Bouches-du-Rhône : le travail des associations pour dépolluer l'étang de Berre

Deuxième plus grand étang d'Europe, l'étang de Berre, situé près de Marseille (Bouches-du-Rhône), a la particularité d'être composé d'eau douce et d'eau salée. L'activité pétrochimique installée autour a contribué à la dégradation de son écosystème. Des associations tentent de le réhabiliter.

Depuis des dizaines d'années, des associations luttent pour la dé-pollution de l'étang de Berre.
Depuis des dizaines d'années, des associations luttent pour la dé-pollution de l'étang de Berre. © Romain Fiorucci / FTV

Avec ses 155 km2, l'étang de Berre est le second étang salé d'Europe. Une lagune qui subit depuis 80 ans les agressions de la pétrochimie, mais aussi de la centrale électrique de Saint-Chamas.

241.000 personnes vivent dans les dix communes de son pourtour.

Depuis des décennies, des riverains se mobilisent à travers des associations pour tenter de réhabiliter cet espace aquatique.

Particularité de l'étang

C'est une étendue d'eau salée qui reçoit, par endroits, des sources naturelles d'eau douce.

La pétrochimie et ses usines installées autour de l'étang de Berre ont durablement modifié son écosystème.
La pétrochimie et ses usines installées autour de l'étang de Berre ont durablement modifié son écosystème. © Romain Fiorucci/ FTV

Mais depuis la mise en service en 1966 de la centrale EDF de Saint-Chamas, l'apport en eau douce est trop important et modifie l'écosystème de cet étang.

Le résultat est catastrophique, c'est un aquarium d'eau salée dans lequel on verse de l'eau douce", déplore René Benedetto, le président de l'association l'Etang Nouveau.

"Tout va mourir, sauf deux espèces qui peuvent survivre, l'anguille est le muge", précise-t-il.

Près de la plage de belle-vue, à quelques kilomètres de la centrale hydro-électrique, un site autrefois très fréquenté par les riverains, l'écosystème de l'étang tente de reprendre vie.

"Il y a des herbiers de zostère, ce sont des plantes aquatiques, extrêmement importantes pour l'étang, elles ont pour fonction d'aérer et d'oxygéner le milieu", explique René Benedetto.

La flore commence à se réinstaller petit à petit grâce aux associations qui veillent à replanter des herbiers par exemple.
La flore commence à se réinstaller petit à petit grâce aux associations qui veillent à replanter des herbiers par exemple. © Romain Fiorucci/FTV

"L'idée, c'est de replanter des zostères à une échelle compatible à la grandeur de l'étang", ajoute-t-il.

Auparavant, il y avait 6.000 hectares de zostères sur l'étang qui a une surface de 15.000 hectares. Aujourd'hui, il n'en reste que quelques dizaines d'hectares disséminés sur la totalité de l'étang.

À Rognac, commune située sur l'étang de Berre, chaque jeudi, l'association Nostamar est sur le terrain pour dépolluer les berges.

Autre mission de ces bénévoles, remettre en état le sentier du littoral.

Trois kilomètres de sentier du littoral sont déjà aménagés avec un accès pour les personnes à mobilité réduite vers un panorama.
Trois kilomètres de sentier du littoral sont déjà aménagés avec un accès pour les personnes à mobilité réduite vers un panorama. © Romain Fiorucci / FTV

Plus de trois kilomètres ont déjà été nettoyés et aménagés, avec notamment une partie accessible pour les personnes à mobilité réduite jusqu'à un belvédère.

"Il flotte comme un petit air de Camargue ici alors qu'on est sur l'étang de Berre", compare Guislaine Doret, fondatrice de l'association Nostamar.

"Il faut se servir de l'étang de Berre comme d'un symbole, d'un lieu qui a été très, très industrialisé et abîmé, et de voir qu'aujourd'hui la nature est très résiliente et qu'on peut en faire autre chose, c'est une sorte de reconquête", ajoute la fondatrice de l'association.

Le sentier sert aussi à cela, montrer la pollution passée et le petit coin de paradis qui peut être reconstruit.

Autre initiative et autre association : "Wings of the ocean", la plus vaste opération de nettoyage qu'ait connu les berges de l'étang de Berre. La campagne de ramassage s'étendra sur sept mois et devrait réunir des centaines de bénévoles.

À chaque ramassage, ce sont surtout des plastiques qui sont récoltés, mais aussi toutes sortes d'objets. 

Le plastique emprisonne les algues en se dégradant.
Le plastique emprisonne les algues en se dégradant. © Romain Fiorucci/ FTV

"Le plastique, en se dégradant, se fond avec les algues et les emprisonne. C'est l'exemple le plus clair du plastique qui nuit à la biodiversité, il va falloir beaucoup de temps pour venir à bout de cette pollution", explique Quentin Bonvoisin, membre de l'association "Wings of the océan".

La vie reprend peu à peu sur et sous l'eau de l'étang de Berre.
La vie reprend peu à peu sur et sous l'eau de l'étang de Berre. © Romain Fiorucci / FTV

Au-delà de la dé-pollution, il s'agit de permettre aux riverains de se réapproprier les berges de la lagune pour mieux la défendre. Il y a de l'espoir, des petits signes qui ne trompent pas. Peu à peu, l'étang de Berre reprend vie.

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