Covid 19 : pourquoi Emmanuel Macron n’annoncera pas la fin du confinement mardi soir

Le chef de l'État doit s'exprimer le mardi 24 novembre à 20 h. Il devrait annoncer un assouplissement du confinement mais les mesures de restrictions pourraient être maintenues bien après les fêtes de fin d’année. Voilà pourquoi.

La rue Saint-Ferréol et ses commerces déserts à un mois de Noël.
La rue Saint-Ferréol et ses commerces déserts à un mois de Noël. © Valérie Vrel/MaxPPP
Les mesures de confinement actuelles devaient durer jusqu'au 1er décembre. Mais peut-on croire que la vie reprendra son cours normal après cette échéance ? D'ores et déjà plusieurs membres du gouvernement ont posé ces derniers jours les bases de ce que sera le post-confinement, avec des restrictions qui pourraient se prolonger au-délà des fêtes de fin d'année.

1. Le virus circule toujours

Le cap des 5000 patients en réa bientôt atteint. Cétait l'objectif fixé par le président Macron. L'évolution est encourageante mais "aujourd'hui, le niveau de circulation du virus dans le pays est le même qu'au moment du couvre-feu. Il n'est pas question de déconfiner", avertit le ministre de la Santé Olivier Véran, dans les colonnes du JDD.

Près de 300 malades du Covid-19 sont décédés au cours des dernières 24 heures selon les statistiques officielles publiées samedi. Près de 5000 patients sont toujours hospitalisés en réanimation au niveau national, mais point positif, leur nombre décroît pour le 5e jour consécutif.

Cette carte animée des taux d'incidence sur la période du 28 octobre au 19 novembre, postée sur Twitter par Germain Forestier, analyste data, confirme une évolution positive de la situation : En PACA, la situation au point de l'ARS du 20 novembre, s'améliore également. 102 malades Covid en moins hospitalisés par rapport à la semaine précédente. 22 en moins en réanimation. 

2. Le déconfinement se fera en trois étapes

Ne pas répéter les erreurs du mois de mai. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a annoncé que les "assouplissements au confinement se feront en trois étapes au regard de l'évolution sanitaire et des risques liés à certaines activités". Le calendrier serait le suivant : "autour du 1er décembre, avant les congés de fin d'année, puis à partir de janvier 2021". Mais pour l'heure, on ne sait pas vraiment ce qui est prévu à chacune de ces étapes.

Le Premier ministre en déplacement à Dijon samedi a confirmé la réouverture des commerces "non-essentiels". La date reste floue "autour du 1er décembre" et laisse encore espérer un déblocage dès le 28 novembre. Plus impatients que jamais, les commerçants ont manifesté un peu partout en France samedi. Ils se sont notamment rassemblés devant le Palais de justice à Aix-en-Provence. Pour eux, rouvrir en cette période de fêtes est une question de survie."La prochaine fois, si on leur demande de fermer, ils refuseront de le faire parce que toute façon ce sera la dernière fois", déclare avec rancoeur Catherine Rivet-Jolin, présidente de l'association de commerçants Adie.

Trois mois de fermeture avec aussi peu d'aide, c'est la mort.

Quant aux bars et restaurants, ils pourraient encore ronger leur frein plusieurs semaines. La question reste aussi en suspens pour les salles de cinéma et les théâtres pour qui décembre est tout autant "un mois d'activité majeur". Comme Olivier Véran, Jean Castex a déjà prévenu que Noël ne serait pas un Noël comme les autres. Le Nouvel An non plus. Les restrictions lors des rassemblements privés seront maintenues pour éviter des "grandes fêtes à plusieurs dizaines de personnes".

Interrogé dimanche dans le Grand Jury de RTL, le ministre des Affaires étrangères Jean-Luc Le Drian a confirmé ce déconfinement en trois temps. "Il y a la question du souhait et la question de la réalité, a-t-il déclaré. Si d'aventure l'évolution est progressive et positive, tant mieux, et à ce moment là je pense qu'il y aura des décisions qui seront prises". "Il y aura une deuxième série de décisions qui sera prise vers le 20 décembre, a-t-il ajouté, puis une troisième série de décisions au début de l'année prochaine en fonction de la circulation du virus". 

Le scénario d'un couvre-feu en décembre serait également sur la table.

3. Les déplacements seront toujours limités 

Un Noël en famille, ou pas. Pourra-t-on passer les fêtes avec ses proches ? Rien n'est moins sûr. "Le confinement va se poursuivre et donc la limitation des déplacements aussi", a averti Gabriel Attal, confirmant qu’une attestation pour se déplacer sera toujours nécessaire au-delà du 1er décembre, comme l’avait déjà indiqué le Premier ministre Jean Castex.

Le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a pour sa part déclaré qu'il était encore trop tôt pour savoir si l'on pourra circuler en train à Noël. Il a d’ores et déjà promis que les billets pris aujourd'hui seraient "échangeables et annulables sans frais jusqu'au dernier jour".
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