Le site spécialisé Fodor's Travel publie chaque année sa "No List", son top 10 des lieux à éviter à cause de la surfréquentation touristique et des menaces qu'elle fait peser sur l'environnement.

Elles figurent en bonne place dans les guides touristiques qui vantent la beauté des lieux à impérativement visiter dans le Sud-Est. Les calanques qui s'étendent de Marseille à Cassis, et plus largement jusqu'à La Ciotat, protégées par un parc national depuis 2012, sont sans nul doute le site naturel le plus majestueux des Bouches-du-Rhône. Ces calanques sont désormais un lieu à éviter selon le site spécialisé Fodor's Travel, qui publie chaque année sa "No List", son top 10 des lieux à éviter à cause de la surfréquentation touristique et des menaces qu'elle fait poser sur le milieu naturel.

"L'érosion du littoral est une part importante du changement climatique, car les tempêtes plus importantes font chaque année plus de ravages sur les plages. La France est actuellement confrontée à une érosion dramatique du littoral qui a plus à voir avec une tempête de touristes qu'avec la météo", explique le site dans la note d'intention qui accompagne son classement des dix destinations à bannir.

"Plus préoccupants sont les glissements de terrain fréquents dus à une trop grande circulation piétonne. Et la côte nord n'est pas la seule région à subir l'érosion due au surtourisme. Le Parc national des calanques a mis en place un système de réservation pour visiter ses plages, avec un plafond journalier de 400 visiteurs", détaillent les auteurs du classement.

Opération "démarketing"

Dans les calanques des Bouches-du-Rhône, cette proposition des quotas a été mise en application à l'été 2022. Dans la calanque de Sugiton, seulement 400 visiteurs sont autorisés chaque jour. Après l'instauration de ces quotas, les effets sont déjà visibles : "On a retrouvé des petites pousses, on a retrouvé un sol qui pouvait montrer qu'il avait été moins utilisé", se félicite Gaëlle Berthaud, directrice du Parc national des calanques. "Si on n'agissait pas, cette calanque allait perdre toute sa valeur environnementale malgré sa grande qualité paysagère."

Ces quotas ont été accompagnés d'une opération de "démarketing" en ligne pour décourager les touristes de venir. On peut ainsi lire sur le site officiel des Calanques : "Peu de plages, dénuées d'équipements, souvent difficiles d'accès et prises d'assaut durant l'été."