Pass sanitaire : la vaccination obligatoire des soignants, "une question d'éthique"

Le ministre de la Santé Olivier Véran était jeudi après-midi au centre hospitalier d'Aix-en-Provence, durement confronté aux patients de la quatrième vague de Covid. Lors de cette visite, la spécialiste en maladies infectieuses, Laurence Maulin, s'est exprimée avec beaucoup d'intensité.
Laurence Maulin, à l'hôpital d'Aix-en-Provence
Laurence Maulin, à l'hôpital d'Aix-en-Provence © Gaëlle Carra

Le docteur Laurence Maulin travaille au centre hospitalier d'Aix-en-Provence. Elle est spécialiste en maladies infectieuses et tropicales. Ce jeudi après-midi, après l'interview d'Olivier Véran, ministre de la Santé, elle profite de la présence des journalistes pour exhorter à la vaccination. 

"On est tous extrêmement fatigués de l'arrivée de cette quatrième vague en plein milieu du mois d'aout. On a envie de prendre quelques jours de congés et on sent qu'une nouvelle épreuve nous attend. Très compliquée.

Toute la bienveillance qu'on a à l'égard de notre population ne nous empêche pas d'avoir un regard critique à l'égard de ceux qui aujourd'hui ne se font pas vacciner, même si on peut avoir de la tolérance.

Pour ce qui concerne les soignants, c'est une question d'éthique. On a perdu des patients liés à des clusters intra-hospitalier parce qu'on avait des soignants qui ne se savaient pas porteur du virus et qui l'ont retransmis."

Le Conseil constitutionnel a validé jeudi la loi instaurant le pass sanitaire et la vaccination obligatoire des soignants. Les Sages ont également validé son obligation pour les visiteurs ou les patients non urgents dans les établissements de santé et maisons de retraite tant que ce dernier ne fait pas "obstacle à l'accès au soins".

"Il est inadmissible aujourd'hui, alors que nous avons un outil efficace qu'est la vaccination, que des gens qui veulent rester dans le soin ne se fassent pas vacciner, a encore ajouté le docteur Laurence Maulin. En revanche, s'ils veulent faire un autre métier qui ne met pas la vie des autres en danger, il n'y a pas de problème. Mais, ça n'est pas une question de liberté individuelle, c'est une question d'éthique personnelle."

Les soignants ont jusqu'au 15 septembre 2021 pour justifier "de l'administration d'au moins une des doses sous réserve de présenter le résultat, pour sa durée de validité, de l'examen de dépistage virologique ne concluant pas à une contamination par la covid-19" et jusqu'au 15 octobre pour présenter un schéma vaccinal complet.

Un vacin dans lequel il faut avoir confiance a encore martelé le Dr. Maulin. "Avec tous les efforts de communication qui ont été faits sur la vaccination, on a quand même beaucoup de mal aujourd'hui à recevoir des patients qui ne se sont pas encore faits vacciner. Et on voit bien que ce vaccin est extrêmement efficace parce qu'on a perdu le profil de nos premiers patients, âgés et avec des comorbidités.

Ces gens-là se sont faits massivement vacciner et on ne les a plus aujourd'hui à l'hôpital. Donc c'est une preuve absolue que le vaccin marche. Ce qu'il nous reste aujourd'hui, ce sont des gens qui se sentaient protégés, ou pas concernés.

C'est-à-dire plutôt 50 ans ou un peu moins sans trop de facteurs de risque. Et ces gens-là, pourtant, ont des pneumopathies graves, ils ont besoin d'oxygène, ils abiment leurs poumons, ils vont en réanimation,  ils garderont des séquelles. On est dans ce système-là."

Le Dr. Maulin rappelle que la région Paca est très fréquentée en été et qu'il est fondamental de respecter des mesures barrière. 

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