Disparition de Mélodie : quatre questions sur l’enquête ouverte pour "enlèvement et séquestration"

L'enquête concernant la disparition de Mélodie a été requalifiée vendredi 17 novembre pour "enlèvement et séquestration." France 3 Provence-Alpes fait le point sur l'évolution de la procédure.

Depuis le 3 novembre, Mélodie Mendes da Silva, 34 ans, n'a plus donné signe de vie à sa famille. Cette mère de deux enfants a disparu dans la journée. L’enquête pour "disparition inquiétante" a été requalifiée vendredi 17 novembre pour "enlèvement et séquestrations" par le parquet de Marseille. Mais qu’est-ce que cela change, concrètement ?

Est-ce qu’il y a de nouveaux éléments ?

La requalification de l'enquête pour enlèvement et séquestrations "est assez classique à ce stade", a indiqué le procureur Nicolas Bessone à France 3 Provence-Alpes ce lundi 20 novembre. Les enquêteurs n’ont pas fait de nouvelle découverte importante : "Rien ne prouve qu'il y a eu un enlèvement ou une séquestration, poursuit le procureur. Mais aucune raison n'explique qu'elle aurait pu choisir de disparaître volontairement."

De leur côté, les proches de Mélodie se disent convaincus qu’il ne peut s’agir d’un acte volontaire : "Ce jour-là, tout allait bien, je l’ai eue au téléphone, elle n’était pas énervée, elle paraissait normale, on a parlé de la venue de mon bébé. Rien ne pouvait laisser penser qu’elle allait disparaître", a confié au Parisien la petite sœur de Mélodie, Sabrina.

Qu'est-ce qui change avec la requalification de l'enquête ?

À défaut de nouveaux indices, les enquêteurs disposent de davantage de moyens pour poursuivre leurs recherches. À la suite de la requalification de l’enquête, la disparition de l’esthéticienne de 34 ans est traitée comme une affaire criminelle. Cela permet par exemple de placer des suspects en garde à vue et de les déférer (ou non) devant le juge d’instruction. Auparavant, cela était impossible.

Les enquêteurs vont désormais "rechercher les traces d'une commission d'infraction", poursuit le procureur Nicolas Bessone. D’après Bruno Bartocetti, représentant du syndicat Unité SGP Police pour l'arc méditerranéen, à ce stade, l’enquête se recentre généralement autour de l’entourage de la personne disparue : la famille, les amis, les collègues vont être entendus dans le cadre d’auditions contradictoires afin de tenter de faire la lumière sur les faits.

Je n'ai pas suivi l'affaire, vous pouvez me faire un résumé ?

Mélodie Mendes da Silva, esthéticienne de 34 ans et mère de deux enfants, n'a plus donné de signe de vie à sa famille depuis vendredi 3 novembre, à Marseille.

Son compagnon, Pearl Rocha a signalé sa disparition trois jours plus tard, le 6 novembre : "On pensait que c’était par rapport au décès de sa mère qui était morte quelque temps auparavant, qu’elle voulait prendre un peu de recul et se retrouver seule (...) N’ayant pas de ses nouvelles, j’étais un peu dans le déni. Je ne savais pas exactement quoi faire",  a-t-il expliqué  au micro de BFMTV. 

Environ 200 personnes ont marché dans les rues de Marseille samedi 18 novembre, à l'appel des proches de Mélodie. "On garde espoir, on ne baisse pas les bras et on va continuer à la chercher", a soutenu Pearl Rocha.

Quelles autres enquêtes pour enlèvement et séquestration ont été ouvertes récemment ?

Plusieurs autres enquêtes pour enlèvements et séquestrations ont été médiatisées ces derniers mois, sans que les personnes disparues aient été retrouvées pour le moment.

Le 1er octobre, une information judiciaire a été ouverte suivant le même motif après la disparition de Lina. Cette adolescente de 15 ans n’a pas donné de signe de vie depuis le samedi 23 septembre, alors qu’elle devait rendre visite à son petit ami à Strasbourg.

Et cet été, une autre enquête sur une disparition inquiétante a pris la même tournure, dans les Alpes-de-Haute-Provence : celle d’Emile, un enfant de deux ans et demi, aperçu pour la dernière fois le 8 juillet dans le hameau du Vernet. Ces deux dernières affaires sont toujours en cours.