Comment la crise du Covid 19 change nos habitudes de travail

Avec la crise du Covid et les confinements, les aspirations des travailleurs ainsi que les attentes des employeurs ont  beaucoup évolué. Le télétravail est en train de chambouler nos habitudes et de plus en plus de cadres parisiens font le choix de s'installer dans le Sud. 

© FTV

Prendre la route du Sud avec une partie de ses salariés s’est imposé dès le premier confinement à Anaïs Prétot, directrice d’une start-up parisienne spécialisée dans le coaching. Ça a d’abord été un déclic personnel. "A Paris on était 3 dans 50 m2 sans extérieur. A Aix, on a de la chance, on a un jardin et une surface beaucoup plus grande, ce qu’on ne pouvait pas du tout se payer à Paris, explique la jeune femme. On  a vraiment gagné en qualité de vie et je vis beaucoup mieux ce reconfinement."

Des loyers quatre fois moins chers que dans la capitale

Le départ de la capitale a été validé par un vote au sein de l'entreprise. Un tiers des salariés a ainsi choisi de suivre Anaïs, le reste de l’équipe restant à Paris avec son associé. "On a fait la liste de toutes les villes qui étaient à moins de 4 heures de train en direct de Paris, on a voté et on est arrivés à deux villes en N°1, Bordeaux et Aix. On a tranché pour Aix parce que les bureaux étaient moins chers".

En Provence, la société a divisé par quatre son loyer pour une surface identique à celle qu’elle avait à Paris. Stéphane Burolla, conseiller entrepreunarial, a fait ses valises et opté pour du télétravail depuis son domicile, il n’y voit que des avantages. "Quand on m’a dit que je pouvais déménager dans le sud de la France, j’ai saisi cette opportunité pour changer d’air et je ne le regrette pas", assure-t-il. 

35 % de cadres parisiens seraient prêts à franchir le pas après le reconfinement. Un boom des départs qui pourrait être favorisé par une montée en puissance du télétravail après la crise.

Les espaces de coworking ont le vent en poupe

Fortement impactés lors du premier confinement, les espaces de travail partagés ("coworking" en anglais) profitent des assouplissements de la deuxième version. On en compte environ 1700 actuellement en France. "Les gens viennent ici principalement pour télétravailler dans un cadre professionnel", explique Diego Audemard, gérant de Caravan Cowork In, qui accueille les jeunes entrepreneurs 24h/24, 7j/7, dans le quartier de Jas de Bouffan, à Aix-en-Provence. Il y a, selon lui, "deux gros avantages au coworking : tout d’abord la connexion internet avec des débits garantis qui vous permettent de travailler avec le monde entier et l’ambiance de travail."

Il constate que la crise change profonfément les habitudes de travail. "On voit un exode rural, des parisiens mais aussi des grandes villes, et le besoin d’espaces de travail professionnels dans des lieux qu’ils choisissent et non qu’ils subissent".

La crise sanitaire a boosté la demande, c'est un refuge pour les télétravailleurs qui ne veulent pas, ou ne peuvent pas, installer leur bureau chez eux. Comme Jake, un travailleur indépendant. "J'ai dû chercher un endroit, c’était impossible de travailler sérieusement chez moi et j’ai du mal à me mettre dans l’esprit de travail, reconnaît-il. J’ai essayé pendant le premier confinement, mais mon fils de deux ans tapait à la porte de mon bureau, il savait que j’étais là et je ne pouvais pas lui ouvrir, c’était difficile pour lui et pour moi."

Ici je peux échanger et voir des collègues même si je ne travaille pas directement avec eux.

Jake, travailleur indépendant

Le jeune papa apprécie de diposer ici d'"un espace dédié au travail avec des voisins de bureau". "Je pourrais louer un bureau tout seul, mais je ne verrais personne… ici je peux échanger et voir des collègues même si je ne travaille pas directement avec eux." "Le coworking c’est la capacité de pouvoir s’isoler pour travailler sans être seul", résume Diego Audemard. La vie au bureau ne sera peut-être plus tout à fait la même dans le monde d'après.

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