembre, parait au Journal Officiel un nouvel arrêté interministériel qui rallonge la liste des communes reconnues comme sinistrées : sont classées en état de catastrophe naturelle les communes d'Andon, Bouyon, Conségudes, Les Ferres, Gourdan et Saint-Auban. Mais toujours pas trace du Mas.

Indemnisations et travaux bloqués

Pour les habitants sinistrés, cette absence d'état de catastrophe naturelle signifie l'impossibilité de se faire indemniser à ce titre par les assurances. Pour la commune, cela retarde le lancement de travaux de voirie pourtant impérieux, pour rétablir les voies de circulation et d'accès du village.

Pour le maire, il s'agit d'un "oubli incompréhensible", comme il l'a expliqué à notre équipe Véronique Varin et Eric Jacquet. Leur reportage : 
 
Plus d'un mois et demi après la catastrophe, Ludovic Sanchez appelle, une nouvelle fois, l'Etat à l'aide.
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