VIDEO. Plongée dans les coulisses du musée océanographique de Monaco à travers ses explorateurs, inventeurs et chercheurs

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Du haut de son rocher le musée océanographique de Monaco surplombe depuis plus de 110 ans la mer Méditerranée. Et 6 000 mètres carrés sont dédiés aux secrets des profondeurs.

Au XIXᵉ siècle, une nouvelle science fait son apparition : l’océanographie. Sublimes méduses, coraux délicats, hippocampes volants, requins guitare ou requins nourrice. Pour découvrir ces merveilles, il a fallu partir loin. Cette émission de "Vue sur mer" est consacrée aux explorateurs, mais aussi aux inventeurs et aux chercheurs, sans qui rien n’aurait été possible.

Durant sa vie, le Prince Albert Ier a effectué plus de 28 campagnes en Méditerranée, dans l’Atlantique nord, au Cap-Vert et même jusqu’au Spitzberg. De ces explorations, il a rapporté des milliers d’échantillons. Il a été l'un des pionniers au début de l'océanographie. Sa volonté était de la faire connaître et de la diffuser.

Le musée d'océanographie de Monaco a été inauguré en 1910. La pose de la première pierre eut lieu en 1899. À cette époque-là, pas de grue, les pierres étaient acheminées par des chevaux. Celles qui ont servi à construire tout le musée proviennent de la Turbie. Les tailleurs de pierre et sculpteurs intervenaient ensuite directement sur le site.

Ce bâtiment a été conçu pour y abriter les collections exceptionnelles rapportées par Albert Ier lors de ses campagnes océanographiques. Il a également une vocation, dès le départ, à être ouvert aux chercheurs.

Le lagon des prédateurs

Le bassin des requins est un immense aquarium de 450 000 litres d’eau de mer. En Méditerranée, on trouve une cinquantaine d’espèces de requins. Des animaux qui migrent et qui sont aujourd’hui menacés pour certains par l’extinction.

Si ces squales ne mangent que deux fois par semaine, la majorité des locataires du musée océanographique a besoin de se sustenter tous les jours, même lorsqu’ils sont tout petits.

Au musée océanographique de Monaco, parmi les 350 espèces de poissons présentes, la majorité est issue d’échange ou de reproduction au sein même de l’aquarium.

À l'échelle de la planète, les requins sont quasiment tous menacés.

Ils sont victimes de pêche pour leurs ailerons

Olivier Brunel - Chef du service aquarium, Musée Océanographique de Monaco

à "Vue sur mer"

Ils sont par ailleurs pêchés pour leur peau et leur viande. Ils ont aussi une mauvaise réputation, ce qui encourage certaines personnes à les pêcher, à les tuer. "Ils mordent seulement quand ils ont besoin pour se nourrir. Ils sont globalement inoffensifs, précise le spécialiste. En plus, ils ont un rôle essentiel dans la chaîne alimentaire parce que ce sont eux qui nettoient les océans, en mangeant les animaux qui sont malades. Ce sont vraiment des nettoyeurs. Ils ont un rôle essentiel".

Expédition hors norme

De retour après une mission de deux mois dans l'océan Indien, dont l'objectif était de faire de la science, mais aussi d'expliquer pourquoi fait-on de la science et ce que l'on peut en tirer, les scientifiques de la Société des explorations de Monaco ont une mission : mobiliser les gouvernements autour de la protection des océans.

Lors de l'expédition dite "Récolte sur Saya de Malha", les scientifiques ont répertorié la biodiversité benthique, celle qui est attachée au fond. Cette zone abrite l'un des plus grands herbiers du monde.

Plus de 1 000 espèces différentes ont été ramenées. Parmi eux, quelque 300 à 400 mollusques, idem pour des crustacés, le reste étant des spécimens d'algues. Certaines de ces espèces ne sont probablement pas encore connues par l'homme.

Selon Gilles Bessero, directeur opérationnel des Explorations de Monaco, "l'université marine est très vaste, on n'en connaît qu'une toute petite partie. Actuellement, on recense entre 500 000 et deux millions d'espèces potentielles dont on ne connaît aujourd'hui que 250 000 d'entre elles".

Le temps des grands explorateurs, comme Albert Ier, est terminé, mais une autre époque s’ouvre : celle de la science, de la conservation et de la protection de notre environnement.

 #vuesurmer

"Explorateurs, Inventeurs et Chercheurs", une émission de 52 minutes présentée par Sophie Accarias et réalisée par David Bouttin.
Revoir les émissions précédentes ici.