Chasseur d'orages et météorologue indépendant à Marseille : portrait de Paul Marquis

Il fonce dans les orages, frémit à la vue des éclairs, travaille la nuit, le jour, tous les jours. Paul Marquis est un passionné de météo. Et s'il n'a pas suivi la formation classique à Toulouse, pourtant, il donne des prévisions à ses nombreux clients.

Il tombe dans un orage à l'âge de 9 ans. Ce redoutable orage en V ne se déplace pas et tue trois personnes à Marseille en septembre 2000. D'abord traumatisé, l'enfant se demande ensuite pourquoi et comment se produit un tel phénomène.  

Paul Marquis s'ennuie pendant trois ans chez Eurocopter et démissionne. Le soir de sa démission, il fait une fête. Le 13 novembre 2015, soir du drame au Bataclan. Le jeune homme se dit "La vie est courte, il faut en profiter." 

Il se lance dans sa passion : la météo. Pour apprendre, il ne suit pas les cours de l'Ecole nationale de Météorologie mais lit beaucoup, consulte différents forums sur internet et se trompe parfois au début "J'ai appris de mes erreurs, j'ai compris comment ça fonctionne."

Sa formation s'accompagne d'une seconde casquette : chasseur d'orage. Comme un aventurier, Paul Marquis traque l'adrénaline des orages, de la foudre, et se réjouit lorsque la grêle s'abat sur lui. "On suit l'orage, ça modifie le point de vue, ça fait vibrer le corps et l'esprit."

"Je pars en périple en Camargue ou encore dans la vallée du Rhône. Les orages ne sont jamais les mêmes, pour un beau cliché, je veille très longtemps". Cette passion l'occupe des centaines d'heure par an.

Paul Marquis est pompier volontaire et responsable des prévisions météo pour les pompiers du SDIS 13. Un intervenant qui sur le terrain est toujours au plus près des orages au Poste de commandement pour suivre les orages en temps réel et donner des indications très précises.

Sa passion devient une entreprise. A 31 ans, le jeune météorologue gagne bien sa vie (environ 2.000 euros bruts quand il fait beau et 5.000 euros bruts quand il fait mauvais.)

Ses clients veulent des prévisions ciblées, en fonction de leur activité (parapente, BTP, viticulteur, station de ski...). Ils ont des questions précises, à des dates précises. Ils sont une centaine.

Les abonnés, eux, sont 600. Ils reçoivent un mail quotidien et des prévisions à six jours.

Paul Marquis est disponible 24 heures sur 24, toute l'année. Sa page "La météo du 13" est très suivie. Sa femme l'a connu avant et l'accepte avec cette passion, évidemment.

Météo France

Le prévisionniste chez Météo France qui nous a répondu dit qu'il connait bien cette communauté de passionnés de météo. "Nous sommes deux entités très différentes, il travaille dans le privé et nous avons des missions d'Etat".    

Paul Marquis est dans son droit et le prévisionniste "officiel" n'a rien contre son activité.