Benoît Payan a-t-il refusé une aide de 200 millions d'euros pour Marseille ? On vous explique la polémique

La polémique s'enlise entre la présidente du département des Bouches-du-Rhône Martine Vassal (divers droite) et le maire de Marseille Benoît Payan (divers gauche). La première reproche au second d'avoir refusé une aide financière pour Marseille.

"Les bras m'en tombent", affirmait jeudi soir, le 29 février, Benoît Payan, au micro de BFM Marseille Provence. Depuis plusieurs mois, le maire de Marseille et la présidente du département Martine Vassal s'opposent à propos d'une aide aux communes attribuée par le département. Elle doit permettre aux villes des Bouches-du-Rhône de financer des écoles, des stades, des piscines, des musées, des bâtiments publics, etc. Problème : Martine Vassal assure que Benoît Payan refuse les 200 millions que le département lui propose. Lui, répond qu'il les accepte, tout en demandant davantage au titre de l'équité entre les villes. France 3 Provence-Alpes revient sur cette polémique qui ne cesse de se développer. 

Le maire demande plus

Dans un communiqué envoyé à la presse le 29 février, Martine Vassal, présidente du département des Bouches-du-Rhône, écrit : "C'est avec regret que je constate que la main que j'avais tendue au nom du département dans l'intérêt de Marseille et des Marseillais a été refusée par Benoît Payan."

Le maire de la ville assure ne pas avoir refusé cette aide. Mais il concède avoir demandé davantage : "La présidente du département propose 200 millions, dit-il sur BFM. C'est beaucoup moins par habitant que pour les autres communes. C'était normal que je demande comme n'importe quel maire à avoir comme les autres. Donc j'ai proposé 371 millions d'euros, qui correspond à ce que les autres ont par habitant. Maintenant, je lui propose une liste, elle dit ce qu'elle veut, elle dit ce qu'elle ne veut pas et ensuite, on verra."

"Le Département des Bouches-du-Rhône n'est pas un tiroir-caisse", répond Martine Vassal dans un communiqué.

La répartition de l'aide aux communes en question

Cette polémique n'est pas récente. Comme le rappelle Marsactu, Benoît Payan s'appuie sur un rapport de la chambre régionale des comptes, qui, dans son rapport d'observation publié en 2022, invitait le département à "davantage orienter son soutien à l’investissement local selon une politique de redistribution fondée sur des critères de solidarité territoriale". À titre d'exemple, il comparait les 170 euros par habitant perçus par la ville de Marseille, aux 2611 euros par habitant de Gignac-la-Nerthe.

Interrogée par Marsactu, Martine Vassal répond : "La chambre régionale des comptes pense ce qu’elle veut, j’ai été élue et réélue démocratiquement à la tête du département. Quand j’aide à construire une école à Aurons, bien entendu que cela fait augmenter l’investissement par habitant puisque le village est petit. Mais une école coûte le même prix, à Aurons ou à Marseille. Tout ceci est un double langage. Benoît Payan ne veut pas de ses 200 millions et j’en suis très triste car c’est la ville où je suis née et où, depuis trois ans, rien ne se fait." Sur le réseau social X, elle l'accuse de "surenchère politique" et d'"amateurisme".

Dans La Marseillaise, elle précise en outre qu'elle ne souhaite pas mettre "un sou dans la piscine temporaire du Mucem, parce que 6,5 millions d’euros pour trois mois par an, c’est beaucoup trop cher."

Le débat a largement animé la classe politique sur ce réseau. "Les Marseillais.es doivent compter autant que les habitants des autres communes du département et ne doivent pas être victimes des rancœurs politiciennes", écrit Michèle Rubirola, adjointe au maire de Marseille, et ancienne maire.

"Malheureusement, Marseille se voit privée d’une aide conséquente par l’attitude irresponsable de Benoit Payan, qui encore une fois refuse la main tendue de Martine Vassal. Triste pour les Marseillais !", renchérit Catherine Pila, conseillère municipale LR.

Un débat qui date

En conseil municipal, le 16 février, la polémique avait déjà été rendue publique. Le jour du conseil, Martine Vassal déclarait dans une interview à La Provence qu'elle n'avait pas obtenu de rendez-vous avec le maire pour établir une liste de projets au titre de l'aide aux communes.

Dans l'hémicycle, le maire de Marseille avait déclaré : "Vous ne pouvez pas dire que je ne vous ai pas écrit. Que je ne vous ai pas demandé quoi que ce soit [...] Je vous ai écrit le 16 novembre une liste détaillée en fonction des critères que vous m'aviez demandés. Et vous m'avez répondu."

En 2020, la liste du Printemps Marseillais, où figurait Benoît Payan et la liste Les Républicains, menée par Martine Vassal se sont affrontée. Avec cette polémique, la campagne pour la gestion de la mairie de Marseille en 2026 est lancée.