Restauration d'envergure pour l'aqueduc de Roquefavour

44 mois de chantier prévus pour le plus haut aqueduc en pierre du monde (deux fois celui du Pont du Gard). Un chantier exceptionnel pour stopper sa dégradation naturelle.

44 mois et 18 M€ de travaux

83 mètres de haut, 375 mètres de long, il donne le vertige !
Situé à cheval sur les communes de Ventabren et d'Aix-en-Provence, l'aqueduc fait peau neuve depuis juin dernier. Le "pic" des ateliers de chantier avec l’ensemble des corps de métier c'est en ce mois de février, pour une fin de restauration prévue en 2023.

Selon un communiqué de la Métropole Aix-Marseille-Provence, le montant du projet s’élève à 18,2 millions d’euros HT, dont 80 % financés par la Métropole, qui en est propriétaire. Le reste est financé par l’Agence de l'eau et par l’État, au titre des monuments historiques.
Le chantier se déroule sans interrompre l’activité de l’aqueduc, car il achemine encore l'eau du Canal de Marseille, qui fournit encore les deux-tiers de la consommation en eau de la cité phocéenne !

Lié à l'arrivée de l'eau à Marseille

Construit à partir de 1841 grâce au travail de 5 000 ouvriers et 300 tailleurs de pierre, l’aqueduc de Roquefavour a permis d’acheminer l’eau de la Durance jusqu’à Marseille via le Canal de Marseille

Judith Aziza, historienne, précise :

Les travaux du Canal ont débuté en 1839, intégralement financés par la ville de Marseille qui s'est lourdement endettée sur des décennies...

Le canal fait 84km de long, traverse 23 communes et a nécessité la construction de 220 ouvrages d'art dont 18 ponts et aqueducs dont celui, immense, de Roquefavour, poursuit-elle.
Les abords du canal ont été alimentés et des zones maraichères ont émergé, comme à Château-Gombert. Les bastides de villégiatures fleurissent également dans les quartiers Nord grace à l'arrivée de l'eau.

Des dizaines de photos en noir et blanc attestent de l'attrait de l'ouvrage d'art dès le début, comme celle-ci, dénichée aux archives municipales de Marseille. L'aqueduc de Roquefavour est vite devenu un repaire pour les amoureux de la nature, et des premiers randonneurs. Au pied de l'ouvrage d'art coule la rivière de l'Arc, ce qui rend agréable la promenade.

Au siècle dernier, pique-niquer au pied de l'aqueduc était une tradition d’excursionnistes, comme on allait à l'aqueduc du pont du Gard !

Une idée de sortie pour un week-end de printemps.

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